Dimanche de Pentecôte - 9 juin 2019 - Père Stéphane Boyer

Profession de foi Montpont 9 juin 2019
Dimanche de la Pentecôte

Aujourd’hui c’est la fête de la Pentecôte. Pour nous les chrétiens, c’est un peu la fête du début de l’annonce de l’Évangile, le message de Jésus à tous les êtres humains. En effet, après la mort et la résurrection, de Jésus, les apôtres et tous les disciples avaient peur de subir le même sort que Jésus. Ce n’est qu’à partir de la venue de l’Esprit de Dieu sur eux qu’ils sont devenus de vrais messagers, les porte-paroles de Jésus, de sa vie et de son message. Si les apôtres deviennent des témoins, c’est de deux façons différentes. Ils vont essayer de vivre d’abord le message de Jésus et ils vont le transmettre. Les deux dimensions sont importantes.

Nous aussi, nous sommes des disciples, des apôtres de Jésus. Et en particulier vous les jeunes qui faites votre profession de foi aujourd’hui. Nous sommes donc invités à vivre ces deux dimensions : vivre l’Évangile et oser parler de lui de temps à autre quand on nous demande de témoigner.
Vivre le message de Jésus, c’est ce qu’on peut désirer les uns pour les autres. Mais c’est aussi le plus difficile. Car Jésus nous invite à aimer sans relâche, à pardonner, à rechercher ce qui est juste, à nous mettre au service des plus faibles et des plus pauvres pour montrer que personne n’est oublié de l’amour de Dieu, c’est aussi agir et parler pour créer de l’unité et de la fraternité entre les êtres humains. C’est un sacré programme. Et un vrai défi pour chacun de nous.
Vous les jeunes, votre profession de foi vous invite à vivre l’Évangile mais cela est aussi le cas de tous les adultes ici présents et qui veulent vivre leur baptême. Tous, on peut parler de Jésus mais si on ne vit pas d’abord son message on ne sera pas crédible. C’est pour cela que nous devons demander à Jésus de recevoir son Esprit. Car dans le monde qui nous entoure on peut très vite oublier son message.

Il n’y a jamais eu autant d’informations et parler d’amour et de pardon dans un monde qui est connecté su FB ou sur BFM TV avec tous les problèmes du monde n’aide pas vraiment à transmettre ce message.

Vivre le message de Jésus, c’est pourtant des gestes tout simples qui ne font pas de bruits dans les médias : rendre service à sa famille, à ses amis, à des copains et des copines. Écouter un collègue de travail qui n’a pas le moral mais aussi partager des moments de fête. Vivre l’Évangile c’est se demander pardon quand on s’est disputé, de ne pas penser d’abord à soi mais d’abord aux autres. Ce n’est pas ce qu’on vous apprendra en premier. Vivre l’Évangile ce n’est pas virtuel, mais c’est au contraire du réel, des gestes et des paroles d’attention.

Alors comment devenir des témoins.
Pour cela il est important de rester en contact avec Jésus. Pour cela il y a pleins de chemins. Peut-être que vous priez dans votre lit le soir. Peut-être que vous lisez l’Évangile chaque jour. Vous savez, l’Évangile, c’est comme l’anglais. Si on ne le parle pas pendant 10 ans on l’oublie, aussi lire l’Évangile chaque jour ou une ou deux fois par semaine est essentiel pour accueillir et rester dans l’Église de Jésus. C’est aussi de partager avec des amis, au caté, à l’aumônerie des jeunes, dans une équipe d’adulte, ou un groupe de prière. C’est aussi de venir partager l’Eucharistie avec les chrétiens qui se retrouvent le dimanche.

Et puis de mettre en pratique ce qu’on comprend de l’Évangile. On ne peut pas tout connaître mais ce que tu sais, mets le en pratique. En effet, l’Évangile n’est pas fait pour rester comme un livre dans une bibliothèque ou un jouet dont on ne se sert plus. C’est une parole à vivre.
Alors vivant de l’Esprit peut-être que quelqu’un vous dira : pourquoi vis-tu ainsi et vous pourrez témoigner de ce que vous connaissez de Jésus et de la façon dont vous essayez de le suivre.
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Concert

Homélie du 7e dimanche de Pâques - 2 juin 2019

7° dimanche après Pâques
PREMIERE LECTURE - Actes des Apôtres 7,55-60
PSAUME - 96 (97), 1-2b, 6-7c, 9
DEUXIEME LECTURE - Apocalypse de Saint Jean 22,12-14.16-17.20
EVANGILE - selon Saint Jean 17,20-26

« Père, ils ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom,
… pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Le Christ a rejoint son Père, envoyé son Esprit… La jeune Eglise s’organise.

