EMMAÜS ?

Pour les 60 ans de l'appel de l'abbé Pierre du 1er février 1954, voici un témoignage riche d'espérance !

Cela se passe en France mais je crois que cette histoire est bien universelle:

Il y a quelques mois, un jeune ne voyait plus le sens de sa vie. Sans travail, sans logement, sans revenu, avec juste une assurance maladie, il était condamné chaque jour à laisser la journée se dérouler. Tout était complexe même si je ne peux pas vous expliquer toute la situation de ce jeune homme. Mais le plus important est ce qui va suivre.

Plusieurs personnes voyant cette situation dans l’impasse se sont dit : « Et si on trouvait une place dans une communauté d'Emmaüs ? » Heureuse parole, heureuse idée ! Je ne sais pas si vous le savez, mais l’abbé Pierre a fondé des communautés. Est-ce sa vie de capucin qui l’a inspiré, toujours est-il qu’Emmaüs est basé sur ce point important : l’abbé Pierre a demandé à un homme qui ne voyait plus pourquoi vivre de l’aider à réparer le toit de sa maison. Il est devenu ainsi le premier compagnon d’Emmaüs.

Et aujourd’hui notre jeune ami est devenu l’un d’eux. Lui qui n’avait aucun statut, qui ne voyait pas à quoi pouvait servir sa vie est devenu l’un des compagnons d’une communauté. Tout n’est pas résolu bien sûr mais ce jeune homme a retrouvé sa dignité. Un simple signe que j’ai accueilli avec une immense joie : lui qui devait toujours attendre de nous pour vivre, avait prévu pour chacun de ses visiteurs un cadeau. Ayant chiné dans la com-munauté, il pouvait nous donner ce qu’il avait lui-même acheté à la boutique Emmaüs. Il me rappelait cette phrase que j’ai souvent en tête et qui m’invite à beaucoup d’humilité quand je viens en aide à une personne : « La main qui donne est toujours au-dessus de celui qui reçoit. »

C’est « royalement » que nous avons été accueillis par la communauté des compagnons. Dans une très grande simplicité, les compagnons nous ont salués et ont partagé le repas avec nous. L’un d’eux nous présenta les compétences des uns et des autres. Il nous dit ainsi : « Lui, il s’occupe du tri des canapés, lui il fait la cuisine pour toute la communauté, lui est notre électricien, lui répare tous les appareils électroménagers et celui-ci c’est un chirurgien de la chaleur – belle façon de nous dire que ce compagnon est capable de réparer n’importe quelle cheminée brique par brique. »

Pour aller plus loin : Regarder les sites liés à la communauté Emmaüs, à l’histoire de l’Abbé Pierre : http://www.fondation-abbe-pierre.fr/la-fondation-abbe-pierre/la-vie-de-labbe-pierre/neuilly-plaisance-la-premiere-communaute-emmaus

Et le texte d’Emmaüs Evangile de Luc 24, 13

Et puis méditer ces quelques phrases de l’Abbé Pierre ...

 « À une personne qui m’accompagnait et qui disait : « Je ne sais rien faire », un compagnon répondit : « Il y a une benne où jeter le bois. Tu seras bien capable de le faire. Toute personne peut faire quelque chose et s’il ne sait pas, ici, il apprend.  Un autre nous explique alors que depuis un accident, il ne peut plus travailler pour charger les meubles, ses bras sont trop fatigués. Alors la communauté lui demande de tamponner des tickets pour le magasin. Il n’a rien perdu de sa dignité, juste changé de place.

Dans la communauté, on n’est pas là pour savoir l’histoire de chacun. Tous ont vécu des parcours chaotiques mais l’important n’est pas là. Emmaüs permet à des hommes (et à des femmes) de poursuivre leur parcours de vie, de ne pas baisser les bras, de retrouver une dignité par leur travail, leur activité, par un hébergement digne, par un revenu, par la chaleur d’une communauté avec des accompagnants humains.

Alors ma joie est immense en ce début d’année. J’ai vu un homme qui était écrasé et qui a retrouvé sa dignité d’homme. Lui qui avait de la peine à échanger plus de 20 minutes avec une personne a passé cinq heures avec nous sans discontinuer. J’ai retrouvé un homme DEBOUT. »

L’abbé Pierre est mort le 22 janvier 2007 mais il nous a laissé des communautés. Elles ont certainement leurs limites, mais elles portent aussi des femmes et des hommes vers un avenir et cela est un immense cadeau qu’il a fait à l’humanité. Par leur travail, par le compagnonnage, par l’accompagnement délicat des encadrants  et des bénévoles, ceux qui portent tant de souffrances retrouvent leur dignité. Y a-t-il quelque chose de plus important dans la vie ? Je suis encore tout habité du bonheur que j’ai pu partager avec cet ami qui a traversé tant de difficultés et de souffrances. Il est aujourd’hui accompagné. Son humour est intact, sa sensibilité respectée, et sa vie de nouveau DEBOUT.

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