12° DIMANCHE du TEMPS ORDINAIRE A – 21 JUIN 2020

Livre du prophète Jérémie (Jr 20,10-13)

« Il a délivré le malheureux de la main des méchants ! »

Psaume 68 « Dans ton grand amour, Dieu réponds-moi ! »

Lettre de St Paul Apôtre aux Romains (5/12-15)

« Le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure. »

Alléluia ! Alléluia ! L’Esprit de vérité rendra témoignage

en ma faveur, dit le Seigneur.

Et vous aussi, vous allez rendre témoignage. Alléluia !

Evangile selon St Matthieu (10/26-33)

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps ! »

Peu avant l’Évangile de ce jour, Matthieu nous décrit l’immense tristesse du Christ devant l'humanité en désarroi et sa volonté de leur révéler l'amour du Père qui fait vivre. "Ils étaient comme des brebis sans berger !» Mc 6-34 D'où son choix d'envoyer, déjà de son vivant, des porteurs de cette Nouvelle Vitale.

            Aujourd'hui, nous connaissons l’essentiel de l’enseignement de Jésus sur la mission qu’il confie aux Douze et à ses disciples… et donc qu’il nous confie à notre tour.

Cette mission de témoignage nous concerne tous

Oui, nous savons bien qu’à travers les douze et les disciples, c’est à nous que cette mission est confiée aujourd’hui. Selon les paroles même de la liturgie baptismale, notre baptême nous constitue prophètes, c’est-à-dire “témoins” de Jésus-Christ. Le disciple, le chrétien n’est pas un porte-parole étranger au message qu’il annonce ! Ce n’est pas un haut-parleur. Il appartient à ce message et il doit supporter les risques d’un témoignage dont il partage la responsabilité. "Enfant de Dieu et de l’Église " selon la doctrine baptismale.

Si la Parole vient effectivement d’un Autre, cette Parole nous pénètre, nous traverse et vient nous habiter avant que nous ne La transmettions à notre tour à d’autres. Le témoin de l’Évangile ne peut être que le reflet de la relation qu’il entretient lui-même avec Dieu par le Christ Jésus. Et Notre témoignage doit être l’expression de l’Esprit Saint qui a investi tout notre être et qui le fait vivre. Reconnaissons LA TRINITE en œuvre, cette Trinité que nous venons de fêter.

Que transmettons-nous ? du vent ou du feu ?

Qui transmettons-nous ? La mémoire d’un personnage d’autrefois ou LE VIVANT ?

Quelle est la qualité de notre témoignage ? Une routine installée, ou un dynamisme percutant ?

Avant de tenir un discours sur Dieu, si beau soit-il, nous avons d'abord à vivre de Jésus-Christ et c’est notre vie qui, alors, sera le premier discours qui sera entendu par les autres. Dieu sait que nous prêtres, nous vous le répétons souvent, au point peut-être de vous fatiguer ou de n'être plus entendu nous-mêmes ! Pourtant, cela est primordial. Vivre de Jésus-Christ, c’est une mission exigeante qui implique l’engagement total. Nous venons de l'entendre de la bouche du Christ lui-même : "Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. "

Se déclarer pour le Christ n’est-ce pas mettre en pleine lumière qui est le Christ et révéler du même coup notre être profond dans sa vérité de fidèle ou de traître à cette parole.

Être chrétien n'est pas de tout repos

Comme les apôtres, les chrétiens peu à peu font l’expérience de l’opposition et de la persécution, même si celles-ci prennent des formes plus subtiles, au-delà de la violence de la torture ou de la mort qu'elles revêtent parfois, encore aujourd'hui. Jean Paul II disait :

" Un chrétien souffre pour la justice quand, en échange de sa fidélité au Christ, il fait l'expérience des humiliations et des outrages, de la dérision dans son propre milieu de vie, incompris parfois même par les personnes qui lui sont les plus chères. Quand on s'expose à être contredit, quand on risque l'impopularité. Il y a le martyre du corps et celui de l'esprit, le martyre de notre vocation et celui de notre mission." 7 juin 1999 à Bydgoszcz, lieu de massacres par les nazis le 03-09-39

Il est bien vrai que lorsque nous acceptons d’annoncer le Christ et d’en témoigner par notre vie, nous acceptons aussi le risque des incompréhensions et des oppositions. Et cela même en société, dans notre milieu de travail, dans notre voisinage, à l’école, au lycée et parfois même au cœur de notre famille. Pensons à la souffrance de tant de parents qui voient leurs enfants faire d'autres choix ou occulter tout ce qui leur a été transmis…

Restons pourtant témoins dans la confiance

Oui, il n’est pas rare que certains de nous perdent cœur et renoncent à leur vocation prophétique, non par volonté délibérée mais par découragement.

