Homélie du dimanche des Rameaux 2019 - Père Y. Bachelet

DIMANCHE DES RAMEAUX 2019


Isaïe 50/4-7
Psaume 21
Paul aux Philippiens 2/6-11
Luc 22/14-23/56


   Le texte de cette Passion en Saint LUC, se termine par un contraste impressionnant : « On mit le corps dans un     tombeau taillé dans le roc… C’était le Vendredi et déjà brillaient les lumières du Sabbat ! »

  La fête, la joie ! Tout un peuple, le peuple de Dieu, qui se réjouit d’entrer dans la Grande Pâque…

Et puis, quelques femmes, le cœur brisé, muettes devant le tombeau et qui affrontent la nuit de la mort de Celui en qui elles avaient cru avec les 12 et tous les autres… comme étant le Messie, l’Emmanuel « Dieu avec nous », le Fils de Dieu !….

Le mal, le mal absolu, le désespoir infini, la mise à mort de l’innocent, après laquelle plus rien n’a de sens.

Il y va de nos vies, il y va de nos morts !
Bien sûr, il y aura le cri dans la nuit ! Bien sûr, il y aura les apparitions ! Bien sûr, il y aura l’espérance renaissante devant le corps inaccoutumé… mais bel et bien stigmatisé !

Mais il reste le drame de cette mort ignominieuse, incompréhensible et scandaleuse !

Les premiers chrétiens, encore sous le choc d’un Messie qui meurt cloué au gibet infamant, alors qu’ils attendaient un envoyé guerrier, conquérant, ont scruté les Écritures pour tenter de comprendre cette tragédie.

Les Prophètes et surtout Isaïec’est notre premier texte- ont donné des mots pour réaliser ce qui était arrivé.

Ces Chrétiens ont vu dans la figure du Serviteur souffrant… la figure de Jésus, un modèle de confiance envers Dieu qui ne peut laisser son Fils en perdition dans la corruption de la mort !

Rapidement va naître au cœur de la communauté chrétienne cette hymne appelée « Hymne aux Philippiens ». C’est un appel à la contemplation du mystère, -au sens infini de richesses et de découvertes à venir- du mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

Dans ce mystère réside un double mouvement à la fois opposé et complémentaire : « Il s’est abaissé… jusqu’à mourir sur une croix…. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ! »

En ce dimanche qui ouvre la Semaine Sainte, on ne peut lire cette hymne sans penser à la Croix. Jésus, élevé sur la croix, a vécu la pire déchéance mise au point par l’homme à l’époque… mais cet abaissement extrême, accepté par fidélité, par amour –et ce ne sont pas des mots- cet abaissement extrême l’a conduit à l’élévation au- dessus de tout, même et surtout au-dessus de la mort, pour entrer dans la lumière de Dieu.

Et avec le Christ élevé et glorifié, c’est bien toute l’humanité qui est entraînée dans cette vie.
« Devenu homme, et reconnu comme tel dans son comportement » nous dit l’hymne, Jésus en accepte et en assume toute la réalité jusqu’à celle de subir la souffrance inhérente à la condition humaine, créature limitée dans ses potentialités, dans le temps, dans le bonheur !

C’est tout le mystère du mal qui réside dans cette crucifixion. Arrêtons- nous devant la croix, contemplons là ! En avons-nous à la maison ? Sur nous ?

La CROIX nous dit que Jésus veut aller aussi loin que peut aller la condition humaine, donc jusqu'à notre plus grande détresse. L'Incarnation, c'est aussi cela : "Dieu avec nous" jusqu'au bout, aussi loin et aussi bas que nous puissions aller.

Pas un homme, même les malfaiteurs justement punis, ne manque de la présence du Christ, de la présence de Dieu.

Ce n'est pas Dieu qui dresse les croix, partout dans le monde ; ce n'est pas Dieu qui torture, rejette, élimine. Rappelons-le : Dieu n'est pour rien dans les causes de la mort et de la souffrance des hommes, elles lui sont imposées ; mais il vient nous y rejoindre.

ET, c’est parce qu’il assume toute l’humanité de cet homme que nous sommes- image de Dieu- … qu’il en fait jaillir toute la Gloire qui est de rejoindre Dieu !
C’est la Parabole du grain de blé vécue à la perfection !

Nous l’avons chanté durant le temps du Carême et de la Passion : FAIS PARAÎTRE TON JOUR … dans nos prisons, dans la nuit des hôpitaux, dans nos guerres sans pardon, sur les peuples de la nuit et du brouillard… Oui, fais paraître ton jour... que l’homme soit sauvé !

