Prière commune pour les femmes

Partout où les femmes annoncent ta Bonne Nouvelle, que je facilite leur prise de parole.
Partout où subsiste leur absence, que je leur donne la meilleure place, comme Jésus dans l'Evangile.
Partout où règne le déni sur cette question d'actualité, que j'ouvre mes oreilles, mes yeux et mon coeur.

Partout où les femmes sont au service, que je fasse en sorte qu'elles soient aussi décisionnaires.
Partout où subsiste une mise à distance par oubli ou par omission, que j'élargisse l'espace de la tente.
Partout où ne règne pas la coresponsabilité entre prêtres et laïc.que.s, que je me rappelle le dernier Concile.

Partout où les femmes sont exclues des instances décisionnelles, que je m'équipe en sièges.
Partout où subsistent des assemblées, congrégations ou dicastères sans elles, que je les appelle enfin !
Partout où règne le pouvoir, que j'instaure l'esprit de service et de coopération.

Partout où les femmes sont subordonnées à un membre masculin du clergé, que je leur donne ma voix.
Partout où subsiste la tentation de leur confier cuisine et catéchèse, que je prie les docteures de l'Eglise.
Partout où règne le retard de l'institution sur la société, que je veille à ne pas nous marginaliser davantage.

Partout où le travail des femmes est exploité, que je proclame le psaume : "justice et paix s'embrassent".
Partout où subsiste un abus, que j'aide la femme à concilier maternité et responsabilités.
Partout où règne le moindre passe-droit, que je rompe paisiblement la supériorité de l'un sur l'autre.  

Partout où la liberté d'expression des femmes est confisquée, que je dénonce délicatement cette inéquité.
Partout où subsiste une once de sexisme, que je rendre grâce pour le travail des femmes dans l'Eglise.
Partout où règne un frère en seigneur, que je lui fasse découvrir que notre "comme-union" est catéchèse.                        

Partout où la femme ne veut plus servir l'Eglise parce qu'elle n'y est pas écoutée, que je l'écoute en vérité.
Partout où subsiste une femme blessée par l'Eglise, que je la guette et la prenne sur mes épaules.
Partout ou règne un frère ou une soeur qui ne comprend pas l'urgence, que je lui donne des statistiques.

Partout où il est oublié que la femme fait grandir l'Eglise, que j'enseigne la théologie féminine.
Partout où subsiste l'ignorance de la sacralité du lien homme-femme, que j'allume la lumière de la Création.
Partout où règne la non mixité, la non fécondité, que je vive et fasse vivre la communion homme-femme.

Partout où une femme est exaspérée de tant de lenteur institutionnelle, que je m'active à ramer avec elle.
Partout où subsiste la colère légitime, la sainte colère, que j'apaise la situation par ma voix et mes actes.
Partout où règne la tristesse due au départ des forces vives, que je me hâte de donner des raisons d'espérer.

Partout où les femmes attendent plus de reconnaissance, que je les conforte dans leur unicité.
Partout où subsiste ni acte concret, ni juste rétribution, que je sois prompte à faire le bien, que je sois saint.e.
Partout où règne l'absence de contrition, que j'annonce un Dieu qui pardonne à ceux qui demandent pardon.

Partout où les femmes ne veulent plus servir l'Eglise tant elles sont blessées, que je rétablisse leur dignité.
Partout où subsiste la folie de les en écarter, que tous et toutes soient surprises par les dons de Ton Esprit.
Partout où règne un manque de confiance en leur sainteté, que leur soient confiées des responsabilités.

Partout où les femmes sont tenues d'appliquer des décisions prises sans elles, que je veille avec elles.
Partout où subsiste une emprise psychologique liée à cette réalité, que je sème la liberté de conscience.
Partout où règne la pédophilie, cas extrême d'emprise psychologique, que je dénonce la sexualité dévoyée.

