Méditation de Noël de Christian Delorme "le curé des Minguettes"

Où vais-je te trouver, ce soir Seigneur Jésus ?

Méditation pour la Nuit de Noël 2018


Où vais-je trouver, ce soir ou les jours à venir, l'Enfant-Dieu couché dans une mangeoire ? Où vais-je pouvoir venir féliciter sa jeune mère Marie et son époux Joseph ? Où est-elle la maison avec sa salle haute et l'étable au-dessous ? Où sont-ils les pauvres bergers qui pourraient m'indiquer le chemin ?

Dans notre église, comme dans toutes les églises catholiques du monde, il y a une crèche qui a été ressortie des cartons et des placards. La même qu'on ressort depuis des années et qu'on ressortira encore l'année prochaine ! Chez moi aussi, sur le buffet du hall d'entrée, j'ai installé les santons achetés il y a déjà longtemps. Les personnages colorés en plâtre, en terre cuite ou en cire, habillés plus ou moins richement, ne font plus s'émerveiller que ceux qui veulent encore bien se laisser émerveillés. Mais tout cela donne un peu l'impression d'une vieille vitrine d'un vieux magasin de jouets ! Puis-je imaginer qu'il est vraiment là, le Sauveur du monde ? Réduit à une vilaine poupée à laquelle je ne voudrais pas que les enfants de ma famille ressemblent ? Tout au plus puis-je me dire que cette composition me rappelle sa venue et m'invite à le chercher... ailleurs !

Je n'ai pas vérifié ce qu'il en était du décalage horaire. Comment fêtent-ils ce soir Noël, les habitants de Bethléem, la cité où Jésus serait né selon les récits évangéliques ? Il fait peut-être le même temps qu'il y a deux mille ans, la même température ? Les légions romaines sont parties depuis belle lurette, mais la violence et la guerre, elles, sont bien toujours là. Un mur de béton empêche les habitants, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, de se rendre à la ville voisine de Jérusalem. Mais, plus grave, il y a des murs de haine dans les cœurs et dans les têtes. Aujourd'hui, Marie de Nazareth ne pourrait plus venir de Galilée saluer sa vieille cousine Elisabeth dans les monts de Judée, et avec Joseph ils ne pourraient pas parvenir jusqu'à Bethléem : les barrages militaires les en empêcheraient !

Joseph de Nazareth, de la descendance du roi David ! On ne sait quasiment rien de lui. J'aime bien la signification de son nom en hébreu : « Dieu rajoute ! ». L'Eternel lui a « rajouté » une femme unique, un fils unique, une histoire unique ! Il devait s'inquiéter, la nuit de l'accouchement, Joseph ! Où sa jeune épouse allait-elle pouvoir mettre au monde l'enfant qu'elle portait, en toute sécurité pour celui-ci et pour elle-même ? Beaucoup de femmes mouraient en couches, et beaucoup d'enfants, aussi, ne survivaient pas à leur avènement. Cela est maintenant moins vrai chez nous, mais reste le cas dans beaucoup de pays du monde. Ce soir encore, des jeunes femmes meurent en accouchant, et des enfants sont mort-nés. Je pense à eux, à leurs familles qui crient, qui pleurent, qui interrogent le Ciel et qui ne comprennent pas. J'imagine les berceaux vides alors qu'ils devraient être occupés. Je revois les petits cercueils en bois blanc devant lesquels j'ai déjà prié, et les petites caisses en bois mal assemblées que j'ai aperçues dans des pays pauvres. Combien sont-ils, ce soir, sur les routes du monde, les Joseph inquiets pour leur femme enceinte ? Combien sont-elles, les femmes qui éprouvent en ce moment même les douleurs de l'enfantement, et qui hurlent et qui rient lorsque l'enfant paraît ? Femmes des camps de réfugiés palestiniens, femmes juives des colonies de peuplement, femmes yézidies et chiites d'Irak sur les chemins de l'exil, femmes chrétiennes de Syrie sous les bombardements, femmes d'Indonésie dont les maisons ont été détruites par un tsunami et autour desquelles règne la désolation, femmes des régions d'Afrique en guerre, femmes roms des bidonvilles d'à côté de chez moi...

