Journée mondiale du Migrant et du Réfugié



Jackie Plesse, diacre de notre paroisse, était à Mâcon pour la messe des Migrants. Il nous communique son homélie.

"Voici les amis, comme entrée en matière, quelques lignes du message du pape François, non pas tirées du message écrit pour cette JMMR 2016 mais du message qu’il a écrit  au monde pour la nouvelle année. Je le cite :

« Dieu n’est pas indifférent ! Dieu accorde de l’importance à l’humanité,// Dieu ne l’abandonne pas ! Au début de l’année nouvelle, dit-il, je voudrais accompagner de cette profonde conviction,// mes vœux d’abondantes bénédictions et de paix // sous le signe de l’espérance pour l’avenir de tout homme et de toute femme, de toute famille, peuple et nation du monde… //et plus loin, parlant cette fois-ci de l’attitude d’une certaine partie de l’humanité: Il écrit : Il est certain que l’attitude de l’indifférent, de celui qui ferme le cœur pour ne pas prendre en considération les autres, de celui qui ferme les yeux pour ne pas voir ce qui l’entoure ou qui s’esquive pour ne pas être touché par les problèmes des autres, caractérise une typologie humaine assez répandue et présente à chaque époque de l’histoire// Cependant, de nos jours, cela a dépassé nettement le domaine individuel // pour prendre une dimension globale et produire ce phénomène de la « globalisation de l’indifférence ».Et il poursuit ainsi :

"La première forme d’indifférence dans la société humaine est l’indifférence envers Dieu, dont procède l’indifférence envers le prochain et envers la création ».

L’indifférence !

Dans le dictionnaire le « petit Robert », nous trouvons comme définition du mot « indifférence » : état de celui qui n’éprouve ni douleur, ni plaisir, ni crainte, ni désir !

Les amis, voilà le péché majeur de ce temps sur lequel le pape François insiste donc avec force dans son message du 1er janvier dernier ! Cette première journée de l’année dédiée à la prière pour la paix ! Et nous pourrions certainement dire que ce message peut nous donner les grandes lignes du programme de cette année ! Une feuille de route, en particulier pour nous qui voulons suivre le Christ ! Nous avons entendu en effet, en plusieurs langues différentes, avant la proclamation de l’Evangile, cette phrase prononcée par Marie à Cana : « faites tout ce qu’Il vous dira ! » Et nous croyons, je pense, que les paroles du pape sont inspirées par le Saint-Esprit lui-même ! Alors que devons-nous faire pour être fidèle au Christ aujourd’hui ?

Nous pourrions comprendre qu’il nous est demandé de sortir de l’indifférence ! Je dirai qu’il nous faut, toutes et tous, chacune et chacun, lutter, combattre contre ce mauvais esprit de l’indifférence, avec persévérance. Et tout spécialement en cette période dans laquelle, en plus des questions cruciales liées à l’écologie, à la préservation de la Création, la Maison Commune, comme la nomme le pape dans son encyclique, il nous faut aussi discerner dans les questions liées à la mobilité des personnes et des familles, questions liées aux migrations multiples, discerner un des signes des temps ! Voici ce qu’a dit aux évêques français réunis à Lourdes en novembre dernier, le cardinal Montenegro, archevêque du diocèse où se trouve le port de Lampédusa : « le temps est venu d’accepter la pluralité des cultures, avec leurs caractéristiques, leurs histoires et leurs dignités propres. Chaque pays est ainsi centre et périphérie en même temps. Il faut cultiver le dialogue et la capacité d’échanger…  Et plus loin, citant le pape François : L’intégration n’est pas un processus unilatéral, mais la rencontre de deux personnes qui veulent créer une relation. Elle n’est pas la solution à la situation d’urgence,  mais le chemin qui prépare l’avenir ».

Voilà donc, en ce temps de synode diocésain, une piste claire, stimulante, précise : un chemin qui prépare l’avenir : l’intégration de nos amis réfugiés, migrants en situations diverses, l’intégration comme rencontre de deux personnes qui veulent créer une relation//. Un chemin qui a la capacité de générer de la nouveauté. Et nous croyons que nous-mêmes, membres des communautés chrétiennes locales, nous aussi devons nous percevoir en état de dépassement, en état de créer de la nouveauté ! Sinon, comment laisser la grâce de Dieu agir ? Comment voir les merveilles du Seigneur au quotidien si nous ne laissons pas l’Esprit du Seigneur nous mettre en état de dépassement ?

Le martyr de l’Eglise pour aujourd’hui ne consisterait-il donc pas en partie dans ce témoignage puissant, au Nom du Seigneur que nous voulons aimer, faire aimer et servir,  et au nom de la famille humaine à laquelle nous appartenons, ne consisterait-il donc pas à donner des réponses vraies et à proposer des gestes concrets vis-à-vis de ces frères et sœurs qui ont fui la barbarie, la persécution, la faim, pour aller chercher des lieux où il leur sera possible de vivre normalement, décemment ? Et être de cette manière une parole vivante, signe que la vie a bien été donnée en abondance par la Christ présent et agissant !

Beaucoup ici vivent déjà ce huitième sacrement qu’est le service du frère, service de la Charité au Nom du Christ et de son Evangile : comme nos Frères de Taizé qui accueillent une douzaine de jeunes venus de Calais, comme la paroisse de Tournus qui vient de faire une place à une famille du Kosovo avec quatre jeunes enfants, comme la paroisse de St Germain du Bois qui a organisée il y a deux jours une soirée « prière et témoignages » avec un ancien de la communauté Hmong qui vit dans un village de la Bresse avec toute sa grande et belle famille, tous bien intégrés. Ou la paroisse de La Clayette qui a rassemblé une cinquantaine de personnes fin novembre pour une soirée de sensibilisation, soirée animée par le Service des migrants et les amis du Cada de Digoin. Et tant d’autres belles, parfois discrètes initiatives de solidarité, comme vous en connaissez tant ici à Mâcon et  tout autour de vous ! Proposer une terre de rencontres, une terre de respect, une terre de fraternité et d’échanges : une terre qui ne se nommera plus « désolation » mais bien plutôt « Ma préférence ». Mais nous savons que sans la grâce de Dieu, nous ne pourrons pas vivre cette mission. Le bon vin risquerait fort de venir à manquer !

            Car nous savons que nos cruches, comme à Cana en Galilée, sont souvent vides. Une fois le vin bu, il nous faut revenir à la source. Et comme les servants à Cana, il nous faut puiser. Puiser par la prière, par la fréquentation régulière des sacrements, par la vie fraternelle, et revenir au témoignage de la foi, dans l’humilité, la douceur et la miséricorde.

Alors frères et sœurs, déposons au pied de l’autel, ce qui peut nous décourager parfois dans le service à accomplir, déposons au pied de l’autel ce qui peut nous attrister ou nous blesser parfois aussi dans la vie fraternelle, et accueillons la joie et la force de l’Esprit Saint qui va s’offrir à nous dans l’Eucharistie.

En conclusion // cette dernière citation du pape François, tirée du message envoyé pour cette journée que nous vivons aujourd’hui avec nos frères et sœurs migrants :

« L’amour de Dieu  entend atteindre tous et chacun, en transformant ceux qui accueillent l’étreinte du Père en autant de bras qui s’ouvrent et qui étreignent afin que quiconque sache qu’il est aimé comme fils et se sente « chez lui » dans l’unique famille humaine ».

Voilà bien une parole dont beaucoup d’entre nous avons certainement déjà fait l’heureuse expérience !

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