Marthe et Marie de Béthanie (Luc, 10)

« Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme du nom de Marthe l'accueillit dans sa maison.
Elle avait une sœur appelée Marie, qui s'assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu'il disait.
Marthe était affairée aux nombreuses tâches du service. Elle survint et dit: «Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de venir m'aider.»
Jésus lui répondit: «Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses,
mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée.»

Chers amis, j’ai choisi ce texte de l’évangile de Saint Luc au chapitre 10, car cet épisode bien connu de la vie de Jésus nous éclaire sur plusieurs dimensions de notre existence. Et pour vous, chers conscrits qui avez organisé et préparé cette célébration et la rencontre qui va suivre, pour vous, ces points d’attention peuvent certainement vous parler : je m’arrêterai sur trois d’entre eux : l’hospitalité, l’écoute et le service.

L’hospitalité parce que Marthe et Marie, deux sœurs fidèles à la foi de leur peuple, laissaient à la disposition de Jésus et de ses disciples leur petite maison nichée dans ce village montagneux appelé Béthanie. Béthanie, dont le nom hébreu signifie « maison de la miséricorde », est situé à 3 km des remparts de Jérusalem. Et chaque fois que les pas de Jésus l’amenaient dans cette région, il aimait faire halte chez elles et leur frère Lazare. Elles savaient, comme la plupart des orientaux, que l’hospitalité est une vertu, une valeur essentielle. Il suffit de nous souvenir de l’épisode d’Abraham et de ces trois personnages qu’il a accueillis à l’entrée de sa tente et qui sont pour nous la figure de la Trinité-Sainte, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, venue encourager et bénir Abraham et Sarah son épouse.

Puis la dimension de l’écoute. Marie, l’amie fidèle de Jésus, qui l’accueille et qui, connaissant par ouïe dire et par expérience l’autorité toute bienveillante de sa parole, choisit de se mettre « à genoux » pour se laisser rejoindre par son enseignement. Comme le font les paroissiens de Montpont quand ils se rassemblent le premier jour de la semaine pour célébrer ensemble l’Eucharistie. En écoutant la Parole de Dieu et en se mettant en route pour essayer de toujours mieux correspondre à  l’appel reçu  au moment de leur baptême.

Enfin, le service, tel que Marthe en a reçu le charisme, le don. Cette aptitude au service que nous montre l’Evangile et qui vient nous rappeler que chacun d’entre nous a  lui aussi été comblé d’un don particulier et qu’il se pourrait bien que la responsabilité qui nous incombe soit de laisser se déployer ce don ! Ce don qui est comme un reflet de l’attention que Dieu porte aux hommes et aux femmes de ce temps. Un don qu’il nous faut découvrir et mettre à la disposition de tous, au service du bien commun.

Alors chers conscrits et chers paroissiens venus les entourer, les accompagner, ces trois dimensions de la vie de Marthe et Marie que nous offre l’Evangile ce matin, l’hospitalité, l’écoute et le service, nous savons que vous les portez vous-mêmes au fond de vous ! Et ces trois forces vont certainement vous guider au long de votre chemin de vie et consolider votre personnalité. Pour faire de vous des hommes, des femmes capables du Bien, du Bon et du Beau !

Pour conclure, nous ne pouvons que rendre grâce, c'est-à-dire remercier le Seigneur de la Vie, pour ces merveilles qu’il a déposées en vous et qui peuvent tellement faire de vous, faire de nous, des conscrits porteurs de paix réelle, de joie véritable, de vie simple, conviviale et généreuse. Amen !

Jackie Plesse,
à l'occasion du temps de prière pour les conscrits, à l'église de Montpont, samedi 18 février 2017

DIEU N'EST RIEN SANS LES HOMMES

C’est comme ça : pour les hommes au moins, Dieu n’est rien sans les hommes. Si vous voulez aimer Dieu, il faut aimer les hommes.
Vous ne pouvez pas aimer Dieu sans aimer les hommes. Vous pouvez aussi haïr Dieu et haïr les hommes. Beaucoup ont choisi cette voie-là…. Je suis de ceux qui croient qu’il est très difficile et assez désespéré d’aimer les hommes sans aimer Dieu. Dieu sans les hommes est un rêve vide, très proche de rien, un néant infini, une éternité d’absence. Il est une invitation à la solitude et à l’orgueil. Il mène à l’intolérance et souvent à l’horreur. Les hommes sans Dieu sont guettés par une autre forme d’orgueil et par l’absurde dans toute sa pureté. Ils sont, eux aussi, sur le chemin de l’horreur et de la folie »

Jean d’Ormesson ( Comme un chant d’espérance)

Un extrait du blog de frère Benoît : Qui, ou quoi, commande notre vie ?