Partout où les femmes ne peuvent relayer les besoins de modernité de leurs enfants, que je m'époumone.
Partout où subsiste la grandiloquence de titres et d'habitudes surannés, que j'apporte la bonté de la simplicité.
Partout ou règne la peur de changer, que je sème l'espérance d'un avenir béni ou nous serons vraiment unis.

Partout où les femmes subissent un abaissement ordinaire, que je rappelle l'attitude rebelle de Jésus.
Partout où subsiste la mauvaise foi, l'immobilisme, le pouvoir et l'exclusion que je mette mon grain de Sel.
Partout où règne l'absence de nomination, que je leur rappelle que j'ai un nom, celui de mon baptême.



                                                                                                                                  Emmanuelle

Troisième dimanche de carême

L’eau, cet incommensurable cadeau

«La chaleur montait. Mon pas s’alourdissait. Des coulées de sueur inondaient mon dos…
Marcher virait au supplice. Accablé, je me concentrais sur les pattes fluettes du dromadaire qui me précédait (…) Nous escaladâmes des roches, empruntâmes un chemin encaissé puis notre guide se figea. Un mètre en contrebas, il nous désignait une source d’eau qui reposait, transparente, lisse, onctueuse… Il sourit à la nappe vivante, profonde, cristalline, comme s’il retrouvait une amie et, attendri, s’accroupit au-dessus d’elle. Puis incita à approcher.
Nous trempâmes nos mains. L’eau coulait entre nos doigts, précieuse, telle de la poudre l’or.
Chaque goutte représentait un miracle. Lentement le guide se pencha, rassembla ses paumes en coupe et but. Heureux il m’engagea à l’imiter… Je m’abreuvai avec une sorte de respect sacré, le sentiment de m’initier à un mystère, la boisson, cet incommensurable cadeau »
Eric-Emmanuel SCHMITT

Une source d'eau vive : dans l'évangile très connu de la Samaritaine (Jean 4, 5-42), Jésus se présente comme la source d'eau vive qui peut étancher pour toujours la soif de l'homme.

2ème dimanche de carême

Dieu nous appelle à être saints. Le temps du Carême est un temps propice à notre croissance spirituelle, pour répondre à notre vocation. Le risque n’est pas cependant mince de compter sur nos propres mérites, nos propres actes. Or saint Paul dans sa lettre à Timothée nous le fait bien comprendre : c’est à cause de sa grâce que nous sommes appelés à la sainteté. Dieu nous a aimés le premier, avant tous les siècles. C’est à cet amour que nos efforts de Carême peuvent répondre, en nous rapprochant toujours plus de Lui.

« Nous ne pouvons pas communiquer avec le Seigneur, si nous ne communiquons pas entre nous. Si nous voulons nous présenter à Lui, nous devons également nous mettre en mouvement pour aller les uns à la rencontre des autres. C’est pourquoi il faut apprendre la grande leçon du pardon : ne pas laisser notre âme être rongée par le ressentiment, mais ouvrir notre cœur à la magnanimité de l’écoute de l’autre et à la compréhension à son égard » (Pape Benoit XVI)

Prions le Seigneur

Sûrs de la miséricorde du Seigneur pour tous les hommes, bénissons-Le pour ses bienfaits et prions pour ceux et celles qui ne voient pas les signes du royaume au milieu de nous. PRIONS LE SEIGNEUR;

Sûrs de la bonté du Seigneur pour chacun de ses enfants, bénissons-Le pour sa générosité et prions pour les hommes et les femmes qui n'osent plus croire en son amour. PRIONS LE SEIGNEUR.

Sûrs du pardon du Seigneur pour son peuple, bénissons-Le pour son immense tendresse et prions pour les victimes de la haine et de la violence, et pour ceux qui véhiculent des idées et des gestes de racisme et d'intolérance. PRIONS LE SEIGNEUR.

