Dimanche 29 décembre 2019 LA SAINTE FAMILLE

Première lecture Celui qui craint le Seigneur honore ses parents Si 3, 2-6.12-14
Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Ps 127 (128), 1-2, 3…
Deuxième lecture Vivre ensemble dans le Seigneur Col 3, 12-21
Évangile « Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » Mt 2, 13-15.19-23

L’année s’achève.

Comme sur un seuil, on se retourne encore une fois pour regarder… se souvenir des faits marquants, entassés dans un passé qui ne nous appartient plus. Et cela à tous les échelons, personnels, mais aussi sociaux, collectifs, mondiaux !

Des faits joyeux, pleins de dynamismes et d’espoirs, mais souvent des faits difficiles, dramatiques et c’est peut-être ceux-là dont nous nous souvenons le plus !

Catastrophes naturelles, soulèvements politiques, drames familiaux, inquiétudes sociales, problèmes sanitaires, famine et sous-nutrition, planète qui part a volo !

                   

Et la nouvelle année qui approche… va-t-elle changer quelque chose à cette litanie ? Mais ce matin, que nous dit la Parole de Dieu ?

En ce dernier dimanche de l’année civile, on ne voit qu’une petite famille en situation précaire. Pourtant on ose l’appeler « Sainte Famille » et depuis 20 siècles on nous la donne en exemple, elle qui est la plus singulière de toute l’humanité !

Souvenez-vous de l’Évangile de la nuit de Noël :

Dans un ciel en effervescence tout rempli de lumière, d’anges, de chants, de gloire, nous entendons cette parole des plus inattendues dans sa simplicité :

« Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Quoi de plus banal en effet que ce bébé. Il en nait plus de 4 par seconde, soit 380 000 par jour dans le monde.

Et pourtant ce petit enfant, unique avènement d’une vie Nouvelle dans ce cadre si particulier, naissance symboliquement située au moment où le jour reprend l’avantage sur la nuit est pour nous chrétiens une immense raison d’espérer. Une attente patiente de plusieurs générations de croyants est « récompensée », même si le Messie naît dans des conditions de précarité et de dénuement inattendues, justement parce qu’il nait ainsi, pauvre parmi les pauvres !

La nuit de Noël, le Pape François disait : « Posons le regard sur l’Enfant –vulnérable parmi les plus vulnérables- et laissons-nous envelopper de sa tendresse. » La tendresse… ce dont notre monde a le plus besoin !

Les évangiles sont discrets sur la naissance de Jésus que Luc et Matthieu situent à Bethléem. Seuls ces deux évangélistes relatent les conditions et l’environnement de l’événement. Luc insiste sur l’attitude de Marie qui accueille avec une confiance sans faille une maternité défiant le principe de réalité.

Aujourd’hui, Mattieu nous invite à reconnaitre le rôle éminent joué, rempli par Joseph. Et cela peut nous aider à mieux vivre notre propre existence.

Matthieu retient le consentement de Joseph qui rend possible l’inscription de Dieu dans une généalogie humaine. L’arrivée illégitime de cet enfant dans un couple non marié est un scandale pour la société d’alors. Joseph, confronté à la réalité d’un contexte légal et religieux défavorable, choisit, dans le silence de la nuit, de faire confiance. Son discernement entre la loi des hommes, celle du cœur et celle de Dieu va être déterminant. Ce qui est attendu depuis des générations est « ici et maintenant » pour lui.

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse… il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ! »

« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte…Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,

« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant…Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. »

Chez Joseph, l’accueil de l’imprévu revêt un aspect singulier. Ses projets immédiats sont bousculés. Mais cet enfant « tombé du Ciel » fait de lui un père. Il est celui qui va donner son amour, un nom, une identité à Jésus de Nazareth. Il sera « le fils de Joseph » !

C ‘est par lui, que Jésus, « le Seigneur qui sauve », devient pleinement homme. Par ce père adoptif, lui sont donnés une famille, une maison, un pays, des racines. On peut lire dans le prologue de l’évangile de Matthieu que Jésus, d’engendrement en engendrement, s’inscrit dans la généalogie d’Abraham et de David et de fait dans le peuple de Dieu.