C’est que peut-être… nous n’avons pas encore entendu et accueilli pleinement pour notre propre compte, le risque de cette Parole, qui nous dérange nous-mêmes comme elle dérange ceux qui la reçoivent de nous.

Jésus nous invite à la confiance : “Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire. Ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment.” (Mt 10-19) Si nous vivons de lui, notre foi nous fait savoir que sa présence en notre vie est la force et la source de cette confiance. À condition, bien sûr d'alimenter, de développer cette vie par la prière, la méditation, les sacrements ! Ajoutons que sa présence se traduit également par celle de l’Esprit Saint comme il l'a enseigné à ses apôtres quelques heures avant sa mort, au soir du Jeudi Saint.

Deux épisodes de la vie de saint Pierre nous éclairent. Au soir de l’arrestation de Jésus, il renie son maître parce qu’il en reste à ses propres forces. « Je ne le connais pas ! » Mais après la venue de l’Esprit Saint, avec saint Jean, il ose déclarer au Sanhédrin : ”Nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu.” (Actes 4. 30)

C’est bien cela ce que nous avons à vivre parce que nous l’avons accueilli. Cette Parole peut rendre notre cœur brûlant, et comme pour les disciples d’Emmaüs, elle nous donnera de reconnaître le Christ vivant en nous et donc la force d'être de vrais témoins.

Prions pour qu'il en soit de même pour tous ces enfants qui ont renouvelé ces temps les promesses de leur baptême ou qui le feront plus tard ! De même pour les mariés, à qui le célébrant demande : « Êtes-vous disposés à assumer ensemble votre mission de chrétiens dans le monde et dans l’Eglise ? » De même enfin pour les prêtres, pour François et Oswaldo ordonnés dimanche sur qui l’Évêque dira après leur avoir imposé les mains avec tous les prêtres présents : « Répands une nouvelle fois au plus profond d’eux-mêmes l’Esprit de sainteté. Qu’ils soient de vrais collaborateurs des évêques pour que le message de l’Évangile, par leur prédication et avec la grâce de l’Esprit Saint, porte du fruit dans les cœurs et parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

AMEN !                                             Père Yves Bachelet d’après le Père Jacques Fournier

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Dimanche de La Sainte Trinité 2020

Livre de l’Exode (34, 4b-6. 8-9)

« Le Seigneur, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux »

Cantique (Daniel 3, 52, 53, 54, 55, 56))

À toi, louange et gloire éternellement !

Deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (13, 11-13

« La grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit »

Alléluia. Alléluia.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :

au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 16 -18)

« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé »

Cédric était un petit raisonneur. Chaque soir, sa maman passe un moment avec lui avant qu’il ne s’endorme.

- Maman, tu sais ce que c’est : l’infini ?

- oui, un peu. Pourquoi me demandes-tu cela ?

- parce que moi, j’ai trouvé

- dis-moi

- c’est comme la vache qui rit !

- tu racontes n’importe quoi !

- non, maman, sur la boite il y a une vache, et, à ses oreilles, pend une boite sur laquelle il y a une vache et à ses oreilles…

- très bien, dors maintenant

- Mais, ça ce n’est pas le vrai infini. Le vrai infini, c’est le soir quand tu viens m’embrasser avant que je dorme.

- pourquoi c’est l’infini ?

- parce que je t’aime plus parce que tu m’aimes plus et je sais que tu m’aimes plus parce que je t’aime plus, et cela ne s’arrête jamais !

Le vrai infini, il porte un nom : DIEU, Dieu Amour : amour infini !

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Evangile du jour)

« Dieu, tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (1ère lecture-Exode)

Voilà ce que disent les textes entendus à la Messe : un Dieu dont l’amour s’est manifesté en Jésus, et Jésus nous a révélé le projet de Dieu : que nous soyons ses enfants ! que nous partagions sa propre vie ! son intimité ! que nous entrions dans son bonheur infini !

