7 février 2021 - 5e dimanche Temps Ordinaire
Dimanche de la Santé

Livre de Job (7, 1-4.6-7)
« Je ne compte que des nuits de souffrance »

Psaume 146
« Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures ! »

Première lettre de St Paul aux Corinthiens (9, 16-19.22-23)
« Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! »

Alléluia: « Le Christ a pris sur lui nos souffrances.
Il a porté nos maladies »

Évangile selon St Marc 1/29-39
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies »

            « Tout le monde te cherche. » Mais, pourquoi le cherchent-ils, ces amis de Jésus levés de bon matin, inquiets de ne plus le voir ? La veille, Jésus a bouleversé le bourg de Capharnaüm. C’était le sabbat. On se pressait à l’office. Le chef de synagogue avait demandé à Jésus de commenter l’Écriture. Rien d’étonnant : tout juif bien formé pouvait prendre la parole et s’exprimer au sujet des textes. Les pharisiens étaient tout ouïe : qu’allait dit ce charpentier de Nazareth, un village insignifiant dont la Bible n’avait jamais fait mention ? Ce fut un enchantement. Jésus parlait librement sans se perdre dans les méandres de la lecture. On l’écoutait en silence jusqu’au moment où un homme quelque peu dérangé -un possédé- a voulu l’interrompre. Jésus a calmé l’intervenant. Il a chassé le démon avec une autorité surprenante. Le soir, après le sabbat, il a opéré des guérisons : des hommes, des femmes, des enfants atteints de handicaps. Quelle joie dans le bourg ! Quelle libération ! Non seulement Jésus savait parler mais il joignait le geste à la parole. Il annonçait un monde nouveau, une venue de Dieu au milieu des siens. On se prenait à espérer. On s’interrogeait : qui est cet homme ? Or voilà qu’il échappe. On le croyait à la maison. Il est sorti. En pleine campagne. On le cherche. On le trouve : « Que fais-tu là ? On t’attend ! » Dans le calme du petit matin, Jésus priait le Père… Déterminé à poursuivre sa mission, Jésus dit aux disciples : « Allons ailleurs. D’autres que vous ont besoin d’entendre la Bonne Nouvelle. »

« Tout le monde te cherche. » Peut-on aujourd’hui formuler pareille affirmation ? Le temps a passé : deux mille ans. Depuis longtemps, l’Évangile a gagné des terres inconnues. Chez nous. Ailleurs. Mais qui donc cherche Jésus ? Notre société déchristianisée, en pleine ébullition, lui fait-elle encore une place ? Pour beaucoup Jésus n’est-il pas un inconnu ? En outre les habitants de nos villes et de nos villages ne manquent pas de préoccupations. Certes la médecine continue de faire de merveilleux progrès. Mais, actuellement, elle se bat contre un virus qui n’arrête pas de muter. Des personnes se confinent. D’autres reçoivent, dans les hôpitaux des soins de qualité. Le personnel médical se bat avec courage et compétence. Des gens meurent malgré tout… Ce virus nous fait oublier le reste. Il nous contraint à porter le masque et à nous protéger les uns des autres. Or nous ne pouvons pas oublier les cancers, les AVC, les crises cardiaques, les accidents… Sous des formes diverses la vie des hommes est en danger. Aux problèmes de santé physiques s’ajoutent nombre de détresses : psychologiques, sociales, familiales… L’existence mène son train avec son lot de violences, de ruptures, d’incompréhensions. Que fait Jésus ? Appartient-il à un passé lointain, un moment de grâce pour quelques voilages de Galilée ? Que fait Jésus sinon inviter ses disciples à lui emboîter le pas ?

À nous, disciples, de prendre la parole afin de redonner sens et courage autour de nous. À nous de lutter contre tout ce qui défigure l’homme, en fraternité avec ceux qui n’acceptent pas de baisser les bras. Nous ne pouvons pas dire « tout le monde te cherche » mais malgré notre petit nombre et nos fragilités nous voulons faire partie des chercheurs de Dieu et des serviteurs de nos frères. Nous te cherchons, Seigneur, avides d’une parole qui apporte la vie. Nous te cherchons pour te donner. Ce que nous faisons, ces simples gestes de quotidien, c’est l’évangile en actes. Ce que nous disons malgré nos maladresses, c’est une annonce un peu folle qui secoue les pessimistes et les individus centrés sur eux-mêmes. Puisque nous avons trouvé Jésus en prière dans la campagne de Galilée, nous pouvons, aujourd’hui, chez nous, prier avec lui. C’est Jésus qui nous rendra capables de sortir en son nom vers ceux et celles qui attendent notre visite. La Parole n’est pas morte. L’espérance non plus.

Ce matin, l’Église se souvient qu’elle a le devoir de s’associer aux soins des malades. Elle le fait par ceux et celles dont c’est le métier, par ceux et celles qui portent le souci des personnes âgées et des malades. Elle le fait aussi à travers des rencontres, des gestes de tendresse, la prière, des démarches administratives ou de multiples engagements. Elle le fait au cœur d’un monde préoccupé de sa santé, inquiet mais actif. Elle agit au nom de Jésus, à la manière de Jésus et c’est là son originalité. Jésus a voulu, par un sacrement, apporter force, consolation, guérison aux malades. Jadis, on donnait ce sacrement quand les gens étaient à toute extrémité. Aujourd’hui on redécouvre la grâce d’un moment où, par l’imposition des mains et l’onction, des frères âgés ou fatigués se savent aimés et soulagés. « Tout le monde te cherche. » : si les malades et les bien portants se retrouvent dans une même prière, la même foi, la même espérance, cette parole de l’évangile prend tout son sens. Ne manquons pas ce rendez-vous.

Père Georges AUDUC

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