Homélie de la Sainte Trinité. Année B (père André AUDUC)


En Turquie de l'Est, depuis quelques années, un immense barrage retient les eaux de l'Euphrate pour
constituer un énorme lac de retenue, sur plus de 100 kms : le barrage d'Ata Turc. Depuis qu'il est
installé, des milliers de kilomètres carrés de terre arable sont enfin irrigués, permettant une reprise
de la culture, notamment celle du coton... Eau merveilleuse ! : il y a la source cachée qui provient
des lointains massifs arméniens ; il y a le fleuve ; majestueux, s'allongeant sur 2780 kms, avant d'aboutir dans le golfe persique ; il y a tout ce que cette eau permet : cultures maraichères, champs de coton, plantations diverses, en un mot : la vie !


Une seule eau : c'est la même partout, mais avec des fonctions différentes : la source n'est pas la
rivière, ni les canaux d'irrigation dans les champs !


Voilà une belle approche du Dieu Trinité que nous fêtons en ce Dimanche : un seul Dieu, unique,
mais trois personnes : le Père, source de tout amour et de toute vie ; le Fils, né du père, tel le
fleuve qui provient de sa source : l'Esprit Saint, circulation de l'amour du Père et du Fils, un amour
qui produit du fruit !


Et l'apôtre Paul, dans la deuxième lecture, nous fait toucher du doigt les fruits de l'Esprit : « il ne fait
pas de vous des esclaves - dit-il - des gens qui ont encore peur... non, l'Esprit fait de nous des fils, et
nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba », c’est-à-dire « papa » !


Quelle annonce merveilleuse, frères ! Dieu s'est fait homme, en Jésus, pour que l'homme soit fait
Dieu I Nous n'aurons pas trop de toute notre vie terrestre pour comprendre quelque chose de ce
grand mystère de l'amour de Dieu qui surpasse toute connaissance.


En Turquie de l'Est, toujours, je suis tombé en arrêt devant le pan de mur d'une église en ruine,
toutefois inondé de lumière : il y avait en haut une grande ouverture unique, comme Dieu lui-même, et dessous, trois ouvertures identiques, de même dimension, évoquant le père, le Fils et le Saint Esprit... quelle émotion !


Frères, cette fête de Dieu Trinité nous enseigne à nous chrétiens plusieurs choses importantes :
- tout d'abord ceci : animés par l'Esprit nous sommes invités à nous rappeler déjà que nous sommes
tous frères et sœurs en Christ. L’Esprit Saint fait de nous des fils et des filles de Dieu, c'est-à-dire des
frères et sœurs de Jésus. N'oublions jamais cela ! Et si nous sommes enfants de Dieu, quelle que soit
la couleur de notre peau, nos origines sociales ou culturelles, nous avons la même valeur aux yeux de
Dieu


- Animés par l'Esprit, nous sommes invités à faire circuler cet amour que Dieu offre à tous. Rappelez-vous ces derniers mois pluvieux et froids, l’abondance de neige et de glace en montagne eh bien ne laissons pas l’amour que Dieu nous offre se pétrifier dans les glaces de l'égoïsme ou le verglas du chacun pour soi ! Soyons « chauds » pour Dieu, soyons une eau limpide et vivifiante qui circule et répand partout la vie où elle passe. Pour ce faire, il faut être alimenté : l'eau qui serait détournée de sa source est condamnée à disparaitre, à se perdre dans les sables, gaspillée ou pillée... Il faut être branché sur Dieu et son Eglise pour bénéficier de sa vie

Et c'est ma troisième réflexion : en effet, Jésus a voulu l'Eglise comme lieu et moyen privilégié pour
faire circuler l'amour de Dieu. Bien plus, par les Sacrements, notamment celui de l'Eucharistie, Dieu
continue à se donner lui-même en nourriture. Il nous dit sa présence au cœur de notre vie et nous
fortifie. Par l'écoute de sa Parole, il nous fait comprendre le contenu de son amour, il nous fait entrer
dans son projet et accueillir les béatitudes.


Alors, Demandons à l'Esprit de Pentecôte de guider nos vies et d'être déterminés à le suivre. Amen

Pièce(s) jointe(s):
Télécharger ce fichier (210530-Homélie de la Sainte Trinité.pdf)210530-Homélie de la Sainte Trinité.pdf[ ]72 Ko

55° journée des communications sociales !