 



12 février 2017, 6° dimanche ordinaire, Année A,  Mt 5,17-37 /

« Vous avez appris que… Eh bien ! Moi, je vous dis… » Peut-être qu’avant d’entrer dans le contenu de ce que Jésus dit de la Torah, faut-il nous arrêter sur la place de Jésus Christ et sur son autorité dans nos vies ? Car s’agit-il d’étudier ses propos pour savoir si on peut être d’accord avec lui, ou de confesser d’abord notre foi en lui, le Fils de Dieu, qui sait mieux que nous-mêmes ce qui est bon pour nous ? En effet, à vouloir s’affranchir de la religion, de Dieu, d’une autorité extérieure à nous-mêmes, les temps actuels nous montrent que d’autres réalités, d’autres personnes, d’autres forces, beaucoup moins bienveillantes, risquent de prendre les commandes de notre vie. L’élection de candidats populistes et manipulateurs ; la dictature des médias et des réseaux sociaux pour porter quelqu’un aux nues ou le vouer aux gémonies ; la puissance envahissante de la technologie dans notre vie, n’en sont-elles pas des exemples flagrants ? Qui, ou quoi, commande notre vie ? Le légalisme, comme au temps des pharisiens… Les modes actuelles et les faiseurs d’opinion… Ou la Parole de Dieu, telle que Jésus Christ l’a interprétée et mise en œuvre ?

Qui, ou quoi, commande notre vie ?…

Le légalisme ?

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens… » (Mt 5,21) Les scènes évangéliques qui dénoncent le légalisme des pharisiens ne manquent pas. La loi religieuse est bien pratique : elle nous évite de discerner au cas par cas, elle nous donne une identité bien claire, elle rassure notre conscience à bon compte ! Contrairement peut-être à ce que l’on penserait spontanément, ils sont finalement assez nombreux, aujourd’hui, ceux qui se retranchent derrière le légalisme : les intégristes de tous bords, musulmans, chrétiens, hindous, bouddhistes (Oui ! Même chez les bouddhistes ! Pensez par exemple à la Birmanie et au sort réservé aux musulmans Rohingya)… On retrouve aussi ces légalistes chez ceux qui, dans l’Église, se croient catholiques parce qu’ils citent le catéchisme de l’Église catholique, les dogmes (qui leur conviennent), les propos des papes (qui les arrangent) en oubliant le cœur de l’Évangile. Ils croient défendre le catholicisme en s’opposant aux attitudes plus évangéliques souhaitées par le plus grand nombre de chrétiens, de prêtres, d’évêques et pas seulement par le pape François, devenu leur bête noire… Or, dans l’évangile de ce jour, Jésus leur dit et nous dit : « ne vous retranchez pas derrière le légalisme »… « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » (Mt 5,20)

Qui, ou quoi, commande notre vie ?…

Les modes actuelles et les faiseurs d’opinion ?

« Vous avez appris qu’il a été dit… » (Mt 5,27) Jésus fait ici encore référence à la Torah, à la Loi, mais la formulation nous permet d’extrapoler : « Vous avez appris par la rumeur que… Vous avez appris par Internet que… Vous avez appris par la télévision que… Moi je vous dis… » Oui, la rumeur, le dernier blogueur à la mode, le rouleau compresseur de la présomption de culpabilité, font des ravages aujourd’hui. Vais-je me laisser manipuler bêtement par les nouveaux moyens de communication ou vais-je les utiliser avec intelligence et à la lumière de l’Évangile. Pour ne prendre qu’un exemple, on fustige les pratiques légales de certains politiciens parce que considérées aujourd’hui comme immorales, ou devenues récemment illégales… C’est très bien, mais ces allahtoyas de la moralité, de qui font-ils le jeu ? À dénigrer systématiquement des politiciens qui ont fait leurs preuves, mêmes s’ils ne sont pas des saints, on se prépare un avenir avec des populistes dangereux, à la mode américaine, philippine ou hongroise… « On vous a dit… Moi je vous dis… ‘les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu’. (Mt 21, 31) » On ne peut enfermer quelqu’un dans son passé, mais il nous faut toujours apprécier sa vie, aujourd’hui, selon les valeurs de l’Évangile…

Qui, ou quoi, commande notre vie ?…

La Parole de Dieu, telle que Jésus Christ l’a interprétée et mise en œuvre ?

            Dans l’évangile de ce jour, Jésus ne vient donc pas abolir la loi, ni la remplacer par la dernière opinion à la mode, mais vient l’accomplir et la dépasser pas sa loi d’amour. Cette nouvelle exigence, d’un amour inconditionnel, ne nous laisse pas la conscience tranquille à bon compte, elle nous demande de discerner sans cesse ce que nous pourrions faire de plus, afin « d’être parfaits comme notre Père céleste est parfait. » (Mt 5,48) Si c’est cette recherche d’une vie guidée par la Parole de Dieu, d’une vie évangélique, d’une vie toujours plus aimante, d’une vie toujours plus ressemblante à celle du Christ, d’une vie conforme à notre dignité de fils et filles de Dieu, qui nous anime, alors bienheureux sommes-nous !

Alors, qui, ou quoi, commande notre vie ? …

Le légalisme, la dernière mode ou la Parole de Dieu, telle que Jésus Christ l’a interprétée et mise en œuvre ?

(http://www.frerebenoit.net/2017/02/09/qui-ou-quoi-commande-notre-vie/)



 

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