Homélie du 8e dimanche du TO - Père Y. Bachelet

8° dimanche du Temps Ordinaire Année C
Livre de Ben Sira le Sage 27/4-7
1 Paul aux Corinthiens 15/54-58
Luc 6/39-45

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » Luc 6/45

Frères et sœurs quelle est la qualité de notre cœur ? Un regard lucide nous dira qu’il n’est ni bon, ni mauvais, mais bien partagé et capable du meilleur comme du pire.

Le Texas vient d’exécuter un condamné à mort de 70 ans, après 29 ans d’attente dans le couloir de la mort. Le procureur disait : «Pendant huit ans, j’ai été chaque jour face à des criminels, mais je n'ai jamais eu affaire à quelqu'un d'aussi méchant et diabolique » ! Nous n’en sommes pas là… mais avec le psalmiste n’avons-nous pas besoin de crier : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. »Ps 50 ? Et le Dieu de tout amour nous répond par son prophète Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. » Ez 36/26

Dieu nous a voulu bons, vrais, beaux ! À son image ! Et nous voici, comme le dit St Paul, des êtres bien complexes et souvent en porte à faux : «Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. »Rm 7/19 Le Cardinal de Bérulle écrivait au début du XVII° siècle : « L’homme est composé de pièces toutes différentes. Il est miracle d’une part et de l’autre un néant. Il est céleste d’une part et terrestre de l’autre. Il est spirituel d’une part et corporel de l’autre. C’est un ange, c’est un animal ; c’est un néant, c’est un miracle ; c’est un centre, c’est un monde, c’est un dieu. C’est un néant environné de Dieu, indigent de Dieu, capable de Dieu et rempli de Dieu, s’il veut. »

Frères et sœurs si nous sommes là ce matin, c’est parce que nous voulons nous « remplir de Dieu ». Nous choisissons d’être dans la position des disciples de l’Évangile. Entre le Maître qui nous enseigne : « Jésus disait à ses disciples en parabole… » et le témoignage -comme l’action- dont nous charge notre mission de baptisé au cœur même de notre milieu de vie. « Enlève la paille qui est dans l’œil de ton frère ! »

Pour cela nous avons sans cesse une opération de vérité à accomplir, une vie de conversion permanente ! Des racines à retrouver ! Nous avons, autant que possible, à nous rapprocher du maître, à nous identifier à lui. « Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. » Quel appel !

Jésus veut nous faire découvrir que nous possédons aux yeux du Père la même dignité que lui : celle d’être fils ou fille de Dieu, autant que lui ! « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Jn 15/15 rapporte l’Évangile de Jean et de poursuivre aussitôt : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Jn 15/16

Aujourd’hui Luc nous dit : « Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit ! » Chaque arbre, mais aussi, pour continuer la parabole, la forêt dans son ensemble : ce que l’on appelle la communauté des frères « assidus à la communion fraternelle » dira St Luc. Notre Eglise d’aujourd’hui !

Vous le savez. Nous traversons des heures difficiles. Plus que jamais les actions des uns des autres rejaillissent sur la communauté comme autant de taches, de souillures et de contre témoignages ! Ces évènements doivent nous interpeller et nous inciter à notre propre conversion pour ne pas blesser nous-mêmes, par nos tiédeurs ou nos manques, la fragilité de la recherche de celles et ceux qui seraient en marche vers la foi ou plus de foi. Tant il est vrai que divinité et humanité sont indissolublement liées en Jésus Christ… et par amour du Père en chacun et chacune de ses créatures, ses enfants !

Ces jours-ci le cardinal Tagle affirmait à Rome que « la foi ne naît et ne renaît que des blessures du Christ crucifié et ressuscité vues et touchées dans les blessures de l’humanité. Seule une foi blessée est crédible. Comment pouvons-nous professer notre foi dans le Christ quand nous fermons les yeux à toutes les blessures infligées par les abus ? ».

Je reprendrai volontiers la recommandation du Christ faites à maintes reprises à ses disciples : « Que votre cœur ne se trouble point ! »
Frères et sœurs un champ de conversion s’offre à nous : le temps béni du Carême, temps de paix, temps de joie où l’on redécouvre l’amour du Père avec et dans les frères : « Voyez comme ils s’aiment ! »

Nous sommes souvent prompts à prier pour les autres et pour leur conversion !

N’oublions pas de prier pour nous ! Une prière de conversion personnelle et communautaire, nécessaire afin d’ajuster la prière pour les autres, nécessaire aussi pour ajuster nos relations, nos pratiques et laisser circuler l’Esprit de dialogue entre tous les membres de l’Église de Dieu.
« J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. » dit Dieu !
AMEN !
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