Dimanche 16 mai 2021 * 7ième dimanche du Temps Pascal

Dans l’Évangile de l’Ascension, Marc écrivait : « Enlevé au ciel, Jésus dit aux apôtres : Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ! » « Ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile ! » La communication sociale était lancée à travers le monde : l’annonce de la Bonne Nouvelle par des apôtres, des disciples de toutes sortes, races, langues… au monde entier.

Cela ne s’est pas fait tout de suite… malgré la générosité, la sainteté et le martyre des apôtres, disciples et autres missionnaires !

LA RADIO/ Savez-vous qu’il fallut attendre le 12 février 1931 pour que, dira le Pape Pie XII, (je cite…) « pour que, pour la première fois, portée par les ondes de la « radio », la parole de Pie XI, fasse entendre aux extrémités de l'univers l'évangile de la paix et de l'amour dans la réconciliation des cœurs divisés. On ne la lisait plus seulement, cette parole, froidement consignée sur les pages des journaux : désormais, la voix du Père commun parvenait directement à chacun de ses fils. »

LA TÉLÉVISION/ Et Pie XII poursuit (nous sommes le dimanche de Pâques du 17 avril 1949, jour de la première émission télévisée au Vatican) :

« Quel chemin parcouru au long de ces dernières années ! Ce contact par la voix ne comblait pas encore tout Notre désir… Toujours, Nous ressentions au fond de Notre âme cette aspiration que l'Apôtre saint Paul exprimait de façon si touchante : « Dieu m'en est témoin, disait-il : sans cesse, je fais mémoire de vous dans mes prières je désire tant vous voir ! » (Rm 1, 9). Et Nous savons la réciprocité de ce désir. Étape par étape, les progrès de la science et de la technique, « radio » et cinéma, en ont acheminé la réalisation vers cette télévision, dont Nous jouissons à présent. De nouveaux progrès se feront encore. Nous attendons de la télévision des conséquences de la plus haute portée par la révélation toujours plus éclatante de la vérité aux intelligences loyales. »

VATICAN II/ L’avenir lui donnera raison. 13 ans plus tard, c’est le Concile Vatican II avec ce message au monde des pères conciliaires le 20 octobre 1962 :

« À tous les hommes, à toutes les nations, nous voulons adresser un message de salut, d’amour et de paix que le Christ Jésus, Fils du Dieu vivant a apporté au monde et confié à son Église ». Notre sollicitude veut s’étendre aux plus humbles, aux plus pauvres, aux plus faibles « car l’amour du Christ nous presse » 2 Co 5/14 « De notre longue méditation sur le Christ et sur son Église doit jaillir en cet instant une première parole annonciatrice de paix et de salut pour les multitudes en attente ».

Le Concile ira très vite en ce sens. Le même jour, le 4 décembre 1963, sont promulgués la constitution sur la Liturgie (l’Église célébrante) et le Décret sur les moyens de communication sociale « Inter Mirifica » (l’Église proclamante, communicante)... Un texte historique qui reconnaît que les moyens de communication sociale sont la place publique du monde moderne et qui invite en conséquence les chrétiens à en tenir compte. Ni plus ni moins que l’Église missionnaire !

SYNODE D’AUTUN/ Il y a 4 ans, notre synode diocésain allait dans le même sens. Je ne citerai que l’initiative 83 : « Il nous semble vraiment indispensable que la parole des chrétiens, notre parole, soit présente dans les médias. Nous voulons multiplier notre présence à travers les différents types de médias : journaux locaux généralistes, journaux internes, radios, télévision, internet, réseaux sociaux. Ils constituent les supports permettant de communiquer avec les personnes éloignées de notre Église…ils sont une vraie chance ! »

Ce qui donne l’Initiative synodale N° 85

« Nous voulons utiliser les médias, dans leur diversité, pour contribuer à créer du lien au sein des communautés chrétiennes. »

Et l’initiative 88, qui en découle, « souhaite en particulier que soient édités des journaux paroissiaux diffusés au plus grand nombre ».

Bravo, pour ce dernier n° en tout point fidèle à cette mission !

