Solidarité au quotidien : échange avec un paroissien

Un artisan de la solidarité quotidienne témoigne de la beauté et de la simplicité de ses engagements dans la vie du village :

Question : Claude, vous êtes particulièrement engagé dans la paroisse Saint Jean-Baptiste en Bresse au titre de la solidarité. Et avec d’autre, vous répondez à l’invitation que nous faisait le pape Benoît XVI quand il écrivait que « l’amour est le service que l’Eglise réalise pour aller constamment au-devant des souffrances et des besoins, même matériels, des hommes….L’amour du prochain, enraciné dans l’amour de Dieu, est avant tout une tâche pour chaque fidèle mais aussi une tâche pour la communauté ecclésiale entière ». Dîtes-nous quel a été votre parcours !

Claude : Il y avait comme une évidence dans notre famille, c’était naturel chez nous car en fait, j’ai eu une base chrétienne très forte dans le sens du service, surtout par l’exemple que nous donnait notre mère qui avait toujours le souci des autres et j’en ai été très marqué ! Je me souviens que même dans les derniers temps de sa longue vie (elle est décédée à 90 ans), alors qu’elle était en maison de retraite chez les Petites Sœurs des pauvres, quand nous allions la voir, il nous fallait toujours l’attendre car elle s’occupait des « petits vieux » de son entourage et elle prenait plaisir à faire le bien qu’elle pouvait !

Question : Vous avez participé au rassemblement « diaconia 2013 » en mai dernier. Une démarche que nous poursuivons dans ce que l’on peut appeler le service du frère. Pouvez-vous nous dire Claude, comment vous vivez ces divers engagements, que ce soit au Restaurant du Cœur, au Comité des fêtes, auprès des amis malades que vous visitez et soutenez ou même ces services que vous rendez quand c’est nécessaire auprès des familles réfugiées en lien avec la Pastorale des migrants ?

Claude : C’est un besoin chez moi d’aller vers l’autre si je sais qu’il a des problèmes ou qu’il est dans le besoin et que je peux faire quelque chose pour le soulager d’une certaine manière. Presque comme un aimant qui m’attire ! Mais je reconnais que c’est aussi une réponse aux coups de main que j’ai moi-même reçus de la part de l’un ou l’autre à des moments où j’en avais bien besoin ! C’est aussi une manière de participer à ce qui est nécessaire à la recherche de convivialité dans la société, à la rencontre entre les gens entre eux ! Vous savez, quand on a soi-même été éprouvé, comme d’autres le sont dans la vie, et bien, être solidaires dans ces moments-là, c’est énorme ! Tendre une main ou prendre une main tendue, ça compte !

Question : Ces engagements, vous les vivez aussi je crois dans ce que l’on appelle le Cadé, le Comité d’aménagement de l’église de votre village ?

Claude : Je pense qu’en tant que catholique et donc d’« utilisateur »de l’église, ce n’est pas inutile, ni incohérent par rapport à sa foi que de se rendre disponible pour faire en sorte que notre lieu de culte soit entretenu et restauré quand il le faut ! Et cela permet aussi d‘y  rencontrer des personnes qui ne fréquentent pas l’église habituellement mais qui tiennent à leur église ! Il serait question que je participe à la préparation des baptêmes des adultes qui en font la demande. Ca me plairait bien car nous pouvons être bien complémentaires dans ces équipes qui accompagnent ces personnes désireuses de connaître Dieu. Avoir une belle église et voir des personnes y venir prier et y reprendre des forces spirituelles pour la semaine, c’est stimulant !

Question : Revenons à cette solidarité que vous vivez au quotidien. Vous la vivez depuis votre retraite en Eglise et dans des engagements associatifs. En activité professionnelle, c’était la même chose ?

Claude : Même dans ma vie professionnelle, j’ai toujours voulu prendre la défense de mes collègues et d’autres  qui en avaient besoin et mes engagements syndicaux, apolitiques, m’ont même permis de siéger au Conseil des Prud’hommes, toujours dans cet élan d’entraide, d’équité, de solidarité au quotidien.

Question : ce souci de l’autre, vous le portiez donc dans un syndicat. La dimension collective est importante pour vous !