Elle invente les diacres, sept : Étienne, homme rempli de foi et d'Esprit Saint, (remarquez la mention pour Etienne !), Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un païen originaire d'Antioche converti au judaïsme. Un païen, converti au judaïsme, qui devient chrétien…

Très rapidement, Etienne va se faire remarquer : « Étienne, qui était plein de la grâce et de la puissance de Dieu, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. » Dès lors, il va y avoir un parfait mimétisme entre le disciple et le maître. Etienne, le premier martyr au nom de Jésus, va en tout, être semblable à Jésus.
Rapidement on l’arrête, on palabre, on fait un procès devant le sanhédrin, on trouve de faux témoins et on l’accuse de parjure.
On revit le procès de Jésus à travers celui d’Etienne. Les réparties d’Etienne sont cinglantes ! Lui qui est rempli de l’Esprit (on le dit chaque fois qu’on parle de lui) accuse le sanhédrin : « depuis toujours vous résistez à l'Esprit Saint ! » la pire des accusations !
Il en rajoute : « Vous qui aviez reçu la loi communiquée par les anges, vous ne l'avez pas observée ! »
Et pour couronner le tout, Luc écrit : « Étienne, rempli de l'Esprit Saint, regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : ‘’ Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite de Dieu.’’ »
Etienne est perdu ! Il vient de signer son arrêt de mort ! Cris, vociférations, chasse à l’homme, lapidation ! Mais qu’a-t-il dit ?
« Vous résistez à l’Esprit ! »

Depuis des siècles, on savait que le projet de Dieu était de répandre son Esprit sur toute l'humanité. Moïse, déjà, en rêvait, il avait eu cette phrase qui était restée célèbre : « Si seulement tout le peuple du Seigneur devenait un peuple de prophètes sur qui le Seigneur aurait mis son esprit » (Nb 11, 26). Et les prophètes avaient confirmé que c'était bien le projet de Dieu : tous les Juifs avaient en tête la prophétie de Joël par exemple : « je répandrai mon esprit sur toute chair », ou encore celle d'Ézéchiel : « je mettrai en vous mon propre esprit ». Luc nous a dit qu'Etienne, justement, était « un homme plein de foi et d'Esprit Saint ». Et il le répète : « Rempli de l’Esprit Saint, Etienne vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : Voici que je contemple les cieux ouverts »... fixer ses regards, voir, contempler, trois mots du vocabulaire de l’œil. Luc nous dit que c'est la présence de l'Esprit en lui qui ouvre les yeux d'Etienne ; et alors il peut voir ce que les autres ne voient pas.

Et que voit-il que les autres, ses accusateurs ne voient pas ?
Il voit « les cieux ouverts » : cela revient à dire que le salut est arrivé ; il n'y a plus de frontière, de séparation entre le ciel et la terre : l'Alliance entre Dieu et l'humanité est rétablie, le fossé entre Dieu et l'humanité est comblé. On se souvient de la phrase d'Isaïe durant tout l’Avent : « Ah, si tu déchirais les cieux, et si tu descendais ! » (Is 63, 19).

Jésus est debout : le Ressuscité n'est plus couché dans la mort. Le mot « debout » était très symbolique dans les premiers temps de l'Eglise : à tel point que la position « debout » est devenue la position privilégiée de la liturgie, surtout chez nos frères orthodoxes ; celui qui prie, « l'orant » est toujours représenté debout. Pour la même raison, dans les premiers siècles, on invitait les fidèles à rester debout pendant toute la durée de la messe du dimanche : parce que c'est le jour où nous faisons mémoire de la résurrection de Jésus.
Jésus est « à la droite de Dieu » : on disait des rois qu'ils siégeaient à la droite de Dieu ; appliquer cette expression à Jésus, c'est donc une manière de dire qu'il est le Messie. Le sanhédrin qui entend cette phrase dans la bouche d'Etienne ne s'y trompe pas. Dire qu'il est le « Fils de l'homme » est tout aussi grave. L'expression « Fils de l'homme » était l'un des titres du Messie. En quelques mots, Etienne vient donc de dire que Jésus, cet homme méprisé, éliminé, rejeté par les autorités religieuses est dans la gloire de Dieu. Ce qui revient à les accuser d'avoir commis non seulement une erreur judiciaire, mais pire encore, un sacrilège !