« Dégage, sale Juive ! ». S'appelait-elle Myriam, cette vieille femme qui s'est fait insulter dans une rame de métro parisien l'après-midi d'avant-hier par des quadragénaires avinés qui faisaient le geste antisémite dit « de la quenelle » ? C'était, de toutes façons, la sœur de Marie de Nazareth ! « Dégage ! ». Cet ordre, Joseph l'a probablement entendu de la part de certains auxquels il a demandé un abri la nuit de la Nativité. Les soldats romains ont certainement aussi jeté ces mots à la face de la mère de Jésus quand elle courait derrière le cortège de son fils enchaîné dans les rues de Jérusalem le vendredi de sa Passion. « Dégage ! ». Cette violence verbale, elle l'a inévitablement reçue en plein visage au pied de la Croix. Ce soir aussi, ils sont nombreux, dans tous les lieux du monde, celles et ceux à qui d'autres crient : « Dégage ! ». « Dégage, sale Arabe ! ». « Dégage, maudit chrétien ! ». « Dégage, enfoiré de pédé ! ». « Dégage, fils de pute ! ». « Dégage, putain de flic ! »... J'arrête là : la liste serait trop longue. Sans doute, d'ailleurs, pourrais-je y ajouter toutes les fois où, dans ma tête, j'ai eu envie de dire « Dégage ! » à telle ou telle personne qui m'importunait par sa présence. « Dégage ! » le Rom de Roumanie que j'en ai marre de voir s'approcher de moi chaque jour et plusieurs fois dans la journée au carrefour routier d'à-côté, quémandant une pièce de monnaie. « Dégage ! » le clochard puant qui est monté dans l'autobus où je me trouvais. « Dégagez de là ! Tirez-vous ! » les « sans papiers » africains ou albanais qui venez d'ouvrir un squat dans le collège abandonné de derrière chez moi.

« Il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune », est-il écrit dans le récit évangélique lucanien à propos du couple errant de Joseph et de Marie. Y en aurait-il davantage pour eux aujourd'hui ? « Désolés ! plus de place » répondent les services sociaux et les associations spécialisées aux jeunes mineurs isolés arrivés ces jours encore dans notre métropole en provenance d'Afghanistan ou d'Afrique sub-saharienne. « Ah non ! pas dans les locaux de la paroisse : ils ne sont pas prévus pour ça ! » disent les personnes raisonnables à qui suggère qu'on pourrait y accueillir quelques jeunes migrants africains frigorifiés dans leur squat, comme si la rue était mieux adaptée. « Surtout pas dans le quartier ! Que diront le maire et les voisins si vous nous amenez des Noirs? De nos jours, les propriétés perdent vite de leur valeur : on ne peut pas jouer avec cela ! ». « Je ne loue pas à ces gens-là ! il y a déjà assez de problèmes ». Mais où vais-je donc te trouver, Jésus fils de Marie, si personne ne veut de toi quand tu te présentes encore sous les traits d'un enfant pauvre jeté sur les routes de l'exil ? Où vais-je pouvoir venir te contempler, si je ne sais pas te reconnaître dans le visage de tous « ces petits qui sont (tes) frères » ?
Pourtant, Seigneur Jésus, depuis le temps que je médite l'Evangile et que j'entends les enseignements de l'Eglise, je sais bien où tu es ce soir !
Tu es dans tout enfant qui nait en ce moment, dans une famille favorisée comme défavorisée, car aucun nouveau-né ne choisit sa famille, son milieu social, son pays, sa religion ou sa non-religion.

Tu es dans une salle d'hôpital, dans cette couveuse où on t'a mis en craignant que tu ne survives pas longtemps.

Tu es dans le carton fragile d'un camp de réfugié où tes parents aimants mais désemparés viennent de te déposer.

Tu es dans la poubelle dans laquelle vient de te glisser l'adolescente qui a réussi à cacher à sa famille sa grossesse ces derniers mois, et qui ne pouvait assumer le fait d'être mère sans avoir été auparavant mariée.

Tu es dans le sourire de l'enfant à qui l'on offre un simple fruit ou un jouet parfois trop sophistiqué.

Tu es dans les visages de ces jeunes Africains qui, transits de froid et mal-nourris, se serrent les uns contre les autres dans les squats de notre métropole.
Tu es dans le vieillard couché, en position foetale, dans un mouroir de l'Inde ou dans une Ephad du quartier.

Tu es dans toute personne mal-aimée, rejetée, ignorée, isolée...

Alors, Seigneur, c'est en ces lieux que je vais venir te visiter, ce soir ou ces jours prochains. Car je sais que tu es là partout où l'homme souffre, et aussi partout où l'homme aime. Je sais que l'adoration que tu attends de moi, celle que tu agrées, ce sont les mots et les gestes d'amour dont je suis capable à l'égard d'autrui, ce sont toutes les actions de solidarité auxquelles je peux participer.

Et tu viens à moi si je sais venir à toi !