Claude : J’ai besoin de faire partie d’une structure pour pouvoir me consacrer aux autres. Pas seul. C’est comme cela que j’ai été séduit par l’idée de Denys Perret, notre curé, d’aller visiter à plusieurs les malades ou les personnes isolées de nos villages ! Idée que je n’ai pas encore réussi à mettre en application ; question aussi de planning. Prendre des engagements, c’est bien mais l’important c’est de respecter ceux dans lesquels je suis déjà. Après on verra.

C’est aussi cet engagement collectif qui m’a plu quand l’idée  de fonder un Restaurant du Cœur à Cuisery a été lancée voici deux années. C’est le contact avec les gens qui me plait le plus. La rencontre. Sans distinction, sans apriori, sans préjugés. Cette démarche  difficile, blessante, des personnes qui consiste à venir chercher de l’aide alimentaire n’est pas évidente à vivre. Certains viennent aussi pour « se réchauffer le cœur » ! Il y faut donc être très délicat, attentif  avec chacun pour pouvoir bien y répondre. Chacun étant un cas particulier. Pour moi, c’est un engagement en tant que chrétien et en tant que citoyen qui se vit là !

Question : Que pourriez-vous dire en conclusion ?

Claude : J’entends les gens critiquer beaucoup, se plaindre que le monde va mal. C’est toujours la faute d’autres personnes, du système etc…  Je regrette que souvent ces personnes ne cherchent pas à apporter de solutions aux problèmes qu’ils rencontrent et qui sont bien réelles. Et je pense que le bénévolat en est une. Il peut améliorer l’état du monde par de petites actions que l’on peut faire et vivre simplement autour de nous. Alors « bénévoles, soyez les bienvenus. Nous vous accueillons tels que vous êtes !

Le CCFD-Terre Solidaire

Le CCFD-Terre Solidaire soutient des projets de développement agricoles, économiques, éducatifs et citoyens. Nous encourageons le potentiel humain en étant partenaire de femmes et d’hommes, acteurs de la société civile locale. Nous n’avons pas de bureaux à l’étranger mais travaillons avec plus de 360 organisations partenaires.

À l’échelon départemental
99 délégations départementales ou diocésaines coordonnant son activité sur le territoire : collectes, conférences, animations dans les écoles, relations aux partenaires du Sud, plaidoyer au niveau local…
Ces délégations départementales sont coordonnées par une équipe d’animation de 5 à 15 responsables, élus pour trois ans et renouvelables deux fois. Ce sont donc environ un millier de responsables associatifs qui animent le réseau et veillent à la mise en œuvre des stratégies de l’association.

Depuis septembre 2013, le CCFD-TS de Saône et Loire a son blog, où sont publiés régulièrement des billets, notamment pour notre prochain carême :

http://blog.ccfd-terresolidaire.org/bfc/category/Le-CCFD-en-Saône-et-Loire-71

EMMAÜS ?

Pour les 60 ans de l'appel de l'abbé Pierre du 1er février 1954, voici un témoignage riche d'espérance !

Cela se passe en France mais je crois que cette histoire est bien universelle:

Il y a quelques mois, un jeune ne voyait plus le sens de sa vie. Sans travail, sans logement, sans revenu, avec juste une assurance maladie, il était condamné chaque jour à laisser la journée se dérouler. Tout était complexe même si je ne peux pas vous expliquer toute la situation de ce jeune homme. Mais le plus important est ce qui va suivre.

Plusieurs personnes voyant cette situation dans l’impasse se sont dit : « Et si on trouvait une place dans une communauté d'Emmaüs ? » Heureuse parole, heureuse idée ! Je ne sais pas si vous le savez, mais l’abbé Pierre a fondé des communautés. Est-ce sa vie de capucin qui l’a inspiré, toujours est-il qu’Emmaüs est basé sur ce point important : l’abbé Pierre a demandé à un homme qui ne voyait plus pourquoi vivre de l’aider à réparer le toit de sa maison. Il est devenu ainsi le premier compagnon d’Emmaüs.