Frères et sœurs, par ce portique de la Passion au jour des Rameaux, entrons avec courage dans la Grande Semaine Sainte. Que ces rameaux que nous avons élevés à la gloire du Christ nous accompagnent en nos maisons, nos cimetières. Ils ne sont pas porte-bonheur, mais présence de Dieu en toute notre vie, jusqu’en nos enfers, jusqu’en notre mort ! AMEN !
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Homélie du 3e dimanche de Carême 2019 - Père Y. Bachelet

3ième dimanche du Carême Année C
Exode 3, 1-8a. 10. 13-15
PSAUME - 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11
Saint Paul aux Corinthiens 10, 1-6. 10-12
EVANGILE - selon Saint Luc, 13, 1-9

Tout d’abord une remarque générale qui me frappe déjà beaucoup à partir de cet évangile qui est une revue de presse de l’époque, avec les faits du jour, une tour s’effondre ; un groupe de pèlerins, suspects d’être contre l’occupant et massacrés par la cruauté de Pilate … mais surtout à partir du premier texte en Exode chapitre 3…

Je veux dire : la banalité de la présence du Seigneur dans l’ordinaire de nos jours !

Moïse était berger chez son beau-père. Il va au-delà du désert, jusqu’à la montagne à la recherche de fraîcheur et de pâturage pour son troupeau. La routine.
Et voici que dans l’ordinaire, il va trouver l’extraordinaire.
Curiosité, un détour pour voir.
C’est là que l’appel jaillit !
… que se fait la révélation
… que s’établit la communication,
… que se voilent et se dévoilent les visages !
« Ils vont me demander ton nom. Que leur répondrai-je. Qui es-tu ?
* Moïse !
* Me voici !
* JE SUIS !
Ce lieu où tu te tiens est une terre sainte. »

Mais, frères et sœurs, toute notre terre n’est-elle pas sainte, certains lieux culminants parfois davantage que les autres ? L’Horeb, comme le fut le jardin d’Éden, comme le sera le Thabor, le Golgotha et le mont des Oliviers et le mont des Béatitudes… nos sanctuaires et ce sanctuaire qui est le cœur de notre cœur, fait à l’image de Dieu et à sa ressemblance !

Mais revenons à ce Livre de l’Exode qui devrait être une étape décisive dans notre marche vers l’aube de Pâques !

Ce premier texte est capital pour la foi d'Israël et donc aussi pour la nôtre. C'est la première fois que l'humanité à travers l’histoire de ce petit peuple -réduit en esclavage- découvrait qu'elle était aimée de Dieu ; aimée, au point que Dieu voit, entend, connaît nos souffrances. Seul, le peuple élu pouvait accéder à cette découverte, parce que personne au monde n’y avait, n'y a pensé tout seul, il a fallu la Révélation. C'est sur ce socle, cette conviction inébranlable que s'est construite la foi d'Israël, et donc encore une fois la nôtre. Il faut entendre la force du texte biblique ! Notre traduction liturgique est presque trop faible : « ça, pour voir, j’ai vu ! » aurait pu dire Dieu !

Deux remarques : tout d'abord, Dieu se révèle en même temps comme le Tout-Autre et comme le Tout-proche ; Il est le Tout-Autre, celui qu'on ne peut approcher qu'avec crainte et respect ET en même temps, il est le Tout Proche, celui qui voit la misère de son peuple et lui suscite un libérateur, le « Très-bas » écrira Christian Bobin.

Deuxième remarque, il faut retenir l'articulation de l'intervention de Dieu. Il voit la souffrance des hommes, donc il intervient, donc il envoie Moïse : l'action de Dieu suppose la collaboration de celui que Dieu appelle... Encore faut-il que celui que Dieu appelle accepte de répondre à cet appel... Encore faut-il que celui qui souffre accepte d'être secouru. Oui ! ‘Dieu a besoin des hommes ‘ !

La première découverte que Moïse a faite au Sinaï, c'est donc cette Présence intense de Dieu au cœur de la détresse des hommes. Il aura retenu pour toujours cette révélation surprenante et il l'a tellement bien retenue qu'il a puisé là l'incroyable énergie qui a fait d'un homme seul, exilé, rejeté par tous, le meneur infatigable que l'on sait et le libérateur de son peuple.

Dans le psaume d'aujourd'hui, ce Nom de Dieu est explicité par ce verset « Le SEIGNEUR est tendresse et pitié ». C'est ce qu’a dit Dieu à Moïse, au Sinaï : « Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ; il passa devant Moïse et proclama : « YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité… » (Ex 34, 6). Ces deux révélations n'en font qu'une et le psaume développe : « Le SEIGNEUR fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits. » Il s'agit de l'Exode, bien sûr. Mais Dieu est toujours le même, de toujours à toujours, il est cette Présence, cette flamme, au milieu de nous, feu de tendresse et de pitié.