55e JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES/

À l’heure où les médias et tous les réseaux sociaux connaissent une progression de plus en plus fulgurante, avec il faut bien le dire tous leurs avantages, mais aussi toutes leurs dangerosités (75% des Français utilisent des réseaux sociaux tels que Facebook : 38 M, Instagram : 21 M, YouTube, WhatsApp, Snapchat, twitter !) le thème de réflexion donné par Rome cette année est : « ‘’Viens et vois’’ (Jn 1,46). Communiquer en rencontrant les personnes où et comme elles sont.’’

« Viens et vois » il est clair, dès le début, que François refonde la véritable communication sur la rencontre. Il met en garde contre tout ce qui serait factice, artificiel, recomposé, fabriqué « dans les rédactions, devant les ordinateurs, les écrans des agences, sur les réseaux sociaux, sans jamais sortir dans la rue… Si nous ne nous ouvrons pas à la rencontre, nous demeurons des spectateurs extérieurs… Tout instrument n’est utile et précieux que s’il nous pousse à aller et à voir des choses que nous ne saurions pas autrement, s’il met en réseau des connaissances qui autrement ne circuleraient pas, s’il permet des rencontres qui autrement n’auraient pas lieu… »

La mission du journalisme est en effet « d’aller là où personne ne va… souvent en courant de grands risques ». Donner la voix aux sans voix, pour éviter « un appauvrissement de notre humanité ». Cela suppose « discernement », « responsabilité » en démasquant erreurs et mensonges ! Et François de préciser : « Nous sommes tous appelés à être témoins de la vérité : à aller, voir, partager. »

« Viens et vois » plus que tout autre, le chrétien doit entendre et réaliser cette invitation de Jésus à aller rencontrer son frère en vérité, dans l’espace et dans le temps. La pandémie a été une terrible révélation de l’importance du corps en ses gestes élémentaires de nos rencontres, de la nécessité de voir, de toucher, de serrer la main, d’embrasser l’autre pour mieux communiquer.

Je cite François : « Dans la communication, rien ne peut jamais complètement remplacer le fait de voir en personne… on ne communique pas seulement à travers les paroles, mais avec les yeux, avec le ton de la voix, avec les gestes…Les disciples non seulement écoutaient les paroles de Jésus, mais ils le regardaient parler. En effet, en lui – le Logos incarné – la Parole s'est faite Visage, le Dieu invisible s'est laissé voir, entendre et toucher, comme l'écrit Jean lui-même (cf. 1 Jn 1, 1-3). La parole n'est efficace que si elle se “voit”, si elle nous fait participer à une expérience, à un dialogue. C'est pour cette raison que le “viens et vois” était, et est, essentiel. »

Je vous invite à lire et relire ce message du Pape François. Il peut être un guide pour chacun, chacune de nous, pour notre communauté en témoignage du Ressuscité. Amen !

Père Yves BACHELET

Voir une intervention de Pie XII en 1948 à la TV -Jour du Seigneur :

Youtube : Le Pape Pie XII à la télévision (1948)

Pièces jointes :

*Homélie en PDF

*Message pour la 55ième journée mondiale des Moyens de Communication Sociale

PAS DE PLUS GRAND AMOUR


L'évangile nous transporte à Jérusalem dans une grande pièce où Jésus réunit ses apôtres pour un dernier repas. Après leur avoir lavé les pieds et célébré l'eucharistie, Jésus leur parle longuement. Le traitre a quitté les lieux. Jésus sait que, bientôt, Ia milice du temple guidée par Judas viendra l'arrêter. Le temps lui est compté. Il donne à ses disciples ses derniers enseignements. Sa parole est grave. Elle porte sur l'essentiel. Pour Jésus, l'essentiel c'est l'amour. Toute sa vie, depuis l'enfance, Jésus converse avec son Père. Il le prie constamment. Il l'aime infiniment. Pendant sa vie publique, Jésus n'a jamais cessé d'enseigner et de multiplier les signes de l'amour. Il guérit des malades et des handicapés. Il tend la main aux pécheurs et aux exclus. 1l accueille les pauvres, réunit les foules, témoigne de la grandeur de Dieu. Ce soir, Jésus met l'accent sur ce qui habite sa vie et il veut que l'existence des disciples se calque sur la sienne. Pour lui, nous ne pouvons pas aimer Dieu en vérité si nous n'aimons pas nos frères. Jésus insiste : l'amour n'est pas un conseil. C'est Un commandement qui ne se discute pas. Si nous voulons le suivre et faire vraiment partie de la grande famille des enfants de Dieu, nous devons aimer : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Grâce aux évangiles, nous connaissons les événements de la passion. Nous savons à quel point le Christ a souffert. On lui lie les mains, on l'insulte, on le traîne devant les autorités juives, on le livre au gouverneur romain sous le faux prétexte qu'il veut se proclamer roi. Flagellé, couronné d'épines, moqué, crucifié, il prie constamment, il pardonne à ceux qui ont voulu Sa mort, il accueille la supplication d'un brigand crucifié avec lui. Ce qu'il a dit de l'amour, il l'exprime jusqu'à son dernier souffle. C'est ainsi qu'il remet sa vie à Dieu son Père. Les apôtres, complètement bouleversés par les événements, mettront du temps à comprendre. Le doute envahira leur cœur quand les femmes venues au tombeau le matin de Pâques leur annonceront que Jésus est vivant... Nous ne pouvons pas lire les dernières recommandations du Christ sans nous laisser habiter par la foi et sans nous ouvrir nous-mêmes à l'amour dont Dieu nous aime.