Et aujourd’hui notre jeune ami est devenu l’un d’eux. Lui qui n’avait aucun statut, qui ne voyait pas à quoi pouvait servir sa vie est devenu l’un des compagnons d’une communauté. Tout n’est pas résolu bien sûr mais ce jeune homme a retrouvé sa dignité. Un simple signe que j’ai accueilli avec une immense joie : lui qui devait toujours attendre de nous pour vivre, avait prévu pour chacun de ses visiteurs un cadeau. Ayant chiné dans la com-munauté, il pouvait nous donner ce qu’il avait lui-même acheté à la boutique Emmaüs. Il me rappelait cette phrase que j’ai souvent en tête et qui m’invite à beaucoup d’humilité quand je viens en aide à une personne : « La main qui donne est toujours au-dessus de celui qui reçoit. »

C’est « royalement » que nous avons été accueillis par la communauté des compagnons. Dans une très grande simplicité, les compagnons nous ont salués et ont partagé le repas avec nous. L’un d’eux nous présenta les compétences des uns et des autres. Il nous dit ainsi : « Lui, il s’occupe du tri des canapés, lui il fait la cuisine pour toute la communauté, lui est notre électricien, lui répare tous les appareils électroménagers et celui-ci c’est un chirurgien de la chaleur – belle façon de nous dire que ce compagnon est capable de réparer n’importe quelle cheminée brique par brique. »

Pour aller plus loin : Regarder les sites liés à la communauté Emmaüs, à l’histoire de l’Abbé Pierre : http://www.fondation-abbe-pierre.fr/la-fondation-abbe-pierre/la-vie-de-labbe-pierre/neuilly-plaisance-la-premiere-communaute-emmaus

Et le texte d’Emmaüs Evangile de Luc 24, 13

Et puis méditer ces quelques phrases de l’Abbé Pierre ...

 « À une personne qui m’accompagnait et qui disait : « Je ne sais rien faire », un compagnon répondit : « Il y a une benne où jeter le bois. Tu seras bien capable de le faire. Toute personne peut faire quelque chose et s’il ne sait pas, ici, il apprend.  Un autre nous explique alors que depuis un accident, il ne peut plus travailler pour charger les meubles, ses bras sont trop fatigués. Alors la communauté lui demande de tamponner des tickets pour le magasin. Il n’a rien perdu de sa dignité, juste changé de place.

Dans la communauté, on n’est pas là pour savoir l’histoire de chacun. Tous ont vécu des parcours chaotiques mais l’important n’est pas là. Emmaüs permet à des hommes (et à des femmes) de poursuivre leur parcours de vie, de ne pas baisser les bras, de retrouver une dignité par leur travail, leur activité, par un hébergement digne, par un revenu, par la chaleur d’une communauté avec des accompagnants humains.

Alors ma joie est immense en ce début d’année. J’ai vu un homme qui était écrasé et qui a retrouvé sa dignité d’homme. Lui qui avait de la peine à échanger plus de 20 minutes avec une personne a passé cinq heures avec nous sans discontinuer. J’ai retrouvé un homme DEBOUT. »

L’abbé Pierre est mort le 22 janvier 2007 mais il nous a laissé des communautés. Elles ont certainement leurs limites, mais elles portent aussi des femmes et des hommes vers un avenir et cela est un immense cadeau qu’il a fait à l’humanité. Par leur travail, par le compagnonnage, par l’accompagnement délicat des encadrants  et des bénévoles, ceux qui portent tant de souffrances retrouvent leur dignité. Y a-t-il quelque chose de plus important dans la vie ? Je suis encore tout habité du bonheur que j’ai pu partager avec cet ami qui a traversé tant de difficultés et de souffrances. Il est aujourd’hui accompagné. Son humour est intact, sa sensibilité respectée, et sa vie de nouveau DEBOUT.

Journée du migrant du 19 janvier 2014

« Pour l’Eglise catholique personne n’est étranger, personne n’est exclu, personne n’est lointain » (Paul VI en 1966) 