Et c'est de cela que nous avons à témoigner ; si Dieu a choisi un peuple pour être son témoin au milieu du monde, c'est d'abord parce que le monde a besoin de ce témoignage : les hommes meurent de ne pas connaître cette flamme ; mais aussi, parce que seul le témoignage d'un peuple qui vit de cette flamme pourra la faire connaître. D'où la prédication des prophètes sur ces deux aspects de la vocation d'Israël, et donc de l’Eglise aujourd’hui, c’est-à-dire de nous les chrétiens : premièrement, oser témoigner de sa foi, de la révélation dont nous sommes porteurs ; deuxièmement, à l'image de notre SEIGNEUR, faire œuvre de justice et défendre le droit des opprimés. Là est notre vocation de baptisés ! et comme le répète souvent le Pape François : « Ne nous laissons pas voler notre foi, notre joie et notre espérance ! »

Homélie du 1er dimanche de Carême 10 mars 2019 - Père A. Auduc

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Millénaire de Tournus

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Homélie du 8e dimanche du TO - Père Y. Bachelet

8° dimanche du Temps Ordinaire Année C
Livre de Ben Sira le Sage 27/4-7
1 Paul aux Corinthiens 15/54-58
Luc 6/39-45

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » Luc 6/45

Frères et sœurs quelle est la qualité de notre cœur ? Un regard lucide nous dira qu’il n’est ni bon, ni mauvais, mais bien partagé et capable du meilleur comme du pire.

Le Texas vient d’exécuter un condamné à mort de 70 ans, après 29 ans d’attente dans le couloir de la mort. Le procureur disait : «Pendant huit ans, j’ai été chaque jour face à des criminels, mais je n'ai jamais eu affaire à quelqu'un d'aussi méchant et diabolique » ! Nous n’en sommes pas là… mais avec le psalmiste n’avons-nous pas besoin de crier : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. »Ps 50 ? Et le Dieu de tout amour nous répond par son prophète Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. » Ez 36/26

Dieu nous a voulu bons, vrais, beaux ! À son image ! Et nous voici, comme le dit St Paul, des êtres bien complexes et souvent en porte à faux : «Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. »Rm 7/19 Le Cardinal de Bérulle écrivait au début du XVII° siècle : « L’homme est composé de pièces toutes différentes. Il est miracle d’une part et de l’autre un néant. Il est céleste d’une part et terrestre de l’autre. Il est spirituel d’une part et corporel de l’autre. C’est un ange, c’est un animal ; c’est un néant, c’est un miracle ; c’est un centre, c’est un monde, c’est un dieu. C’est un néant environné de Dieu, indigent de Dieu, capable de Dieu et rempli de Dieu, s’il veut. »

Frères et sœurs si nous sommes là ce matin, c’est parce que nous voulons nous « remplir de Dieu ». Nous choisissons d’être dans la position des disciples de l’Évangile. Entre le Maître qui nous enseigne : « Jésus disait à ses disciples en parabole… » et le témoignage -comme l’action- dont nous charge notre mission de baptisé au cœur même de notre milieu de vie. « Enlève la paille qui est dans l’œil de ton frère ! »

Pour cela nous avons sans cesse une opération de vérité à accomplir, une vie de conversion permanente ! Des racines à retrouver ! Nous avons, autant que possible, à nous rapprocher du maître, à nous identifier à lui. « Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. » Quel appel !

Jésus veut nous faire découvrir que nous possédons aux yeux du Père la même dignité que lui : celle d’être fils ou fille de Dieu, autant que lui ! « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » Jn 15/15 rapporte l’Évangile de Jean et de poursuivre aussitôt : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Jn 15/16

Aujourd’hui Luc nous dit : « Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit ! » Chaque arbre, mais aussi, pour continuer la parabole, la forêt dans son ensemble : ce que l’on appelle la communauté des frères « assidus à la communion fraternelle » dira St Luc. Notre Eglise d’aujourd’hui !

Vous le savez. Nous traversons des heures difficiles. Plus que jamais les actions des uns des autres rejaillissent sur la communauté comme autant de taches, de souillures et de contre témoignages ! Ces évènements doivent nous interpeller et nous inciter à notre propre conversion pour ne pas blesser nous-mêmes, par nos tiédeurs ou nos manques, la fragilité de la recherche de celles et ceux qui seraient en marche vers la foi ou plus de foi. Tant il est vrai que divinité et humanité sont indissolublement liées en Jésus Christ… et par amour du Père en chacun et chacune de ses créatures, ses enfants !

Ces jours-ci le cardinal Tagle affirmait à Rome que « la foi ne naît et ne renaît que des blessures du Christ crucifié et ressuscité vues et touchées dans les blessures de l’humanité. Seule une foi blessée est crédible. Comment pouvons-nous professer notre foi dans le Christ quand nous fermons les yeux à toutes les blessures infligées par les abus ? ».

Je reprendrai volontiers la recommandation du Christ faites à maintes reprises à ses disciples : « Que votre cœur ne se trouble point ! »
Frères et sœurs un champ de conversion s’offre à nous : le temps béni du Carême, temps de paix, temps de joie où l’on redécouvre l’amour du Père avec et dans les frères : « Voyez comme ils s’aiment ! »

Nous sommes souvent prompts à prier pour les autres et pour leur conversion !

N’oublions pas de prier pour nous ! Une prière de conversion personnelle et communautaire, nécessaire afin d’ajuster la prière pour les autres, nécessaire aussi pour ajuster nos relations, nos pratiques et laisser circuler l’Esprit de dialogue entre tous les membres de l’Église de Dieu.
« J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. » dit Dieu !
AMEN !
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