Homélie du 3e dim. de Pâques - 5 mai 2019 - Père Y. Bachelet

3° dimanche Temps Pascal C 2019
Actes des Apôtres 5, 27b-32. 40b-41
PSAUME - 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13
Apocalypse de Saint Jean 5, 11-14
Saint Jean 21, 1-19


Dimanche dernier, nous avons entendu la fin de l’Évangile de Jean avec les deux apparitions (‘’manifestations’’ dit St Jean) de Jésus Ressuscité aux apôtres, Thomas absent, puis Thomas présent. D’où la conclusion : « Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Or voici que Jean écrit encore un chapitre, comme s’il voulait rajouter des signes importants. C’est l’Évangile d’aujourd’hui avec une manifestation de Jésus à 7 disciples (pas forcément des apôtres) dont il en nomme 5 : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, Jacques et Jean et deux autres. 7, chiffre symbolique qui représente les disciples de tous les temps, c’est-à-dire l’Eglise tout entière.

Voilà un premier signe. Regardons les autres signes qui parsèment l’Évangile de ce jour.

Jean utilise le mot de « manifestation » et non apparition. L’apparition supposerait que Jésus disparaisse ensuite. Or, Jésus est là en permanence auprès de ses disciples, auprès de nous désormais, lui qui a dit « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Il est invisible, mais non pas absent ; de temps à autre, il se rend visible ; le mot grec dit : « il se donne à voir ». Et cela pour permettre de faire le passage entre le Jésus terrestre et le Ressuscité.

Autre signe, par deux fois, Jésus s’est montré aux siens. Or rien n’a changé. Au contraire, on a l’impression qu’ils retournent en arrière, et même à leur ancien métier. « Je vais à la pêche… nous aussi, on va avec toi ! » C’est terrible ! Ils s’ennuient ! « Voyez mes mains, mes pieds, mon côté ! Recevez l’Esprit Saint ! Allez ! je vous envoie… » « On va à la pêche ! » La suite vous la connaissez ! Une nuit pour rien. La nuit, on ne prend rien ! Les ténèbres ne sont jamais propices ! N’est-ce pas la nuit que Judas était sorti pour son œuvre destructrice ? Mais au petit matin, tout change, tout est nouveau !
De la nuit surgit un autre signe : « Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.» C’est au petit jour, au matin de Pâques, qu’eut lieu la première manifestation du Seigneur comme ici où Jésus se tient debout sur le rivage, se donnant à voir ! J’insiste sur ce signe de « Jésus debout », comme dans la chambre haute où les apôtres s’étaient réfugiés où par deux fois Jean nous dit : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux !» Il en va de même avec Marie Madeleine dans le jardin, près du tombeau vide : « elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c'était Jésus. 

Avez-vous remarqué comment cela pourrait expliquer pourquoi les apôtres, les disciples d’Emmaüs et tant d’autres ne reconnaissent pas Jésus Vivant, Jésus Ressuscité ! « Elle ne savait pas que c’était Jésus… Ils ne savaient pas que c’était lui » et sur le chemin d’Emmaüs : « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ! »

Que cherchent-ils… tous ? Un mort, un cadavre : « On a enlevé mon Seigneur et on ne sait pas où on l’a mis ! » « Qui cherches-tu ? » « Si c’est toi qui l’a enlevé dis-moi où tu l’as mis ! » Jésus se tint là debout ! L’attitude de la résurrection, de la vie ! Lui-même n’avait-il pas dit bien des fois ! « Lève-toi et marche » « Lazare, viens dehors ! » Et l’hymne aux Philippiens dira : « Dieu l’a exalté et l’a élevé au-dessus de tout nom pour qu’au nom de Jésus tous disent « Jésus est Seigneur ». Dans le psaume de ce jour, nous avons chanté : « Je t’exalte mon Dieu, tu m’as relevé ! » de quoi ? Sinon de la mort !
Il faut beaucoup d’amour, pour ne pas laisser le dernier mot à la mort !

Un autre signe : N’est-ce pas Jean qui a reconnu le premier Jésus sur le rivage ? À la vue de la pêche miraculeuse, le cœur de Jean a reconnu le signe de l’abondance des pains d’autrefois, renouvelé dans l’abondance de la pêche du petit matin ! « Alors, écrit-il lui-même, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : ‘’ C’est le Seigneur !’’ »

Encore un signe, et je m’arrêterai sur ce dernier. Nous avons là, pour notre route d’aujourd’hui, la mission pastorale de Pierre renouvelée par Jésus pour lui et tous ses successeurs. Pierre qui entraîne les autres disciples … Pierre qui poursuit son engagement et se jette à l’eau vers le Seigneur... Pierre qui remonte en barque pour tirer le filet jusqu’aux pieds de Jésus… Pierre qui apporte 153 gros poissons, la multitude diverse et universelle des Sauvés de l’Eglise et tout cela sans rompre, sans déchirer le filet, comme la tunique sans couture du christ qui ne sera pas divisée… Pierre gardien de l’unité de l’Eglise !
La toute fin, cette fois, de cet évangile de Jean (Jn 21/15-25) nous dira comment, par trois fois, Jésus demande à Pierre : « Pierre m’aimes-tu ? » Pierre blessé par cette insistance de répondre : « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ! »

Jésus de lui dire : « Sois le pasteur de mes brebis » puis : « Suis-moi ».

Chaque instant de nos vies, Jésus nous demande : « M’aimes-tu ? » Seul le cœur peut répondre à une telle demande et à l’appel qui viendra : « Suis-moi ! » Avec Jean, Pierre et tous les autres nous saurons alors que celui qui nous parle « c’est le Seigneur ! ». Amen !
Pièce(s) jointe(s):
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