Jésus est engendré grâce à l’amour et la confiance de deux êtres ancrés en Dieu. Retenons, chez Joseph et Marie, cette force de vie alliée à la confiance réciproque et à la foi capable de faire tomber les obstacles de la loi des hommes. 

Le OUI de Joseph conjugué au OUI de Marie était nécessaire à la plénitude de l’événement. Désormais, c’est une grande part de la personnalité de Jésus –Fils de Dieu- qui va être forgée au cœur même de cette famille d’accueil.

Le nom de Joseph disparaît petit à petit dans les Écritures. On ne le retrouve plus au-delà des récits de l’enfance de Jésus…, effacement nécessaire pour que l’autre soit.

Plus tard, c’est le Baptiste qui diminuera pour que grandisse ce même Christ.

            Retenons deux choses :

Risquer et protèger la transmission de la vie -d’une façon ou d’une autre- est le gage « d’une mystérieuse foi dans l’homme. »

Accueillir un enfant, mais aussi accueillir l’aujourd’hui de Dieu en nos vies, c’est accepter la responsabilité d’une autre vie, d’autres vies que la sienne, unique, singulière … et accepter, un jour, de se dessaisir de son a-venir".

N’est-ce pas cela bâtir une communauté ? N’est-ce pas cela qui nous est demandé à l’aube d’une nouvelle année par Dieu lui-même ? À l’exemple de Joseph et Marie, accepter en nous et par la foi, dans la foi, l’irruption de Dieu dans ces vies des frères et sœurs qu’il nous donne à chaque instant. Avec l’aide de son Esprit, il en adviendra certainement tendresse, paix, bonheur joie et plénitude ! AMEN !

Père Yves Bachelet

                                                                                                                                        

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Noël - homélie du jour - Loisy 2019

“Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire”…

Au cœur de la nuit la lumière divine a resplendi, un enfant nous est né ! Notre joie est grande frères et sœurs, parce que Dieu nous fait cadeau de son fils. Il nous donne la vie, sa propre vie, dans la fragilité d’un enfant ! C’est un cadeau extraordinaire parce qu’il est inépuisable et indestructible. La fête de Noël, c’est la célébration de Dieu prend notre chair pour redonner vie à l’humanité en détresse…

En Jésus nous recevons la vie mais encore trois autre cadeaux… la Parole, la Lumière, la Gloire.

La Parole de Dieu

Au commencement était le Verbe la Parole de Dieu, et le Verbe était Dieu. En Jésus enfant, nous sommes invités à accueillir la Parole de Dieu. Une parole bien fragile, la parole d’un enfant…

Souvent, dans le passé, nous dit la lettre aux Hébreux, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées… Aujourd’hui il nous parle en son Fils. Dieu ne se contente pas de nous envoyer un porte-parole, il vient lui-même nous porter sa parole. Parole intérieure, parole éternelle qui, à travers les mots de l’Evangile, résonne encore et toujours à nos oreilles ! Nous sommes invités à écouter cette parole divine, pour la méditer, la faire repasser sur nos lèvres, la garder dans notre cœur, à nous en nourrir pour accueillir la présence du Seigneur qui nous parle au plus profond de notre être. Dieu, en Jésus nous adresse une parole qui fait vivre, qui crée et qui libère ! Par la Verbe, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

La lumière de Dieu

En lui, poursuit S. Jean, était la vie, et la vie était la lumière des Hommes ; la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

La Bonne Nouvelle de la naissance de Jésus est une lumière dans nos vie, une lumière qui brille dans les ténèbres et que rien ne peut arrêter : ni notre fragilité, ni notre péché, ni même la mort. L’amour n’est pas aimé et pourtant l’amour triomphe toujours...

La lumière divine qui rayonne de l’enfant Jésus nous réchauffe ; elle nous conduit et nous transforme en lumière bienfaisante pour nos frères. Cette lumière n’est pas aveuglante, elle brille tout simplement pour qui veut bien l’accueillir : les bergers alertés par les anges, des mages guidés par l’étoile. S. Jean nous dit que tout homme est éclairé par cette lumière, c’est-à-dire que le Seigneur est venu pour aimer et sauver tous les hommes. A nous de réfléchir cette lumière sur le visage de ceux qui ne l’ont pas encore découverte, à commencer par les membres de nos propres familles en ces jours où souvent nous nous réunissons...