Cette vision qu'a eue Etienne de la gloire du Christ va lui donner la force d'affronter le même destin que son maître : Luc accumule les détails de ressemblance entre les derniers moments d'Etienne et ceux de Jésus. Etienne est traîné hors de la ville tout comme le Calvaire était en dehors de Jérusalem ; pendant qu'on le lapide, il prie avec les mots de Jésus : « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (Ps 30/31) ; et enfin, il meurt en pardonnant à ses bourreaux. Jésus avait dit « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font », Etienne, au moment de mourir, dit à son tour « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ».
Et Luc, dont on dit souvent qu'il est l'évangéliste de la miséricorde, nous montre la fécondité de ce pardon : comme pour le bon larron de Jésus, l’un des bénéficiaires du pardon d'Etienne, est Saul de Tarse, l'un des pires opposants au Christianisme naissant. Lui qui tenait les vêtements d’Etienne, se convertira bientôt pour devenir témoin et martyr à son tour : PAUL !

Comprenez-vous que nous sommes appelés à être d’autres Etienne !
Nous venons de célébrer l’Ascension : nous avons contemplé le Fils de l’homme à la droite du Père !
Nous attendons l’Esprit Saint pour que nous portions la Bonne Nouvelle, mais aussi pour que nous puissions remettre notre esprit dans les mains du Père. Y pensons-nous, en vérité, en réalité ?
Dans un instant, je dirai : « Que l'Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à la louange de ta gloire. »
Enfin c’est le même Esprit qui nous fera crier à l’anamnèse : « Viens Seigneur Jésus ! »
Que St Etienne nous ouvre le cœur et l’intelligence aux merveilles de Dieu et nous donne la force du témoignage ! AMEN !
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Homélie du 5e dimanche de Pâques - Père Yves Bachelet

5ième dimanche Temps Pascal C
PREMIERE LECTURE - Actes des Apôtres 14, 21b-27
PSAUME - 144 (145), 8-13
DEUXIEME LECTURE - Apocalypse de Saint Jean 21, 1-5a
EVANGILE - selon Saint Jean 13, 31...35

Souvent, on a l’impression que la liturgie de la parole nous embrouille exprès. On jongle avec les temps, les lieux, les auteurs. On mélange tout. Par exemple, nous sommes bien le 5ième dimanche après Pâques, tendus vers le départ liturgique du Christ –son ascension- désireux de recevoir l’Esprit au jour de Pentecôte. Or le premier texte, dans les Actes, nous raconte, l’organisation de la première Église à travers les communautés naissantes par Paul et Barnabé. Un tourbillon !

« Ils retournent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ; puis ils traversent la Pisidie et se rendent en Pamphylie. Ensuite ils descendent vers Attalia, et s’embarquent pour Antioche de Syrie, d'où ils étaient partis ! »
Et ce n’est pas du tourisme :
« Ils affermissent le courage des disciples et ils les exhortent à persévérer dans la foi. Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises. Ils annoncent la Parole aux gens de Pergé. Arrivés à Antioche, ayant réuni l'Eglise, ils rapportent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. »

Le deuxième texte est tiré de l’Apocalypse, non pas livre de catastrophes à venir, comme on le croit souvent, mais livre de révélations d’un temps en gestation, déjà en réalisation alors que pour le moment (autour des années 90) tout va mal : obstacles à l’évangélisation, arrestations, tortures et même martyres ! En fait Jean anticipe ; il nous a bien prévenus : son livre est un livre de visions, il révèle l’avenir pour donner le courage d’affronter le présent.

Et nous voilà, dans l’Évangile, revenus à la nuit de l’agonie, le soir du jeudi saint. Dans un film, on appelle cela le flashback, un retour en arrière ! Quel retour en arrière ! Le christ vient de prononcer le long discours de la cène après avoir rompu le pain et le vin en signe de ce qui va s’accomplir incessamment ! Un discours, plutôt un testament, un adieu. On aimerait bien qu’il parle de demain, de la restructuration hiérarchique, de la gestion des « affaires » durant son absence. Et pourquoi pas, il aurait pu parler de la formation des prêtres, de la place des femmes dans l’Eglise, de l’organisation des paroisses et des mouvements d’Eglise… Non il parle de Gloire, de glorification ! 5 fois ce mot en deux phrases ! « Le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. »

Mais d’abord, c’est quoi la gloire, c’est quoi glorifier. N’est-ce pas découvrir en quelqu’un la réalisation parfaite de son être même. Glorifier quelqu’un n’est-ce pas reconnaitre en lui la réussite, la manifestation éclatante de sa sainteté de sa perfection et de sa puissance ?
N’est-ce pas voir en lui ce que l’on aurait aimé faire, voir en lui le visage de celui qu’on aurait voulu être soi-même. « Le fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui ! »

Ces mots de Jean disent la réciprocité des relations entre le Père et le Fils, ou mieux leur union fondamentale : « Qui m’a vu a vu le Père », c’est aussi une phrase que Saint Jean a retenue (Jn 14, 8) ; ou encore « Moi et le Père, nous sommes un. » (Jn 10, 30) ; ici, dire que « le Fils de l’homme est glorifié, ou que Dieu est glorifié en lui », c’est dire que le Fils est le reflet parfait, le visage, l’icône du Père.