Le Chemin ?

C’est d’appartenir à la famille de Dieu par le baptême, c’est d’être l’Eglise qu’il veut pour le monde, et pour y parvenir, d’accueillir l’Esprit de famille de Dieu. Quand les membres d’une famille s’entendent bien, ça se voit à leur façon d’être unis, à leur esprit commun. Chacun dit du bien de l’autre et a envie de la défendre contre les agressions extérieures.

L’esprit de famille de Dieu, c’est un peu cela. Il nous rend solidaires, désireux d’aimer et de construire, il fait de nous des « fils », il nous donne l’audace d’appeler Dieu « papa » ! Notre Dieu s’est fait tellement proche de l’homme qu’il en fait des « fils », il veut partager avec nous son intimité, sa propre vie : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. »

Nous n’aurons pas trop de toute notre vie terrestre pour comprendre quelque chose de ce grand mystère de l’amour de Dieu qui surpasse toute connaissance. C’est comme si nous voulions essayer de boire toute la mer avec une petite cuillère… c’est démesuré, inouï !

Chers amis, cette fête de la Sainte Trinité nous enseigne plusieurs choses importantes :

  •      1 - Tout d’abord, ceci : animés par l’Esprit nous sommes invités à faire circuler l’amour que Dieu donne à tous. Connaissez-vous la cascade de Brisecou au- dessus d’Autun ? Une année où l’hiver était long et rigoureux, je l’ai contemplée complètement gelée ! l’eau, habituellement si vive, éclatant en gerbes d’écume était pétrifiée, silencieuse, prisonnière de la glace. C’était impressionnant. Eh bien, ne laissez-pas l’amour que Dieu nous donne se pétrifier dans les glaces de l’égoïsme, du laisser-aller, ou de l’indifférence. Ne vivons pas une sorte de confinement « spirituel » ! soyons « chauds » pour Dieu, soyons une eau limpide qui circule et répand la vie partout où elle passe. Pour cela, il faut être alimenté : l’eau qui sera détournée de sa source est condamnée à disparaître. Il faut être branché sur Dieu et son Eglise pour bénéficier pleinement de sa vie.
  •      2 -  L’Amour de Dieu circule par l’intermédiaire des personnes qui l’accueillent et le transmettent, un peu à l’image des joueurs qui font circuler le ballon entre les joueurs. Il ne faut pas se contenter de jouer « personnel », mais profiter de la richesse des dons de chacun. Le terrain, c’est le monde, les joueurs c’est l’humanité dans toute sa diversité et l’arbitre, c’est Dieu avec son Eglise qui a mission de veiller sur la bonne marche du match de la vie.

Puissions-nous, chrétiens, être encore plus visage de l’amour de Dieu, dans l’esprit de l’Evangile, afin que le monde croie.

Père André AUDUC

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DIMANCHE 24 MAI 2020  *  7ème DIMANCHE DE PÂQUES

Livre des Actes des Apôtres (1, 12-14)

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière »

Psaume 26

« J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. »

Première lettre de saint Pierre apôtre (4, 13-16)

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous »

Alléluia. Alléluia. « Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;

je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. » Alléluia

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 1 b -11 a)

« Père, glorifie ton Fils »

Nous venons d'entendre ce que la Tradition appelle "la prière sacerdotale de Jésus". Au moment d'entrer dans le grand silence de la Passion, le Christ, à haute voix, parle à son Père. Il prie. Et cette prière est une spirale d'amour, un tourbillon de feu qui nous absorbe et nous entraîne au cœur même du cœur du Père, car nous sommes présents dans cette prière du Christ.

D'ailleurs entre ascension et Pentecôte, temps de l'absence du Christ marqué d'une promesse, temps de l'attente et de l'espérance, tout parle de prière !

La nécessité de la prière, l'urgence de la prière ! Ils étaient "assidus à la prière…" nous ne savons plus bien ce que cela veut dire avec nos arrivées parfois tardives, nos participations irrégulières, aléatoires, nos places clairsemées, éloignées ou distantes malgré le geste de paix, nos départs prématurés… Je caricature….