La Gloire de Dieu

Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons sa gloire, la gloire qu’il tient de son père. A nous qui avons commencé de croire en la présence de Dieu et de son action dans nos vies, il est offert de contempler la Gloire de Dieu, dès à présent. Qu’est-ce que cela veut dire ? En Jésus, Dieu se donne à voir. Et plus encore dans la fragilité et la tendresse d’un enfant, il nous sa Gloire à contempler. La Gloire de Dieu ce ne sont pas les foudres et les éclairs de sa puissance, la gloire de Dieu c’est tout simplement la réalité de sa présence, c’est le sentiment intime et profond de sa présence dans ma vie, de sa Vie qui s’unit à la mienne. La Gloire de Dieu, dira S. Irénée, c’est l’homme vivant ! C’est l’enfant Jésus dans la crèche, c’est chacun de nous qui accepte d’accueillir la paix, l’amour, la vie de Dieu.

Dieu est venu sur cette terre il y a 2000 ans en s’incarnant. Mais Dieu vient à chaque instant dans notre vie et il reviendra à la fin des temps pour nous faire entrer définitivement dans son Royaume.

Dans la première venue, Jésus-Christ partagea l’existence des hommes de son temps et conversa avec eux. Aujourd’hui Dieu vient dans le secret de nos cœurs.

Autrefois il est venu dans notre chair et dans notre faiblesse, aujourd’hui il vient en esprit et en vérité. Arrêtons-nous un instant devant la crèche pour nous laisser saisir par la beauté de l’enfant Jésus qui vient nous sauver, aujourd’hui, et nous faire partager sa vie divine !


15 DÉCEMBRE 2019 3e DIMANCHE DE L’AVENT

Lecture du livre du prophète Isaïe (35, 1-6a.10)

                                                                                                                                                                                                                     Psaume 145 “Viens, Seigneur, et sauve-nous !”

Lecture de la lettre de St Jacques (5, 7-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

            Jean Baptiste est  en prison. Il se sait menacé. Il a osé critiquer le roi Antipas à cause de ses aventures conjugales. Sa nouvelle épouse, Hérodiade, va bientôt obtenir sa tête.

             Jean-Baptiste est inquiet. À l’époque où il prêchait et baptisait, il avait reconnu en Jésus de Nazareth le messie d’Israël.

           Or Jésus ne ressemble pas au messie annoncé. Jean rêvait d’un juge souverain, apte à chasser les païens qui occupaient Israël, un juge qui punirait les pécheurs et récompenserait les justes. Jésus n’a pas le profil.

         Le Baptiste envoie deux disciples à la rencontre de Jésus avec une question angoissée : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

           Jésus n’est pas surpris. Il attendait la question. Il répond par des faits : « Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »

           Cela, le prophète Isaïe l’avait annoncé. Nous ignorons si Jean Baptiste a été rassuré. Mais, en Israël, d’autres que lui sont déconcertés par les paroles et le comportement de Jésus.

            Les miracles ne surprenaient personne car dans l’histoire juive, plusieurs prophètes en avaient accompli.

           Par contre, l’attitude de Jésus vis-à-vis des pécheurs et des exclus a scandalisé les docteurs de la Loi. Le contenu de sa prédication indisposait les prêtres du Temple. Jésus se savait surveillé par Hérode Antipas qui craignait les mouvements de foules et par les chefs juifs peu enclins à supporter un contestataire de l’ordre qu’ils avaient établi.

            Jésus, d’ailleurs, ne manque pas de relever ce climat de tension : « Heureux celui qui ne se scandalise pas à cause de moi. »

          La visite des envoyés de Jean-Baptiste donne à Jésus l’occasion de saluer le prophète. Il dit son estime et son admiration pour un homme qui vivait en ascète dans le désert et dont la voix puissante appelait à la conversion. Jésus connaissait la réputation du Baptiste. Il avait vu de ses yeux le cortège de celles et ceux qui demandaient le baptême. Pour Jésus, Jean est un homme de Dieu aussi grand qu’Elie. Plus grand encore et reconnu comme tel. Mais, avec Jean, s’achève l’Ancien Testament.

            Jésus inaugure une ère nouvelle, ouverte non seulement à Israël mais à l’humanité entière. Avec lui, le Royaume de Dieu est déjà là. Il est le Fils. Il est la source. Quiconque boit à la source reçoit de lui la vie éternelle.