Mais il y a davantage dans la révélation de notre Dieu, en cette nuit de l’agonie. Avant de dire : « Le fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui ! » Jésus précise : « Maintenant » Pire encore, si je puis dire, ce maintenant désigne la sortie de Judas dans la nuit. Autrement dit, la glorification du Christ se réalise au moment même où Judas s’engouffre dans les ténèbres, où le prince de la nuit fait son œuvre : « Satan entra en lui. » Jésus dit à Judas : « Ce que tu as à faire, fais le vite » « Judas sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. » Peu avant, il avait dit à son Père : « Père sauve-moi de cette heure ! Mais non c’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Jn 12/27
Le Père ne peut que glorifier son Fils de n’être qu’amour, bienveillance, pardon alors qu’il est trahi, abandonné de tous, persécuté par tous, pendu au gibet de la croix !
La voilà l’heure de la gloire de Jésus, là où il révèle jusqu’où va l’amour du Père, c’est à dire jusqu’à l’infini, sans limites.

Et voici la merveille : ceux qui contemplent ce mystère de l’amour fou de Dieu deviennent capables d’aimer comme lui à leur tour. Car c’est à ce moment-là que Jésus poursuit « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

‘’Ce qui est nouveau, ce n’est pas d’aimer –beaucoup le demandent et en sont capables- ce qui est nouveau c’est d’aimer comme lui, mais non pas seulement à sa manière, c’est-à-dire au point d’être prêt à donner sa vie, en refusant toute puissance, toute domination, toute violence ; ce qui est nouveau, c’est encore plus que cela, c’est d’aimer vraiment comme lui, c’est-à-dire en étant complètement guidé par son Esprit ; et alors nous comprenons désormais tout autrement la fameuse phrase :« Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». Bien plus qu’un commandement, c’est un constat : si nous sommes réellement ses disciples, c’est son propre Esprit qui dicte nos comportements. Pour le dire autrement, Dieu sait si l’amour, au jour le jour, est difficile ; c’est presque un miracle ! Eh bien, si nous y parvenons dans nos communautés chrétiennes, le monde sera bien obligé d’admettre cette évidence que l’Esprit du Christ agit en nous !’’ MN Thabut

Le tweet du Pape hier était : « Si on n’a pas le désir missionnaire, c’est qu’on n’a pas encore tout compris de l’amour de Dieu »
J’ai envie de lui répondre : « mais l’amour que nous avons, que nous devrions avoir les uns pour les autres comme le Christ nous a aimés, est missionnaire ». J’ai aussi envie de dire, je ne sais pas si c’est orthodoxe, aimer c’est le sacrement de l’évangélisation.
Pour terminer deux citations de Jean Vanier (1928 + 7 mai 2019 âgé de 91 ans) :

1/ « La foi chrétienne n’est pas un idéal déconnecté du réel. Elle est une rencontre avec Jésus qui nous invite à vivre des rencontres avec d’autres dans l’humilité et dans la réalité. »
2/ « Tu n'as pas seulement une compétence mais tu as un cœur capable de donner et de recevoir de l'amour. »
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Homélie du 3e dim. de Pâques - 5 mai 2019 - Père Y. Bachelet

3° dimanche Temps Pascal C 2019
Actes des Apôtres 5, 27b-32. 40b-41
PSAUME - 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13
Apocalypse de Saint Jean 5, 11-14
Saint Jean 21, 1-19


Dimanche dernier, nous avons entendu la fin de l’Évangile de Jean avec les deux apparitions (‘’manifestations’’ dit St Jean) de Jésus Ressuscité aux apôtres, Thomas absent, puis Thomas présent. D’où la conclusion : « Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Or voici que Jean écrit encore un chapitre, comme s’il voulait rajouter des signes importants. C’est l’Évangile d’aujourd’hui avec une manifestation de Jésus à 7 disciples (pas forcément des apôtres) dont il en nomme 5 : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, Jacques et Jean et deux autres. 7, chiffre symbolique qui représente les disciples de tous les temps, c’est-à-dire l’Eglise tout entière.

Voilà un premier signe. Regardons les autres signes qui parsèment l’Évangile de ce jour.