Tu viens habiter chez moi si ma porte n'est pas fermée et si j'ouvre suffisamment mon cœur !

Bienvenu, Jésus ! Oui, bienvenu dans ma vie !

                                                                                                                 
                                                                                                        Christian Delorme, lundi 24 décembre 2018

demande de confirmation

Le dimanche 23 décembre 3 de nos paroissiens ont demandé à recevoir le sacrement de confirmation et se sont mis en chemin dans ce but, voici la belle demande de l'un d'entre eux :

« Jésus est pour moi, comme il l’a été pour ses disciples, un lien de confiance, d’amour et d’espérance.
C’est pourquoi je souhaite recevoir le sacrement de la confirmation afin de recevoir une force 
pour témoigner en paroles et en actes de l’amour et de la puissance de Dieu. »

Père Veuillet

Paroisse St Jean-Baptiste en Bresse

Obsèques du P. Michel Veuillet - Intervention du P. André GUIMET

4 décembre 2018

De Ratenelle, où Michel est né en 1936 à Ratenelle où il sera inhumé ce matin, c’est un Bressan qui a servi comme prêtre sa Bresse natale. Il l’a quittée pour le temps de formation au(x) séminaire(s), et pour le service militaire qu’il a accompli pendant la guerre d’algérie (27 mois de 1957 à 1959), d’où « La marche des soldats » qui nous a accueillis.

Il est ordonné prêtre en 1963 pendant le Concile. Cela va colorer tout son ministère : faire découvrir aux chrétiens la participation renouvelée à la liturgie, faire goûter la parole de Dieu. Et aller à la rencontre des autres, de tous ceux qui ne sont pas réunis dans nos églises pour être en conversation avec eux.

Il est vicaire à Mervan jusqu’en 1969, puis curé de La Chapelle-Thècle, Bantanges et Rancy jusqu’en 1981. Il s’éloigne un peu pour être curé de St Germain du Plain, Baudrières, St Etienne en Bresse. En 1996, on lui ajoute La Frette, Simandre et Orme.

Il voit se constituer de nouveaux ensembles, dans la recherche des nouvelles paroisses. En 1998, il devient curé de l’ensemble paroissial Montpont-Romenay puis premier curé de la paroisse St Jean-Baptiste en Bresse en 2001. C’est ici qu’il termine sa charge de curé.

Et je le reçois comme prêtre auxilliaire à Tournus en 2008, où il servira avec force les habitants d’Outre Saône : pour la première fois, il a franchi notre rivière-fleuve; heureusement, les fenêtres de son bureau à la cure ou de son appartement donnaient sur la Bresse, qu’ainsi il n’oubliera pas.
Je garde de lui ce souvenir d’un homme libre, en particulier à l’égard de ses supérieurs (tous ceux qui sont envoyés par Autun) mais d’un grand respect pour les tâches et les personnes qui lui sont confiées.

En 2012, il se retire à Rancy, dans cette chère paroisse. Il se réjouit de ce que le Pape François dit et écrit; il y voit une confirmation de son ministère de prêtre diocésain, de « curé de campagne » comme le Pape parle d’ « hôpital de campagne ».
C’est là qu’il rencontre la maladie. Longue hospitalisation à Châlon, à l’hôpital privé Ste Marie, puis chez son frère Jean à La Chapelle-Thècle où Jean et les siens l’ont veillé le plus longtemps possible.
Et il reste dans sa paroisse; en 2017, il entre à l’EHPAD de Romenay jusqu’à sa mort.

Nous allons entendre maintenant Madeleine nous parler des souvenirs de leurs enfants avec le P. Veuillet et nous écouterons une chanson que Michel Veuillet aimait beaucoup (« La montagne » de Jean Ferrat)



Le père Michel VEUILLET nous a quittés



Un enfant de la Bresse, né en 1936, est décédé. 
La première fois que nous l'avons rencontré, nous débarquions en famille à Romenay, afin de nous y installer. Nous avions  le projet de baptiser notre 5ème enfant... Et notre premier contact avec la paroisse fut ce bon et grand sourire de Michel, ouvert et accueillant. 
Merci pour tout  !

Ses funérailles seront célébrées mardi à 9h à Montpont.

Journée de formation autour des psaumes, à Mâcon le 31 janvier

Pour vous, laïcs, qui accueillez et accompagnez des personnes à la lumière des écritures et de la Parole de Dieu, une journée de formation vous est proposée autour des psaumes.

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Horaires des messes

Tous les horaires des messes dans les 14 villages de la paroisse.

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