Quelques années après Pâques et Pentecôte, les amis de Jésus proclament l'évangile en Palestine et au Moyen Orient. Bientôt la bonne nouvelle franchira
la Méditerranée et parviendra jusqu'à Rome..." Nous avons lu tout à l'heure un épisode plein de sens. Les Actes des Apôtres nous racontent que Pierre visitait des chrétiens sur le bord de la mer. Il faisait sa prière quand le Saint Esprit lui a fait comprendre que l'évangile n'était pas réservé aux Juifs. C'est ainsi que Pierre a été conduit à rencontrer un païen très pieux qui s'appelait Corneille. C'était un militaire de la garnison de Césarée Maritime. Ce Corneille croyait en Dieu, admirait la piété des Juifs et faisait beaucoup de bien. C'est vers lui que Pierre se rend avec quelques compagnons. Il annonce Jésus et l'Esprit vient sur ces gens au cœur bien préparé. A partir de là, l'Eglise va s'ouvrir à tous les hommes de bonne volonté. Nous savons, par exemple, que l'apôtre Paul a parcouru la Grèce et qu'il y a fondé des communautés chrétiennes. D'ailleurs, Pierre et Paul ainsi que de nombreux autres disciples vont donner leur vie pour Jésus. Ils mourront martyrs à Rome. Le commandement de Jésus sur l'amour de Dieu et l'amour des frères trouve avec eux sa pleine efficacité. N'oublions pas que nous sommes les lointains disciples des premiers chrétiens. Depuis vingt siècles, la bonne nouvelle s'est transmise jusqu'à nous. Nous avons beaucoup de reconnaissance pour ceux et celles qui nous ont éveillés à la connaissance de Jésus, Fils de Dieu. Nous avons aujourd'hui la responsabilité de transmettre ce trésor. Nous ne serons crédibles que si nous aimons véritablement Dieu notre Père et tous nos frères d'un amour exigeant. En ce moment, notre compatriote Thomas PESQUET nous voit de haut. Il se remplit les yeux de la beauté de !'univers et il ne cesse de survoler des pays très différents dont les langues, les coutumes, l'économie, les hauts et les bas de la civilisation façonnent les mentalités. Ces terres que l'astronaute voit de loin communiquent entre elles. La planète est un grand village perdu dans le vaste univers. Et nous qui sommes plantés là, nous découvrons que nous partageons les biens de ce monde avec des hommes et des femmes Venus d'un peu partout. Depuis plus d'un siècle, les moyens de communication ne cessent de se diversifier. Depuis vingt ans, c'est l'explosion, à tel point que nous nous sentons souvent dépassés. Dire que l'évangile s'adresse à toute créature, que le cœur de Dieu aime tous les humains nous semble banal. Pourtant, nous sommes loin du compte. Nous constatons, en effet, que le racisme n'est pas mort, que les exclusions sont monnaie courante et que la violence engendre partout des drames épouvantables. Comment répondre en vérité au commandement de Jésus : << aimez-vous les uns les autres » ? Il nous arrive de rester à la surface d'une telle consigne. Quand nous y réfléchissons, elle risque de nous faire peur. L'amour de Dieu, d'abord. En nous laissant happer par les exigences du quotidien, nous pouvons le reléguer au second plan ou même l'oublier. Un tel amour s'entretient. D'abord dans la prière. Dans la connaissance de la Parole de Dieu. Or, nous en restons trop souvent à quelques formules. Que dire aussi de nos communautés géographiquement dispersées et qui peinent à se réunir ? La vie sacramentelle en souffre. Si nous manquons de conviction, qu'allons-nous transmettre ? Aujourd'hui, des chrétiens se consolent un peu facilement en se disant que le service des autres est suffisant. Nous pouvons toujours nous demander de quel service il s'agit et comment nous y répondons. Pour nous, chrétiens, l'amour du frère et de la Sœur s'enracine dans l'amour du Père de Jésus Christ. Faire une coupure entre l'un et l'autre est un drame spirituel. C'est bien au nom de Jésus et en fidélité à son témoignage que nous servons les autres. Certes, notre service rejoint celui de nombre de nos contemporains dont nous ne mettons pas en doute la qualité et les motivations. Mais si notre caractère de disciples de Jésus se dilue, nous en perdons le sens. Jésus nous commande d'être le sel de [a terre. A nous d'y penser. N'allons pas croire que Jésus nous laisse tomber. Par son Esprit, il ne cesse de nous soutenir et de nous consoler aux heures difficiles.

