Homélie du 5e dimanche du TO, Père Y. Bachelet

5° dimanche du Temps Ordinaire Année C
Isaïe 6/1-2a. 3-8 ; Ps. 137 ; 1 Corinthiens 15/1-11 ; Luc 5/1-11

Toute cette semaine, j’ai ruminé ces textes en fonction de ma vie, de mon lieu de vie, de l’actualité, des évènements proches et lointains, de ce monde que Dieu aime tant…

Je vais tenter de dire ce qu’ils ont évoqués, réveillés en moi…

« L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur… Des séraphins se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint ! Le SEIGNEUR de l'univers !... Je dis alors : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures ; et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l'univers ! »L'un des séraphins me brûla la bouche : « Ceci a touché tes lèvres, ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »J'entendis la voix du Seigneur : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

Qui suis-je sinon un être qui a une histoire, une origine que je n’ai pas choisie, un passé que je ne peux qu’assumer, un présent où je me débats et un demain que j’ignore ! Qui suis-je, sinon essentiellement un être de relation sous peine de ne pouvoir exister, subsister ! Relations avec l’autre, les autres, et … ce Tout autre si je lui accorde existence. J’ai nommé « Dieu » !

Oui cet autre qui nous encombre, qui vient d’on ne sait d’où, que l’on ignore, que l’on met à mort, que l’on déteste. De tout temps ! Dieux multiples, Dieu unique… Dieu des uns, des autres, pour les uns contre les autres…. « Gott mit uns ! » (Dieu avec nous)… Les chrétiens parleront de la mort de Dieu, en Jésus Christ, mais aussitôt et en même temps de sa résurrection. N’est-ce pas le témoignage du centurion, païen, identifiant la vie divine au cœur même de la mort : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! » Mc 15/39 Philosophes, théologiens, psychanalystes, laïcards s’engouffreront dans la brèche pour décréter avec Nietzche : « Dieu est mort : maintenant nous voulons—que le Surhumain vive ! »

La question n’est pas d’aujourd’hui, où la foi en un Autre -Celui que St Grégoire de Nazianze nomme : « Toi l’au-delà de tout »- où cette foi est battue en brèche par le doute, l’ironie, l’indifférence, la persécution : qui donc est Dieu ? « Montre nous ton Dieu et nous croirons en lui ! » disaient les contemporains des apôtres et de Paul. Mais bien avant eux, le psalmiste se lamentait : « Que puis-je annoncer à mes frères quand tout le jour j’entends dire : où est ton Dieu ? " Ps 42 et il prenait Dieu à partie : « Montre-nous ton visage et nous serons sauvés !» Ps 79

Une parenthèse ! Notre monde, nos pays, nos familles, nos relations meurent de ne plus dialoguer ! Depuis novembre je suis consterné d’être témoin comme vous d’affrontements, de violences, de murs nés d’absence de dialogue, c’est-à-dire de parole, d’écoute, d’échange et de conversion. En boucle, encore hier : « On nous méprise on nous écoute pas ! » « On cherche du dialogue qu’on nous écoute ! » « On nous écoute pas, un moment faut arrêter ! » « On vient pas pour écouter on veut simplement discuter !» «On n’a rien obtenu, on ne nous écoute pas ! » « On ira jusqu’au finish ! » « On lâche rien tant qu’on nous écoute pas ! », « On a tout essayé. Mais on nous entend pas ! » « Si ça casse pas, on nous écoute pas ! »… On peut se demander où est le problème d’écoute… Et que sera demain ?

Malgré tout, le miracle se reproduit chaque jour au cœur même d’une multitude de frères et de sœurs qui soudain voient, entendent cet Autre leur parler au plus intime d’eux-mêmes comme une source, un murmure, une bise fraîche, ou comme un éclair d’amour au centre de l’ouragan qui dévaste leur vie. N’est-ce pas l’expérience d’Isaïe : « je vis ! Je dis alors ! J’entendis ! J’ai répondu ! »

Le cœur amoureux, du plus petit au plus grand témoignera que le dialogue est possible jusqu’à communier dans le silence ! N’est-ce pas le psaume d’aujourd’hui ! « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante ! Je te rends grâce ! Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. Tu répondis à mon appel ! » dit le psalmiste ! Mais nous savons bien que Dieu, à son tour, ne cesse d’appeler ! De nous appeler là où nous sommes, au plus profond de notre être et au plus sombre de notre histoire comme au plus rayonnant de nos vies ! N’est-ce pas l’Évangile de ce jour : « Avance au large ! » -«sur ta parole, je vais jeter les filets. » -« Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » -« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » -« Laissant tout, ils le suivirent. »

Pour une part, ce peut-être notre histoire, passée, passée et toujours actuelle, actuelle ou future ! « Avance au large ! Va en eau profonde ! »

Le Pape François nous dit : Dieu connaît nos besoins… même nos insécurités .Cette soif, qui demeure dans tout cœur humain, Jésus, nous encourage à la vaincre par la rencontre avec lui. C’est lui qui peut nous rassasier, nous combler de la plénitude de la fécondité de son eau, de sa pureté, de sa force irrésistible. La foi, c’est aussi se rendre compte qu’il est vivant et qu’il nous aime ; qu’il ne nous abandonne pas, et qu’il est donc capable d’intervenir mystérieusement dans notre histoire ; il tire le bien du mal par sa puissance et sa créativité infinie. » (Estonie, 25/09/2018)

N’est-ce pas la bonne nouvelle dont nous parlait Paul dans son Épître aux Corinthiens ? François nous dit encore : «nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve.» (Gaudete et exsultate, n. 14).

Ce dimanche de la santé est un rappel par excellence de notre mission de témoins.

Auprès des personnes âgées et isolées, des personnes handicapées, des malades auxquels nous sommes envoyés, auprès des familles et des aidants ou des soignants, de quelle bonne nouvelle sommes-nous donc porteurs ?

Visiter, consoler, conseiller ? Mais davantage ! La bonne nouvelle que nous apportons est une personne : Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Celui qui nous a révélé l'amour du Père, amour inconditionnel proposé à chacun. Amour dont personne n'est exclu. Amour qui donne sens et « à venir » à toute situation, même la plus sombre. Et de manière stupéfiante, c'est à des êtres fragiles et vulnérables qu'il est demandé de porter cette Bonne Nouvelle !

Pour cela, rendons grâce à Dieu et prions Notre Dame ! Amen

Mère de miséricorde, mère de l’espérance Priez pour nous !
Marie salut des malades, vierge souffrante
Marie au pied de la croix, Marie cause de notre joie
Santé des malades, Refuge des pécheurs, Consolatrice des affligés,
Avocate des opprimés, Secours des chrétiens,
Notre Dame du Perpétuel secours, Notre Dame des sept douleurs,
Reine des pauvres, Reine de la paix et de la réconciliation

Prière pour la journée des malades (P. Jean-Marie Onfray)

Ta Parole est une lampe sur ma route,
elle me réjouit de jour comme de nuit,
elle me réchauffe et me rassure.

Seigneur,
Donne-moi le désir de me laisser aimer,
pour que ma vie témoigne
d’une Bonne Nouvelle !

Ta Parole est une source vivifiante,
elle étanche ma soif,
au cour de mes souffrances
elle me pénètre et me libère.
Seigneur,
Donne-moi la force de partager cette Vie
de la faire grandir
et de ne pas la garder pour moi.
Pièce(s) jointe(s):
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