Assidus à la prière ! Le Christ prie son Père et au cœur de sa prière, il y a l'Homme, toute l'humanité, hommes, femmes, enfants : "Je prie pour eux, pour ceux que tu m'as donnés. Donne-leur la vie éternelle – la vie éternelle c'est qu'ils te connaissent, Toi et Celui que Tu as envoyé !»

Le monde de la prière est le monde de la relation, de la con-naissance –naître avec-, de la com-union –être en union avec. Cette relation, cette connaissance, cette communion, elle naît d'un échange, elle ouvre sur un échange, un don (et nous sommes là si près du sacrement de mariage). "J'ai fait connaître ton nom aux hommes… ils ont gardé fidèlement ta Parole… maintenant ils savent… ils ont cru…" Jn 17/8

Voilà la vie éternelle déjà commencée en nous et par nous.

Cette vie éternelle résulte d'une double démarche : celle de Jésus qui la donne et celle de l'homme qui accepte de la recevoir et en vit au quotidien par la foi. D'où cette accumulation de verbes-actifs : (vous les avez lus, entendus, je les rappelle) connaître, garder, savoir, recevoir, croire, ce qui veut dire que la vie éternelle n'est pas quelque chose qui se situerait au-delà de la mort, mais qu'elle s'épanouit déjà dans la lumière d'une vie quotidienne toute disponible à cet accueil de la grâce !

            Devant ce courant d'amour de Dieu, j’ai envie de dire -ce torrent d’amour- l'homme reste pourtant libre : souvenons-nous : "la lumière est venue dans le monde et les ténèbres ne l'ont pas accueillie."

En chacun d'entre nous il y a une part de ténèbres qui parfois n'accueille pas le Christ selon son attente. C'est pour cela qu’il prie son Père afin que la lumière existe et qu'elle vienne en chaque homme : "Pour qu'ils aient ma joie en plénitude" ajoute-t-il. "Je prie, Père, pour ceux que tu m'as donnés parce qu'ils sont à toi ; garde-les dans ton nom… et il avait déjà dit : "pour qu'ils aient la vie en abondance."

Avez-vous enregistré les mots-clefs : connaissance, communion, vérité, lumière, joie, nom, tout cela englobé dans le maître-mot 'la gloire' qui est la densité, le poids de l'amour en acte !

D’où la Parole du Christ "Père, je t'ai glorifié sur la terre, car j'ai accompli l'œuvre que tu m'avais donnée à faire."

Parole qu'il allait ratifier le lendemain au Golgotha en cet ultime expression « Tout est accompli !»

            Et voici désormais que la mission nous incombe. À nous maintenant d’accomplir cette œuvre parmi et pour les hommes, nos frères : n'a-t-il pas dit : "Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde… je prie pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi".

Dimanche dernier, l'Apôtre Pierre nous disait : "Soyez capable de rendre compte de l'espérance qui est en vous !" C’est à nous qui portons le nom de Chrétien que Pierre nous le demande aujourd'hui : à nous d'annoncer la Parole de Vie, et il ajoute : "Pour que tout homme soit en communion avec nous, comme nous, nous sommes en communion avec le Père par le Fils."

À nous, non seulement de dire mais de montrer, au nom de notre foi de chrétien, que la vie humaine se construit dans la relation vraie, se nourrit de communication, est communion. Tout l'édifice repose sur la confiance. Je crois en l'autre parce que j'ai confiance en lui. J'ai confiance en lui parce que je sais qu'il n'a pas le désir de me tromper même s'il est faillible… Par la confiance donnée, la liberté de chacun et le respect de l'autre deviennent les maîtres-mots. La communication se nourrit alors de vérité. La relation devient communion, union respectueuse du parcours et de l'intime de chacun.

Faut-il préciser que ce qui vaut des relations entre les personnes, vaut tout autant pour la société entière et les relations entre nations ! N’est-ce pas ce que nous sommes en train de découvrir à travers cette pandémie provoquée par un minuscule virus ?

Le Chrétien serait infidèle à sa foi s'il n'offrait au monde ce qui le libère. Il ne faut pas garder le don de l'Évangile, don d'amour et de vérité, uniquement pour soi-même. On doit l’offrir !

