18° Temps Ordinaire C Ecclésiaste 1/2; 2/21, 23 Psaume 89 Colossiens 3/1-5; 9/11 Luc 12/13-21

Tout est vanité! Ainsi commence la première lecture tirée du Livre de l’Ecclésiaste: vanité du travail, vanité de la réussite humaine, vanité du temps qui passe... « Tout est vanité » !
En hébreu, parait-il, le mot vanité signifie « buée » ! Vous savez la buée qui apparaîtsur la vitre et que chasse le dégivrage de la voiture. Cette buée est fragile, en effet, comme nos entreprises humaines!
Beaucoup, avec l’arrivée des beaux jours du printemps avaient préparé leurs jardins avec soin: plantation de légumes, de fleurs décoratives, et tout cela coûte cher! Et voilà que la canicule et la sécheresse, avec l’interdiction d’arroser, menacent sérieusement la récolte... coup de buée! Et bien des paysans et des professionnels s’inquiètent à juste titre des conséquences de la sécheresse pour leur entreprise... coup de buée! Comme tout est fragile!

Que reste-t-il de tous les efforts entrepris avec peine et de tous les calculs pour lesquels l’homme s’est fatigué sous le soleil? Tout est vanité.
Or, voilà que l’évangile d’aujourd’hui nous dit: «Pourquoi amasser des richesses, accumuler des biens matériels, alors que, la nuit suivante, on va te redemander ta vie? » Et l’évangile ajoute: « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même au lieu d’être riche en vue de Dieu. » Être riche en vue de Dieu: voilà bien la question fondamentale à laquelle les textes de ce jour nous invitent à réfléchir. L’évangile nous dit en effet: ne faites pas comme ce cultivateur de la parabole qui amasse et meurt sur un matelas de billets. Car les risques sont nombreux: -se laisser prendre par les jeux d’argent -avoir la tentation d’en vouloir toujours plus et se laisser corrompre -briser les amitiés anciennes et se trouver uniquement des amis « intéressés ».

Emporte-t-on son argent avec soi? « Le linceul n’a pas de poche », dit un proverbe allemand. Et l’on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard...
Oui, soyez riche en vue de Dieu! Pensez à long terme; prévoyez plutôt une assurance de vie éternelle: « celui qui veut sauver sa vie la perdra, celui qui la perdra, à cause de moi et de l’évangile, la gardera en vie éternelle ».
Quand on prend l’avion et que celui-ci s’élève dans les cieux, arrive un moment où bien souvent il traverse une épaisse nuée, en ayant l’impression de naviguer dans du coton... et puis, subitement, il dépasse la zone enténébrée, et le soleil vient de nouveau nous envelopper de sa lumière... « Recherchez donc les réalités d’en- haut », nous dit la deuxième lecture, c’est là qu’est le Christ: « Tendez vers les réalités d’en haut et non vers celles de la terre ». Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, comme si nous étions désincarnés, mais de nous tourner résolument vers le Christ lumière, ressuscité, dont la Parole est chemin de vie.

Les moyens?
Saint Paul les rappelle clairement: -« Faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre: débauche, impureté, désirs mauvais, appétits de jouissance qui est comme un culte rendu aux idoles » -« Débarrassez-vous des agissements de l’homme ancien qui est en vous, revêtez l’homme nouveau, celui que le créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vrai connaissance » -et Paul aurait pu ajouter encore: « attachez-vous donc à la personne de Jésus, mettez-vous à l’écoute de sa Parole et vivez surtout de l’esprit des béatitudes ». Vous n’y arriverez pas tout seul, vous aurez besoin de l’Eglise, aussi imparfaite soit-elle. Elle est chargée de nous livrer le trésor véritable, Jésus ressuscité qui nous fait signe et se donne à nous à travers les sacrements et les évènements de la vie.
Alors, Seigneur donne-nous ton Esprit; qu’il vienne réchauffer en nous ce qui est froid, assouplir ce qui connait des raideurs et rectifier ce qui est tordu.

Amen

Père André Auduc
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17ième dimanche du Temps Ordinaire C
1ère Lecture : Genèse 18/20-32
Psaume 137(138)
2ième Lecture : Paul aux Colossiens 2/12-14
Évangile : Luc 11/1-13



« Oserai-je parler encore à mon Seigneur ?
Oserai-je encore ? »

La défense d’Abraham, son intercession est magnifique et elle est entendue de la part de Dieu.
« Si je trouve cinquante justes dans Sodome (je ne détruirai pas). À cause d’eux je pardonnerai à toute la ville.
Pour vingt, pour dix, je ne détruirai pas ! »
Mais il nous faut aborder de front le problème qui se pose à l’homme vis-à-vis de Dieu. Découvrir que ses prières de demandes ne sont pas toujours exaucées. Or si Dieu est celui que les chrétiens, à la suite d’Abraham, disent bon et miséricordieux, il doit pouvoir répondre chaque fois que nous avons besoin de lui.
Or ce n’est pas vrai et les silences de Dieu sont souvent à l’origine des ruptures avec lui. Il n’a pas sauvé ma mère, mon fils, mon mari…
Que faut-il donc en croire ?
Comment progresser dans la confiance en Dieu et qui nous permet d’oser l’importuner ?

Trois points nous sont donnés dans l’évangile.

