Homélie de dimanche 23 septembre - 25ème dimanche du TO

Les disciples de Jésus étaient de braves gens, pleins de bonne volonté, mais dépassés par les évènements. Mettons-nous à leur place ! Ils vivaient dans un petit pays sous domination romaine. Ils étaient pauvres et sans perspective de carrière : pêcheurs du lac de Galilée ; paysans ou même publicains…Ils avaient envie d’en sortir. Beaucoup ont pensé qu’après Jean-Baptiste dont le ministère ne dura que quelques mois, Jésus était l’homme providentiel qui allait les tirer d’affaire. Dans leur tête et dans leur cœur, le politique et le religieux faisaient bon ménage.

Les rabbins leur avaient enseigné l’histoire d’Israël, une histoire tourmentée que Dieu conduisait à sa façon. Ils attendaient un messie qui devait redonner au peuple Juif ses lettres de noblesse et son indépendance. Un messie qui ferait de Jérusalem et de son temple le centre d’un monde nouveau. Les païens eux-mêmes se laisseraient attirer par la splendeur du culte, les vertus d’Israël et demanderaient à y être accueillis…

En écoutant Jésus, en le vouant accomplir des miracles, signes du royaume à venir, les disciples avaient été envahis par l’espérance. Un vent d’enthousiasme avait soufflé sur eux, notamment le jour de la multiplication des pains. Or,  Jésus lui-même avait touché cet enthousiasme. Il ne voulait pas d’un pouvoir temporel. Les foules, déçues, se détournaient de lui. Restés fidèles, les disciples comprenaient de moins en moins les paroles de Jésus. Il leur annonçait sa mort. Il parlait de sa résurrection. Il leur demandait de le suivre sur un chemin de don et d’abandon.

Entre eux, l’esprit de compétition restait très vif. Ils se perdaient en discussions stériles. Certains nourrissaient des ambitions. D’où la question mainte fois posée dans leur groupe : parmi eux, qui étaient le plus grand ? Mainte fois, Jésus leur a reproché de ne pas comprendre ce qu’il leur proposait. Ces hommes, humiliés au quotidien par une existence difficile, n’avaient aucune envie de devenir des serviteurs. En outre, ils avaient peur. Ils savaient que les autorités religieuses et politiques surveillaient Jésus. Ils sentaient peser sur lui une menace grandissante et ils craignaient d’en subir les conséquences.

Le texte d’évangile que nous venons de lire fait écho à cette situation et nous met en présence du message que Jésus adresse à des disciples qui persistent à ne pas l’entendre.

Ecoutons ce que dit Jésus. Jésus continue d’annoncer sa passion. Il va bel et bien souffrir et donner sa vie. Suivre Jésus, c’est tirer un trait sur les ambitions humaines. Le langage du Christ ne laisse pas place aux ambiguïtés ni aux hésitations : ‘’si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous’’.

En outre, pour appuyer son discours, Jésus présente aux disciples un enfant. Dans la civilisation de l’époque l’enfant est un être inaccompli, un petit d’homme qui n’a pas de droit. Cela nous étonne aujourd’hui où, dans certains cas, nous rencontrons des enfants qui ont tous les droits et devant lesquels des parents capitulent. Pour Jésus, l’enfant est un être en devenir qui demande respect et affection. Jésus s’intéresse à lui parce qu’il est simple et que son cœur n’est pas encombré par les vanités. A ses yeux, l’enfant est signe du royaume à venir. Accueillir l’enfant, c’est accueillir Jésus et, par Jésus, accueillir Dieu notre Père.

Jésus est en train de nous dire que note Père du Ciel a un cœur d’enfant plein d’amour. Notre Père n’est pas un juge impitoyable ou une sorte de tyran.

A quoi Jésus nous invite-t-il à partir de l’évangile d’aujourd’hui ?

D’abord ceci : nous ne sommes pas plus malins que les apôtres. Comme eux, nous avons du mal à entendre et comprendre le message de Jésus. Nous savons tous, par expérience, combien nous peinons à ajuster notre quotidien aux appels du Seigneur. En outre, nous vivons dans un monde opaque où les Chrétiens se savent minoritaires et critiqués. L’image de marque de notre Eglise n’est pas bonne. Dans ce contexte, l’appel à la conversion du cœur nous déstabilise et nous sommes tentés d’en prendre et d’en laisser. N’oublions pas que la passion et la mort de Jésus prennent sens dans sa résurrection et le don de l’Esprit. L’expérience des premiers disciples est aussi la nôtre.

Si Jésus nous invite à avoir un cœur d’enfant, ce n’est pas pour jouer les innocents mais pour ajuster nos relations avec Dieu, entre nous et avec la société. Avec Dieu, passer de la crainte à la confiance, de la soumission à l’obéissance, de l’indifférence à l’amour.

Avec ceux dont nous sommes proches, sortir de l’esprit de compétition, du soupçon, parfois même du dénigrement et de la jalousie pour inventer des relations vraiment humaines, dans le respect mutuel et le souci de construire.

Avec la société des hommes, sans jamais manquer de lucidité, à une capacité d’accueil et de compréhension seule capable de nous faire sortir des égoïsmes collectifs et des exclusions.

Vaste programme en effet ! L’évangile nous dit que Jésus et ses apôtres étaient en chemin. Nous sommes tous et toujours en chemin. Jésus se définit comme ‘’le chemin, la vérité, la vie’’. Seule, la fréquentation de Jésus peut nous faire avancer.

Georges Auduc

Horaires des messes

Tous les horaires des messes dans les 14 villages de la paroisse.

Voir les horaires