            Avec ce passage d’Évangile, nous accueillons l’appel de Jean Baptiste à la conversion. Certes nous ne partageons plus l’attente fébrile des Juifs de son époque. Le messie est venu. Il a triomphé de la mort. Mais Jean nous laisse un message que Jésus vient amplifier. Il nous demande d’aimer Dieu et nos frères d’un même amour.

            Nous ne guérissons pas les malades comme Jésus l’a fait. Mais, à sa suite, nous pouvons servir ceux qui souffrent dans leur corps, leur tête et leur cœur. Comme lui nous rendre proche de ceux que la société met à l’écart.

           Nous ne disposons pas de la force du Christ pour chasser le démon. Mais nous recevons son Esprit. C’est l’Esprit-Saint qui nous donne de discerner la volonté de Dieu, la force de débusquer en nous le mal, le courage nécessaire pour en dénoncer les méfaits dans notre monde.

            Nous ne pardonnons pas spontanément les offenses, surtout quand des propos malveillants nous blessent et nous humilient. Pourtant en priant le Notre Père -qui est la prière de Jésus- nous demandons les uns pour les autres la force de pardonner à notre tour.

            En ce temps de l’Avent, alors que nous traversons l’épreuve avec le sentiment de ne pouvoir sortir de la nuit, l’appel de Jean et de Jésus à la conversion résonne à nos oreilles comme un encouragement.

            Le baptême de Jean était un rite de passage. Il avait pour but de préparer le chemin du messie. Le baptême chrétien nous agrège à Jésus. Avec Lui, nous faisons corps. Nous recevons de lui la qualité du regard, la capacité d’entendre les cris des hommes et des mains pour servir. Heureux sommes-nous de ne point nous scandaliser à cause de Jésus. Heureux aussi de ne point décevoir celles et ceux qui nous voient vivre.

           Un mot revient en ce temps de l’Avent : prophète. Le prophète est d’abord un lecteur de l’actualité. Lecteur croyant, attentif à la Parole de Dieu.

           Dans le fatras publicitaire qui nous vante aujourd’hui les paillettes de la consommation et tue l’esprit de Noël, allons-nous garder raison ?

           Il est temps d’y penser.

           Nous sommes tous prophètes !

Père Georges Auduc

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Noël - homélie de la nuit - Romenay 2019

C'est l'histoire d'un petit bouffon. En cette nuit de Noël, après l'annonce des anges et le grand silence qui a suivi, il se décide comme tant d'autres à aller voir l'Enfant-Dieu qui vient de naître et prend avec lui comme présent, son chapeau à clochettes et une rose. En chemin, il rencontre un aveugle tout triste. Il lui dit : «Pourquoi es-tu triste ? On ne peut pas être triste en cette nuit de Noël !» «C'est que je suis aveugle et que je ne peux pas voir l'Enfant qui vient de naître». «Écoute je t'offre ma rose, si tu ne peux voir tu peux la sentir. Alors quelque chose de la joie de Noël viendra rejoindre ton cœur.» Alors l'aveugle sentit le merveilleux parfum de la rose et la joie vint sur son visage. Puis le bouffon repartit et en arrivant à Bethléem, il voit des enfants jouer.

Mais un enfant était resté sur le côté tout triste et ne jouait pas avec les autres enfants. Le bouffon lui dit : «Pourquoi es-tu triste et ne joues-tu pas avec les autres en cette nuit de Noël ?» «Les autres ne veulent pas jouer avec moi». «Écoute, je t'offre mon chapeau à clochettes, prends- le». L'enfant prit le chapeau à clochettes et le secoua pour le faire sonner, puis il le mit sur sa tête et la secoua. Alors les enfants vinrent jouer avec lui et la joie se vit sur le visage de l'enfant. Puis le bouffon continua. Il arriva à la crèche un peu désolé car il n'avait plus rien à offrir à l'Enfant Jésus. À la crèche il y avait déjà beaucoup de monde.