L'Apôtre Jean, dès le début de l'Eglise, témoigne que si l'être humain est un être de relation, de communication, de communion, c'est parce que Dieu l'est lui-même et qu’il nous appelle à communier à sa vie. Comment alors ne pas proclamer cette Bonne Nouvelle sur les toits ? Comment ne pas partager une telle foi, une telle espérance, un tel amour avec toutes et tous ?

            Dans un monde en quête de sens, notre devoir, notre mission est de témoigner par tous les moyens que la Vérité est Jésus Christ et que cette Vérité rend libre.

Que l'Esprit Saint nous donne le courage de le faire ! AMEN !

Père Yves Bachelet

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PENTECÔTE 31 MAI 2020

Livre des Actes des Apôtres (2, 1-11)

  • « Tous furent remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler »

Psaume103 « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! »

Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (12, 3b-7. 12-13)

  • « C’est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps »

VENI CREATOR SPIRITUS : Viens, Esprit Saint, en nos cœurs

et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.

Alléluia. Alléluia.

  • « Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles !

Allume en eux le feu de ton amour ! » Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(20, 19-23)

  • « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint »

Au matin de la Pentecôte, les apôtres étaient confinés. Confinés à cause d’un virus. Un virus qui s’appelle la peur. Les apôtres avaient peur. Peur des autorités juives qui avaient livré Jésus à Pilate. Pour avoir suivi Jésus, les disciples se savaient repérés. Ils n’avaient pas beaucoup d’amis à Jérusalem, sauf, sans doute, celui qui les hébergeait depuis le Jeudi Saint. L’homme avait mis à leur disposition une grand salle toute équipée. On l’appelait la chambre haute. C’est là, qu’au cours du dernier repas, Jésus avait institué l’Eucharistie après avoir lavé les pieds de ses disciples. Là que Jésus les avait longuement entretenus avant de descendre au jardin des oliviers. Là, que le soir de Pâques, il leur était apparu, toutes portes closes, et s’était fait reconnaître à ses plaies. Avec la résurrection, Jésus réalisait sa promesse et répandait sur eux l’Esprit Saint. Cela dit entre Pâques et Pentecôte, les disciples en prière ont trouvé le temps long. Confinés dans l’attente de l’Esprit. Remplis d’inquiétude : de quoi demain sera-t-il fait ? Auraient-ils assez de courage pour témoigner de ce qu’ils avaient vu et entendu ?

Comme Pâques, Pentecôte était à Jérusalem une fête de pèlerinage. On faisait mémoire du don de la Loi, ces fameux dix commandements que Dieu avait donnés à Moïse. On célébrait aussi les moissons avec l’offrande des premières gerbes. A l’époque, outre les Juifs de Palestine, montaient à Jérusalem les Juifs de la dispersion : ceux qui habitaient d’autres pays parfois lointains et qui faisaient le déplacement pour adorer le Seigneur. Ce matin-là, il y avait foule dans les rues. C’est à ce moment que se produit l’évènement qui donne naissance à l’Eglise. L’Esprit se manifeste à grand bruit : de quoi réveiller les endormis ! il dépose sur chacun une langue de feu. Que sont ces langues de feu ? Des langues d’abord. Des langues pour parler. Des langues à l’image d’un monde multiple, riche de la diversité des cultures. Le message est clair : l’Evangile s’adresse à tous. Et le feu ? C’est l’amour. L’ardeur. Le courage. Ces hommes apeurés ne craignent plus personne. Les voilà dans la rue. Au milieu de la foule. Ce Jésus mort et ressuscité, ils l’aiment. Ils l’annoncent. Les hommes, les femmes venus d’un peu partout, ils les traitent en frères. L’amour devient Parole. Parole de vie. Pierre, le pêcheur du lac, le timide au verbe embarrassé ne craint plus de s’adresser en public à des interlocuteurs qu’il ne connaît pas. L’Esprit fait de lui un témoin. Quelques jours plus tard, les Juifs du grand conseil, ceux qui ont livré Jésus et menacent ses amis, reconnaissent, stupéfaits, que des hommes simples et peu versés dans l’Ecriture leur tiennent tête. Ils s’en émeuvent… L’un d’entre eux, un sage, les avertit : si cette annonce vient des hommes, elle ne tiendra pas. Si elle vient de Dieu, rien ne pourra l’arrêter.