C’est en 1914 que le pape Benoit XV instaura la première Journée du migrant et du réfugié, alors que les combats de la première guerre mondiale jetaient sur les routes de la migration quantité de populations. Ce dimanche 19 janvier, deuxième dimanche après la fête de l’Epiphanie, l'Eglise universelle célèbra donc la 100ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié ! Tout comme dans les autres diocèses, chez nous aussi plusieurs paroisses se sont mobilisées à cette occasion, invitant largement les personnes de leur secteur appartenant aux communautés issues de la migration, à partir du thème que le pape François avait proposé à cette occasion par son message : « Migrants et Réfugiés, vers un monde meilleur ». "afin que nous puissions être aidés à vivre ensemble devant Dieu-au même moment-un jour de prière, d'action et de sacrifice pour la cause des migrants et des réfugiés".comme le rappelle le n.72 de l’Instruction Erga Migrantes Caritas Christi (La charité du Christ envers les migrants), publiée le 3 mai 2004. En effet les éléments que la plupart des médias nous offrent presque en continu sur la situation des migrants n’aident pas à nous faire une juste opinion sur le phénomène des migrations actuelles et rien ne vaut la rencontre ! Et comme le déclarait Mme Jaklin Pavilla, adjointe du p. Lorenzo Prencipe, (directeur du Service National de la Pastorale des Migrants), « pour ne plus voir des chiffres mais des hommes, il faut des témoignages » !

C’est ainsi que les paroisses Saint Jean et Saint Mathieu en Pays Moncellien se mobilisaient pour célébrer cette Journée : plusieurs rencontres entre le p. Jean-Robert, curé du lieu, l’équipe d’animation liturgique, des membres de la communauté polonaise et leur aumônier le p. Tomacz, de la communauté portugaise, italienne, vietnamienne, des représentants des pays d’Afrique présents sur ces paroisses, des Gens du Voyage ainsi que le délégué de l’évêque pour le Service des migrants, se sont retrouvés au cours des semaines qui ont précédé ce 19 janvier. Cela pour faire de cette célébration eucharistique et du pot de l’amitié qui a suivi, non pas seulement une célébration vivante et joyeuse, mais un temps fort de rencontres avec des hommes et des femmes vivant par leur expérience de la migration, et cela souvent depuis des années, cette recherche de ce monde meilleur ! Prières, chants et lectures des textes en plusieurs langues, processions, homélie et témoignages…..nous permettaient d’un peu mieux vivre la richesse de la catholicité de l’Eglise locale ! Chacun pouvant mettre ses talents, sa grâce, ses dons, sa voix, au service de tous et du Seigneur ! Les enfants, venus assez nombreux (photo), portant ces panneaux qui nous rappelaient par leur titre, si cela était encore nécessaire, les difficultés, les noirceurs, les obstacles de toutes sortes rencontrés, mais également les joies, les consolations, les fins de galère que les solidarités multiples dans le compagnonnage et souvent l'amitié, leur permettaient de vivre dans leur quotidien ! Que ce soit au plan associatif, ecclésial ou individuel et souvent dans la discrétion ! Le témoignage apporté par un membre du Secours Catholique du secteur en fin de célébration était là pour le rappeler justement ! Jackie Plesse délégué diocésain à la pastorale des migrants.

"Rendre présent le Christ parmi les migrants et les réfugiés implique des initiatives d’accompagnement solidaire, de valorisation des spécificités de chacun, de promotion d’actions politiques, sociales et économiques aptes à favoriser le respect de la dignité humaine, la tutelle de la famille, l’accès à une vie digne, le sentiment de se sentir membre de l’unique famille humaine" (p. Lorenzo Prencipe).

Dimanche 17 novembre : journée et quête nationale du Secours Catholique

« Le troisième dimanche de novembre est le rendez-vous habituel pour la collecte nationale du Secours Catholique. La démarche Diaconia, initiée par le Conseil pour la solidarité et dans laquelle le Secours catholique s’est fortement engagé, nous a ouvert à une Eglise servante et pauvre, qu’ils soient chrétiens ou non. En lavant les pieds de ses disciples, Jésus leur dit : « C’est un exemple que je vous ai donné ». Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ». Voilà ce qu’essayent de vivre les membres du Secours Catholique, à travers cette parole que allons retrouver sur les affiches : « Aidons-nous les uns les autres ». Quand nous donnons à ceux qui sont dans le besoin, nous découvrons qu‘ils nous aident en retour, en particulier à élargir nos cœurs à une plus grande fraternité.

La crise économique et le chômage se sont beaucoup aggravés. Le Secours Catholique plus que jamais, a besoin des dons de tous pour remplir sa mission : mission d’aide aux plus démunis, mission d’accompagnement aussi, pour qu’ils puissent vivre dignement. »

                                                                        Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, président du conseil pour la Solidarité.

Horaires des messes

Tous les horaires des messes dans les 14 villages de la paroisse.

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