Quand j'étais aumônier de jeunes, il y a bien des années, j'avais lu et commenté le très beau livre du pasteur américain, Martin Luther King intitulé « La force d'aimer ». Vous vous souvenez que cet homme a lutté, dans les années soixante, pour l'égalité des droits entre les blancs et les noirs aux Etats unis, Il a été assassiné. Il raconte qu’un soir, il a reçu un coup de téléphone épouvantable, plein de haine. Il s'est senti découragé. Alors, seul, dans sa cuisine, il a prié. Et là, il s'est senti habité d'une force extraordinaire. Il a repris son combat. Ce chrétien a uni dans sa vie l'amour de Dieu et l'amour des autres. Il a payé cet engagement au prix fort en donnant sa vie' Des hommes comme lui nous disent aujourd'hui que le double amour n'en fait qu'un et qu'il est don de Dieu. Comme le dit Saint Paul, « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

Pièce(s) jointe(s):
Télécharger ce fichier (210509-Homélie_5ème_Dim_Pâques.pdf)210509-Homélie_5ème_Dim_Pâques.pdf[ ]6181 Ko

Ascension 2021

Quel paradoxe extraordinaire chers amis… le Seigneur s’en va et nous sommes invités à la joie ! « Tous les peuples battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! » Dieu s’élève parmi les ovations et non pas au milieu des larmes et des cris.

Au matin de Pâques s’est levé un jour nouveau, dont les premiers rayons commencent à briller au cœur du monde. C’est la joie du matin de Pâques qui doit continuer de nous habiter. Le départ de Jésus, en effet, signifie une proximité plus intense, plus large, plus universelle. Le Seigneur ne s’en est pas allé dans un lieu éloigné des hommes et du monde. L’Ascension n’est pas un voyage dans l’espace… (cf. cierge pascal qui s’élève…) son Ascension signifie que le Seigneur n’appartient plus au monde de la sujétion et de la mort. Il appartient totalement à Dieu, à la droite de qui il siège désormais. Mais avec lui c’est notre condition humaine qui accède à Dieu. Par le Christ tout homme trouve une place en Dieu, à l’intérieur de la vie même de Dieu. Le mystère pascal ne s’achève pas avec la résurrection du seigneur mais avec notre incorporation au Christ. Le mystère de l’Ascension du Seigneur éclaire le mystère de notre propre ascension.

Le cœur au ciel

L’Ascension de Jésus est une invitation à l’ascension de nos cœurs.

Sursum corda !

Dans le sein du père…

Aujourd’hui le Christ, qui reste l’un d’entre nous, vit devant le père et nous entraîne dans son Ascension pour nous faire habiter là où son Ascension aboutit : dans la joie de la Sainte Trinité.

Contempler et porter un regard surnaturel sur les événements.