Les bergers et leur troupeau étaient déjà arrivés et chacun avec son présent. Le bouffon arriva tout devant. Là, Joseph s'occupait du bœuf qui n'avait plus de mangeoire et Marie avait l'Enfant dans ses bras et n'avait pas les mains libres pour accueillir les présents. Le bouffon dit :

«Sainte Vierge, je viens les mains vides car j'ai tout donné». Alors dans les mains vides que le bouffon présentait, Marie mit l'Enfant, le plus beau des cadeaux !

Chers amis, comme le bouffon, présentons au Seigneur nos mains vides, les creux, les pauvretés de nos vies, offrons-les lui en cadeau car il aime nos pauvretés, il est venu les épouser. Il les aime car Il voit en elles non la misère mais un lieu où l’Amour peut se lier à nous et jaillir en lumière. Ce soir Dieu nous pose une question : est-ce que tu m’aimes ? C’est-à-dire, crois-tu que je puisse venir transformer ton existence au point de la rendre définitivement belle et joyeuse ?

Le nom que porte cet enfant nous dit tout ce qu’il peut accomplir. Vous avez entendu dans le livre d’Isaïe le nom qu’il porte : Merveilleux conseiller, Dieu-fort, Prince de la paix, Père à jamais. Et nous pourrions ajouter le nom que l’ange lui donne lorsqu’il s’adresse à Joseph : Jésus ie Dieu sauve et Emmanuel ie Dieu avec nous !

Si tu as peur d’être seul ou abandonné… accueille ce soir en Jésus Dieu-avec-nous !

Si tu es un peu perdu, à la recherche de la finalité de ton existence, si tu essaie de décrypter le sens de la marche du monde… accueille en Jésus le Merveilleux conseiller !

Si tu te sens faible, pas vraiment à la hauteur des situations qui se présentent en famille ou dans ta vie professionnelle… accueille en Jésus le Dieu-fort !

Si tu es agité, inquiet pour toi ou pour tes proches, tourmenté, angoissé… accueille en Jésus le Prince de la paix !

Si tu as le sentiment d’être orphelin, déraciné, soi tes repères vacillent… accueillons par Jésus le Père à jamais.

Ce soir, chers amis entrons dans la vraie joie, la joie d’une rencontre qui change tout.

Cette nuit, comme le bouffon, en accueillant l’enfant Jésus, ne  regardons plus nos misères mais cherchons plutôt à soulager celles des autres. Et contemplons le visage de nos proches à la lumière de Noël pour y découvrir la beauté de Dieu qui s’y reflète.

Maintenant le mystère de Noël va s’accomplir parmi nous dans l’Eucharistie où le même Jésus qui était dans la crèche va être présent sur l'autel pour s'unir encore une fois à notre chair humaine.

Préparons-nous dans un grand recueillement à cette naissance de Jésus en nous par l’Eucharistie, le don de l’amour fou de Dieu pour chacun de nous.


8 DÉCEMBRE 2019 2e DIMANCHE DE L’AVENT

Lecture du livre du prophète Isaïe (11, 1-10)

Psaume 71 “En ces jours-là fleurira la justice,

grande paix jusqu’à la fin temps.”

Lecture de la lettre de St Paul aux Romains (15, 4-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 1-12)

            « En ces jours-là parait Jean le Baptiste… » Jean le Baptiste, Jean-Baptiste, voilà un nom que nous aimons bien, qui est familier à nos oreilles. Cet homme un peu bizarre dans sa tenue, son comportement, sa forte parole pour haranguer, réveiller tous ceux qui dorment et qui oublient de vivre. C’est Jean Baptiste qui a été choisi comme saint patron, mais surtout comme ami de Dieu pour accompagner tous les hommes, femmes et enfants de bonne volonté de ces 14 villages de Bresse dont Cuisery bien sûr où nous sommes ce matin. Il fait partie de ces hommes de Dieu qui à travers les siècles, murmure le chemin de Dieu dans le cœur des hommes.

            Ce Jean Baptiste nous le retrouvons aux moments importants de notre vie d’Eglise. Aujourd’hui, il profite de Noël tout proche pour rappeler à tous, avec Isaïe dans le premier texte pour quelle vie nous sommes faits : un monde où triomphent -écoutons bien ces mots qui ne sont pas que des mots, mais des réalités profondes trop oubliées sur notre terre-  où triomphent paix, sagesse, justice, discernement, droiture, fidélité, avec l’amour qui imprégnera tout de sa force et de sa tendresse, autrement dit le monde de Dieu, celui que nous apporte Jésus lui-même.