Sûrs de la sagese du Seigneur envers ceux qui l'appellent, bénissons-Le pour sa bienveillance et prions pour les chrétiens confrontés à l'incompréhension de leur entourage professionnel, familial ou amical. PRIONS LE SEIGNEUR.

Marthe et Marie de Béthanie (Luc, 10)

« Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme du nom de Marthe l'accueillit dans sa maison.
Elle avait une sœur appelée Marie, qui s'assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu'il disait.
Marthe était affairée aux nombreuses tâches du service. Elle survint et dit: «Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de venir m'aider.»
Jésus lui répondit: «Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses,
mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée.»

Chers amis, j’ai choisi ce texte de l’évangile de Saint Luc au chapitre 10, car cet épisode bien connu de la vie de Jésus nous éclaire sur plusieurs dimensions de notre existence. Et pour vous, chers conscrits qui avez organisé et préparé cette célébration et la rencontre qui va suivre, pour vous, ces points d’attention peuvent certainement vous parler : je m’arrêterai sur trois d’entre eux : l’hospitalité, l’écoute et le service.

L’hospitalité parce que Marthe et Marie, deux sœurs fidèles à la foi de leur peuple, laissaient à la disposition de Jésus et de ses disciples leur petite maison nichée dans ce village montagneux appelé Béthanie. Béthanie, dont le nom hébreu signifie « maison de la miséricorde », est situé à 3 km des remparts de Jérusalem. Et chaque fois que les pas de Jésus l’amenaient dans cette région, il aimait faire halte chez elles et leur frère Lazare. Elles savaient, comme la plupart des orientaux, que l’hospitalité est une vertu, une valeur essentielle. Il suffit de nous souvenir de l’épisode d’Abraham et de ces trois personnages qu’il a accueillis à l’entrée de sa tente et qui sont pour nous la figure de la Trinité-Sainte, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, venue encourager et bénir Abraham et Sarah son épouse.

Puis la dimension de l’écoute. Marie, l’amie fidèle de Jésus, qui l’accueille et qui, connaissant par ouïe dire et par expérience l’autorité toute bienveillante de sa parole, choisit de se mettre « à genoux » pour se laisser rejoindre par son enseignement. Comme le font les paroissiens de Montpont quand ils se rassemblent le premier jour de la semaine pour célébrer ensemble l’Eucharistie. En écoutant la Parole de Dieu et en se mettant en route pour essayer de toujours mieux correspondre à  l’appel reçu  au moment de leur baptême.

Enfin, le service, tel que Marthe en a reçu le charisme, le don. Cette aptitude au service que nous montre l’Evangile et qui vient nous rappeler que chacun d’entre nous a  lui aussi été comblé d’un don particulier et qu’il se pourrait bien que la responsabilité qui nous incombe soit de laisser se déployer ce don ! Ce don qui est comme un reflet de l’attention que Dieu porte aux hommes et aux femmes de ce temps. Un don qu’il nous faut découvrir et mettre à la disposition de tous, au service du bien commun.

Alors chers conscrits et chers paroissiens venus les entourer, les accompagner, ces trois dimensions de la vie de Marthe et Marie que nous offre l’Evangile ce matin, l’hospitalité, l’écoute et le service, nous savons que vous les portez vous-mêmes au fond de vous ! Et ces trois forces vont certainement vous guider au long de votre chemin de vie et consolider votre personnalité. Pour faire de vous des hommes, des femmes capables du Bien, du Bon et du Beau !

Pour conclure, nous ne pouvons que rendre grâce, c'est-à-dire remercier le Seigneur de la Vie, pour ces merveilles qu’il a déposées en vous et qui peuvent tellement faire de vous, faire de nous, des conscrits porteurs de paix réelle, de joie véritable, de vie simple, conviviale et généreuse. Amen !

Jackie Plesse,
à l'occasion du temps de prière pour les conscrits, à l'église de Montpont, samedi 18 février 2017

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