Les pieds sur la terre

Nous voici élevés au plus haut des cieux par Jésus qui nous y attire. Il n’y a aucun risque de vertige. Si notre cœur est établi au plus haut des Cieux, la première lecture nous montre comment nos pieds restent bien sur terre. Les anges renvoient les disciples à leur quotidien. Cela veut dire que nous ne pouvons rejoindre le seigneur Jésus dans son Ascension qu’en reprenant le chemin de notre existence propre, conduits en tout par son Esprit. Cela veut dire que la joie profonde d’une présence continue de Jésus en nous et avec nous – désormais possible – trouve sa substance qans notre vie quotidienne. L’Ascension n’est pas la séparation de Jésus et de ses disciples, elle n’est pas une prise de distance, elle est au contraire la manifestation d’un rapport nouveau. Cf promesse du don de l’Esprit + continuation de sa mission + finale de Mt « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Comme les disciples soyons dans la joie !

5e Dimanche après Pâques Année B

Portez du fruit : grand refrain de la bible, depuis le premier moment où Dieu regarda Adam et Eve
comme ses propres fruits d'amour : « fructifiez ! » Gn 1/22). ll fut souvent déçu : « ma vigne ! je
comptais sur ses raisins, elle ne m'a donné que du verjus ». Mais, jusqu'au bout, il attendra nos
fruits.

Il attend des raisins d'amour. Dieu doit être
assez fier de voir les inventions de ses fils (notamment
dans le domaine de
la santé), mais il n'est pas fier de leurs guerres I ll nous a créés pour être tout de
suite et éternellement un peuple de gens qui s'aiment, voilà le fruit. Et voilà aussi nos difficultés.
Quand j'étais jeune, on chantait
« c'est si simple d'aimer ». Mais deux guerres, le Golfe, la torture
et l'inexorable montée de l'égoïsme nous apprennent que c'est très compliqué. Surtout si nous nous
lançons dans cette aventure en nous fiant
à nos propres forces, à notre sève. Il faut la sève de Dieu,
c'est la grande leçon que saint Jean nous inculque aujourd'hui : « le sarment ne peut rien produire s'il
ne tient pas à la vigne. Demeurez en moi, en dehors de moi vous ne produirez rien de bon ». Mais,
même branchés sur Jésus,
la vraie vigne, nous avons encore besoin du Père. Bon vigneron, il nous
travaille. Bien reçus, bien vécus,
les évènements sont ses mains. Que de fois nous devrions dire, au
lieu de nous plaindre ou de nous esquiver : « béni sois-tu » !

Nourris de bonne sève et émondés, encore faut-il faire fructifier notre vie, et arrive bien à sa place
notre effort. ll
sera fécond s'il est réaliste et décidé. Réaliste, cela veut dire que nous secouerons les
<< si ». Les vies au conditionnel ne portent pas de fruits. « Si j'étais autrement, si les autres, si la vie... »
Tout cela est parfaitement inutile, parce qu'il n'y a qu'une question utile : en ce moment, là où je
suis, comme je suis, et comme sont les autres avec qui je vis, quels fruits d'amour puis-je produire ?
Et tout de suite ! Après « si » le deuxième grand ennemi de notre fécondité c'est « demain ». Un mot
complètement étranger à I ‘Evangile où ne résonnent que les « aussitôt et les hâtes ». Dont la toute
première est celle de Marie, et cela me touche toujours : « Marie se mit en route et se rendit en
hâte au pays des montagnes » (Lc 1/39) ça y est, l'Evangile est lancé, la vigne va donner. Une autre
hâte, c'est celle de l'apôtre Paul. Après sa conversion, il parle avec assurance, au risque de se faire
arrêter par ses ennemis. « Malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile ». ll travaille hardiment à
l'édification de la communauté des chrétiens.

Et l'apôtre Jean, dans la deuxième lecture, nous rappelle ce devoir de nous aimer, non par des
paroles ou des discours, » mais en actes et en vérité ».

Frères, et notre vigne à nous ? Va-t-elle donner ? La nôtre donnera quand la hâte de produire
bousculera nos atermoiements : indécision, mollesse, supputations à I'infini, idée naïve mais indéracinable que demain sera plus favorable. Or, demain, c'est du vent ! Dieu qui est « l'aujourd'hui » nous a faits pour travailler les belles vignes de nos aujourd'hui.
Essayons de répondre dans le concret de nos vies.
André Auduc
Pièce(s) jointe(s):
Télécharger ce fichier (210502-5e Dimanche après Pâques Année B.pdf)210502-5e Dimanche après Pâques Année B.pdf[ ]79 Ko