Nous connaissons la suite. Nous la connaissons de l’intérieur. Elle nous concerne aujourd’hui. Si nous sommes là, c’est au nom de la foi. Si nous parlons, c’est au nom de la charité. Malheur à nous si nous occultions le message par peur, paresse ou lâcheté. Confinés, nous avons redécouvert les vertus du silence. De la prière, peut-être… De la solidarité. Des proches nous ont manqué. Des personnes ont été malades. Certaines sont mortes dans la solitude. Nous ne sommes pas indemnes. Allons-nous recommencer comme avant ? En un mot faire comme si… Comme si rien ne s’était passé ? A nous, aujourd’hui, de recevoir le message de la Pentecôte. Puisque nous avons retrouvé l’usage public de la parole, qu’allons-nous en faire ?

Quelle part pour la louange et pour la gratuité ? Quelle part pour l’audace, l’envie de dire et de construire, sortir de la grisaille et de l’anonymat ? Serons-nous une Eglise anesthésiée ou un peuple assez fou pour clamer sa foi et trouver les mots de l’Evangile ? Notre monde incertain, tenté par ses démons familiers, a besoin de témoins. Peut-être avons-nous du mal à nous en persuader… La paresse spirituelle est aussi sale que la suie. Elle est indolore. Nous ne la sentons pas. Pentecôte est plus qu’une piqûre de rappel. Un séisme intérieur. Une nouvelle naissance. A pas comptés, malgré le masque et les distances obligatoires, comme des convalescents, n’ayons pas peur.

Dieu est plus grand que notre cœur.

Père Georges AUDUC

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DIMANCHE 10 MAI 2020 * 5° DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE A

Actes des Apôtres (6, 1-7)

« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint »

Psaume 32

« Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! »

Première lettre de saint Pierre apôtre (2, 4-9)

« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal »

Alléluia. Alléluia.

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.

Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 1-12)

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »

L'Évangile que nous venons d'entendre est un extrait du long discours de Jésus après la Cène qui commence après le lavement des pieds et qui s'achève par la grande prière sacerdotale du Christ (les chapitres 13 à 17 en St Jean). Ensuite ce sera le jardin de l'agonie, puis les événements que nous savons.

Ce discours, Saint Jean le fait commencer avec grande solennité et grande émotion : "Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde les aima jusqu'à la fin. Au cours d'un repas…" vous connaissez la suite.

            Ce qui nous vaut l'accroche, le résumé bien modeste de ce jour et presqu’insignifiant : "A l'heure où Jésus passait de ce monde à son père, il disait à ses disciples…" Il faut entendre : … Avant la fête de la Pâque…

           

Ce qu'il dit, nous l'avons entendu…

L’annonce de son départ avec des mots d'une infinie tristesse mais d'un si grand réconfort, déjà tout remplis d'espérance et de la promesse d'une joie infinie… parce que d'une éternelle gloire. Souvenons –nous lorsque l’un de nos proches nous a quittés-, souvenons-nous de ses dernières paroles que nous aimons à nous redire en famille et dans le secret du cœur. (Ce qui rend si douloureuse et quasi inhumaine la fin -en grande solitude- de nos défunts en ces temps de pandémie !) Il en va de même avec Jésus ! Ses proches nous ont gardé et transmis ses ultimes paroles :

  • Je n'en ai plus longtemps à être avec vous
  • Vous me chercherez
  • Aimez-vous les uns les autres
  • Ne soyez donc pas bouleversés
  • Je pars vous préparer une place
  • Je reviendrai vous prendre avec moi
  • Là où je suis, vous y serez aussi
  • Pour aller où je m'en vais vous savez le chemin."

Ce texte est souvent choisi par des familles pour les funérailles. Blessés par la mort d'un être cher, on se retrouve devant ce départ dans l'inquiétude de l'après mort, du devenir de notre disparu, et un jour, de notre propre devenir. La question de Thomas est la nôtre : "Nous ne savons pas où tu vas ! Comment en connaître le chemin ?»

La tentation est grande de se rassurer à bon compte et en définitive de nier la difficulté, voire l'angoisse, la révolte, le refus de croire.

On nous propose, parfois, un texte aussi lénifiant qu'il est faux, attribué à Péguy, Augustin, St Exupéry, mais qui est d'un Irlandais écrit en 1910.