Et puis, ce matin, Jean Baptiste nous renvoie aussi au deuxième texte, celui de Paul. C’est à vous, chrétiens adultes qu’ils parlent : ils rappellent trois impératifs fondamentaux qui pour l’essentiel se rejoignent :

1/ méditer les écritures,
« afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance »

2/ vivre dans l’unité, « Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ »

3/ pratiquer l’accueil mutuel : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. » J’ai envie de rajouter, comme le Christ au jeune homme riche : « Faites cela et vous vivrez ! »

Et vous les enfants, qu’est-ce que vous dit Jean Baptiste, dans l’Évangile ? Il nous parle de désert. Vous savez ce que c’est un désert ! Un espace immense, sans rien, sans route précisément, sans arbres, sans maison, des cailloux et puis du sable, du sable et encore du sable. Jean Baptiste nous dit : « oh ! oh ! Réveillez-vous ! Il y a quelqu’un qui vient, qui revient ! l’homme l’avait oublié, mais à chaque instant il frappe à la porte de votre cœur ». Un peu comme la jeune suédoise Greta Thunberg qui nous interroge : « Qu’avez-vous fait de votre terre ? Qu’avez-vous fait de votre intelligence ? Qu’avez-vous fait de votre cœur ?

Jean Baptiste continue cette image de la route. Dans le désert, dans tous les déserts du monde, il faut tracer une route, aplanir le chemin, combler les ravins, redresser les passages tortueux.   Vous l’avez compris, il ne s’agit pas de jouer au cantonnier, mais de changer, de transformer autour de nous et en nous tout ce qui ne va pas, tout ce dont on n’est pas très fier, tout ce qui nous empêche de vivre et d’être heureux. Quand on attend quelqu’un à la maison, quand on reçoit des copains, quand on fait la fête, on range, on prépare, on cuisine, on décore. Et puis, on se réconcilie, on fait la paix.

On pourrait dire aussi, qu’on essaie de changer son regard, de « positiver » comme on dit !

1/ Changer son regard sur le monde, et voir autour de nous, tout ce qui bouge, change, vit…
2/ Changer son regard sur les autres, ne pas les enfermer dans des cases une fois pour toutes. Eux aussi peuvent grandir dans la paix, dans la joie, et enfin
3/ changer son regard sur soi-même : découvrir en nous tous ces talents, ces possibilités que nous portons et les développer ; nous délivrer de tout ce qui nous encombre et nous empêche nous aussi de grandir, de vivre dans ce bonheur pour lequel Dieu nous a faits.

Trois choses donc à retenir : trois choses à changer : mon regard sur le monde ; mon regard sur les autres, mon regard sur moi-même. À chacun, chacune de voir ce qu’il, ce qu’elle peut changer ! oh tout doucement, des petites choses, peu à peu, mais sûrement.

            Enfin un dernier mot : nous allons aller voir la crèche dans un instant, qui elle aussi se prépare, comme dans chaque église du monde, comme dans chacune de nos maisons, comme dans chacun de nos sœurs. Avez-vous remarqué que c’est peut-être le seul endroit au monde, où il n’y a pas de murs, pas de frontières, pas de péages, pas de droit d’entrée. A la crèche vient qui veut. C’est toute l’humanité qui est attendue.

Le soir de Noël… beaucoup ne seront pas devant la crèche… pour mille raisons. Si chacun, chacune de vous se demandait qui vous aimeriez qu’ils y soient. L’écrire sur un papier à glisser dans la crèche ou mieux peut-être faire un santon et le rajouter à votre crèche… discrètement… secrètement ! Quel bonheur de se voir, de se savoir de plus en plus nombreux au pied de ce bébé qui nous as tant aimés et qui nous demande d’aimer à notre tour.

Rappelons-nous ce que nous dit le Pape François (voir la feuille d’annonces de ce jour) : «Chaque fois que je sors de la messe, je dois sortir meilleur que je ne suis entré, avec plus de vie, avec plus de force, avec plus de volonté d’apporter un témoignage chrétien. À travers l’Eucharistie, le Seigneur Jésus entre en nous, dans notre cœur et dans notre chair ! » Au travail !

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