1er point : C’est alors que la demande en St Luc est importante :
les disciples de Jésus se présentent comme apprenant à prier.
Ils ne sont pas maîtres en méthode et catalogue de prières.
Ils refont inlassablement ce que Jésus leur a laissé :
« Quand vous priez, dîtes.
Père, fais-toi reconnaître comme Dieu.
Que ton être, que ton nom soit sanctifié. »

Chez Luc, il est encore plus court qu’en Matthieu. Ainsi les demandes que nous pouvons formuler doivent se servir de la matrice de toute prière qu’est le « Notre Père »
-la sanctification du Nom.
-la venue du Règne.
-le pain pour aujourd’hui.
-le Pardon
-ne pas être exposé à la tentation.

Le Nom et le Règne à découvrir
le pardon comme engagement
le pain à recevoir comme un don et non comme un dû
la tentation à éviter pour être de ceux qui annoncent que le Règne de Dieu s’est approché.

2ième point
- il est possible d’importuner Dieu au-delà de notre pudeur.

Et enfin 3ième point
Ce qui est à demander, c’est l’Esprit Saint.
Le don de l’Esprit vient nous rendre capable d’être des fils adoptifs.
C’est dans la Force de l’Esprit que notre prière s’adapte.

Père André Guimet
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14°Dimanche du Temps ordinaire Année C

PREMIERE LECTURE - Isaïe 66, 10-14
PSAUME - 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20
DEUXIEME LECTURE –
St Paul apôtre aux Galates 6, 14-18
EVANGILE - selon Saint Luc 10, 1... 20

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion avec une vingtaine de grands jeunes, de faire un camp itinérant en Corse, à pied. Tous, nous avions notre sac à dos bourré de nos effets personnels et de ce qui était nécessaire à la vie collective. Je me souviens très bien de la première étape faite à un train d'enfer sous un soleil de plomb. Le soir, j'ai vidé mon sac sur le sol ; j’ai fait le tri, et envoyé pour le continent un gros colis de choses jugées inutiles. Il fallait s'alléger pour bien tenir le coup !

L’Évangile de ce jour nous dit justement : «n'emportez ni argent, ni sac, ni sandales » ce qui signifie qu’une des conditions de la Mission, c'est la disponibilité de tous les instants, la possibilité de se remettre en route sans être encombré par des empêchements de structures trop lourdes ou stérilisantes. N'avons-nous pas à faire le tri y compris dans notre Eglise de tout ce qui paralyse ou alourdit la marche ?

L’Évangile souligne encore deux autres conditions au service de la mission :

- « vous serez comme des agneaux au milieu des loups » autrement dit : il faut accepter la difficulté de la tâche. Il n'y a pas de parcours sans souffrance ; il n'y a pas d'annonce de l'Évangile sans critique, refus ou oppositions de toutes sortes.
- l’universalité de la Mission : Jésus envoie 72 disciples, autant qu’il y a de nations sur la terre (selon la conception de l’époque). La mission concerne toute maison et toute ville, c’est à dire chacun en particulier et l'univers entier. Pour soutenir la mission à laquelle nous sommes envoyés dans l’attente de la moisson (l’heure où Dieu récolte et fait le tri) les textes de ce jour insistent sur deux moyens indispensables : la prière et la paix.

La prière : « priez le Maitre de la Moisson d'envoyer des ouvriers pour la moisson ». Prier, c'est entrer dans la pensée de Dieu, c'est mettre notre cœur, notre volonté, notre esprit, tout notre être au service du projet de Dieu. C’est la meilleure manière d’être disciple. Prions-nous suffisamment pour que le Maitre envoie des ouvriers pour la moisson ? Ne sommes-nous pas un peu trop préoccupés par nos petits problèmes personnels qui nous bouchent la vue et nous empêchent de voir l'essentiel ? Si nous avions un peu plus faim et soif de la Jérusalem nouvelle dont parle Isaïe dans la première lecture, (image du Royaume dans lequel Dieu accueille tous ses enfants), non seulement les fils d'Israël, mais toutes les nations en seraient transformés.

La paix : « voici que je dirige vers elle (la Jérusalem nouvelle) la paix comme un fleuve, comme un torrent qui déborde »… quelle belle image pour nous dire le projet de Dieu auquel il convie chacun et tous à la fois : construire la paix ! « S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui » Dans un monde habitué à la violence, à l'égoïsme du plus fort qui fait peser son pouvoir sur le faible, sur celui qui est démuni, combien la paix apparait nécessaire et vitale ! Pensons en particulier aux jeunes générations, à tous ceux qui connaissent de douloureuses migrations, l'insécurité, la pauvreté, la peur de l'autre, le profit des plus forts et l’humiliation, comment ne pas souhaiter la venue de la paix, la paix de Dieu ! « De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis »
Puisse la Bonne Nouvelle trouver des messagers de paix et rejoindre les hommes de tous pays, de toutes langues dans le quotidien de leur vie sans jamais s'imposer par la force, sans forcer des portes, sans endoctriner, mais en proposant un vrai message de bonheur : «Paix à cette maison ».

Puisse l'Évangile de nos jours retrouver la même fraicheur et la même force

Puisse l'Eglise de notre temps retrouver sa simplicité de l’époque apostolique et témoigner du Ressuscité dans un monde en recherche d’espérance.

André AUDUC
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