Jean utilise le mot de « manifestation » et non apparition. L’apparition supposerait que Jésus disparaisse ensuite. Or, Jésus est là en permanence auprès de ses disciples, auprès de nous désormais, lui qui a dit « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Il est invisible, mais non pas absent ; de temps à autre, il se rend visible ; le mot grec dit : « il se donne à voir ». Et cela pour permettre de faire le passage entre le Jésus terrestre et le Ressuscité.

Autre signe, par deux fois, Jésus s’est montré aux siens. Or rien n’a changé. Au contraire, on a l’impression qu’ils retournent en arrière, et même à leur ancien métier. « Je vais à la pêche… nous aussi, on va avec toi ! » C’est terrible ! Ils s’ennuient ! « Voyez mes mains, mes pieds, mon côté ! Recevez l’Esprit Saint ! Allez ! je vous envoie… » « On va à la pêche ! » La suite vous la connaissez ! Une nuit pour rien. La nuit, on ne prend rien ! Les ténèbres ne sont jamais propices ! N’est-ce pas la nuit que Judas était sorti pour son œuvre destructrice ? Mais au petit matin, tout change, tout est nouveau !
De la nuit surgit un autre signe : « Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.» C’est au petit jour, au matin de Pâques, qu’eut lieu la première manifestation du Seigneur comme ici où Jésus se tient debout sur le rivage, se donnant à voir ! J’insiste sur ce signe de « Jésus debout », comme dans la chambre haute où les apôtres s’étaient réfugiés où par deux fois Jean nous dit : « Jésus vint et il était là au milieu d’eux !» Il en va de même avec Marie Madeleine dans le jardin, près du tombeau vide : « elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c'était Jésus. 

Avez-vous remarqué comment cela pourrait expliquer pourquoi les apôtres, les disciples d’Emmaüs et tant d’autres ne reconnaissent pas Jésus Vivant, Jésus Ressuscité ! « Elle ne savait pas que c’était Jésus… Ils ne savaient pas que c’était lui » et sur le chemin d’Emmaüs : « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ! »

Que cherchent-ils… tous ? Un mort, un cadavre : « On a enlevé mon Seigneur et on ne sait pas où on l’a mis ! » « Qui cherches-tu ? » « Si c’est toi qui l’a enlevé dis-moi où tu l’as mis ! » Jésus se tint là debout ! L’attitude de la résurrection, de la vie ! Lui-même n’avait-il pas dit bien des fois ! « Lève-toi et marche » « Lazare, viens dehors ! » Et l’hymne aux Philippiens dira : « Dieu l’a exalté et l’a élevé au-dessus de tout nom pour qu’au nom de Jésus tous disent « Jésus est Seigneur ». Dans le psaume de ce jour, nous avons chanté : « Je t’exalte mon Dieu, tu m’as relevé ! » de quoi ? Sinon de la mort !
Il faut beaucoup d’amour, pour ne pas laisser le dernier mot à la mort !

Un autre signe : N’est-ce pas Jean qui a reconnu le premier Jésus sur le rivage ? À la vue de la pêche miraculeuse, le cœur de Jean a reconnu le signe de l’abondance des pains d’autrefois, renouvelé dans l’abondance de la pêche du petit matin ! « Alors, écrit-il lui-même, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : ‘’ C’est le Seigneur !’’ »

Encore un signe, et je m’arrêterai sur ce dernier. Nous avons là, pour notre route d’aujourd’hui, la mission pastorale de Pierre renouvelée par Jésus pour lui et tous ses successeurs. Pierre qui entraîne les autres disciples … Pierre qui poursuit son engagement et se jette à l’eau vers le Seigneur... Pierre qui remonte en barque pour tirer le filet jusqu’aux pieds de Jésus… Pierre qui apporte 153 gros poissons, la multitude diverse et universelle des Sauvés de l’Eglise et tout cela sans rompre, sans déchirer le filet, comme la tunique sans couture du christ qui ne sera pas divisée… Pierre gardien de l’unité de l’Eglise !
La toute fin, cette fois, de cet évangile de Jean (Jn 21/15-25) nous dira comment, par trois fois, Jésus demande à Pierre : « Pierre m’aimes-tu ? » Pierre blessé par cette insistance de répondre : « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ! »

Jésus de lui dire : « Sois le pasteur de mes brebis » puis : « Suis-moi ».

Chaque instant de nos vies, Jésus nous demande : « M’aimes-tu ? » Seul le cœur peut répondre à une telle demande et à l’appel qui viendra : « Suis-moi ! » Avec Jean, Pierre et tous les autres nous saurons alors que celui qui nous parle « c’est le Seigneur ! ». Amen !
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