Il commence ainsi : "La mort n'est rien, je suis seulement passé dans la pièce à côté. Ce que j'étais pour vous je le suis toujours. Je ne suis pas loin. Juste de l'autre côté du chemin."

Je n’aime pas ce texte ! Le Christ nous entraîne ailleurs et nous promet un changement radical, j'allais dire révolutionnaire parce qu'impensable, inimaginable : tout simplement entrer dans l'intimité du Père et du Fils grâce à l'action de l'Esprit de Vie.

"Je pars vous préparer une place dans la maison de mon Père !" Rien à voir avec la pièce d'à côté ! "Là où je suis, vous y serez aussi" il s'agit bien d'un ailleurs inespéré tant il est d'une autre nature. Je le soulignerai dans l'oraison de l’Offertoire : « Dans l'admirable échange du sacrifice eucharistique, tu nous fais participer à ta propre divinité. » (Cohérence, logique interne de la liturgie…)

Jésus propose à chacun d'entre nous et à tous les hommes de bonne volonté, d'entrer dans la communion divine de la Trinité. N’est-ce pas ce que vient de nous dire St Pierre : « Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. »

Jésus n'est pas là pour indiquer seulement le chemin comme le souhaite et l'attend Thomas avec son GPS. Il n'est pas une simple signalisation, une simple référence, une simple morale. (Ce à quoi, on réduit souvent le Christ et son message)

JESUS est celui qui nous introduit, qui nous fait entrer avec lui, par lui, et en lui. Il est, il EST LE CHEMIN, mais aussi LA PORTE, tant sa mission est de donner accès au Père. Apprécions aussi la force et la précision de la réponse du Christ :

"Moi, je SUIS le chemin, la Vérité et la Vie"

Je suis le chemin, il existe en tant que tel, différent du Père.

Je suis la Vie, il est aussi l'identique au Père qui est le Vivant, le Dieu des Vivants, Celui qui engendre éternellement…. Père et Mère.

Je suis la Vérité : il possède l'Esprit de vérité qu'il nous envoie, CELUI qui nous rendra libres en nous faisant accéder à la Vérité.

Tout cela se résume dans ce "Vous me connaissez" du Christ en réponse au « Montre-nous ! » de Philippe qui cherche une direction, un lieu, un ailleurs !

Et Jésus qui nous ramène au présent, à l’aujourd’hui, au "Qui me voit, Philippe, voit le Père !» « Vivre l’aujourd’hui de Dieu » ce fut le premier livre de frère Roger de Taizé en 1959 !

Vivre aujourd’hui pleinement dans le monde et dans l’Eglise sur ce chemin quotidien de la Vérité qui EST Vie ! Est-il nécessaire de dire l’urgence de vivre avec ardeur chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde de notre vie, si brève ou si longue soit-elle ! Quel gâchis dans nos vies ! « Soyez saints comme moi je suis saint !» nous disait Dieu en début de carême. Où en est notre sainteté !

 

Un mot encore pour souligner le projet de Dieu qui est de libérer toute l’humanité, celle d'hier, d'aujourd'hui et de demain, de tout esclavage physique ou moral et donc terrestre.

Ce projet, il est contenu dans le mystère de notre "solidarité en Jésus Christ’’ qui nous dit : "Nul ne va au Père sans passer par moi". "C'est le Christ total" dira St Augustin, "nous avec lui, par lui." "C'est, dira Paul, la création toute entière qui gémit dans les douleurs d'un enfantement qui dure encore." "C'est, dira Teilhard de Chardin, la lente montée de l'humanité jusqu'au point Oméga."…

Mais… ô merveille, par cet évangile, je suis aussi autorisé à dire " le Christ ne va pas vers le Père SANS nous ! "

N'est-ce pas le sens de ce "Là où je suis vous y serez aussi" et "je reviendrai vous prendre avec moi !" ?

            Alors, frères et sœurs, pourquoi avoir peur ? Pourquoi douter ? Pourquoi être bouleversés ?

Je termine avec Paul : "Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ".

Rien ? Rien sinon NOUS ! Sinon notre liberté mal utilisée !

Sinon notre péché !

AMEN !

Père Yves Bachelet

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