Homélie du 24 septembre -

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"Jésus est un rural.
Il observe la vie de ses contemporains.
C’est normal. Pendant trente ans, il a vécu à Nazareth, un petit village où tout le monde se connait. Il a mené la vie d’un artisan, en lien habituel avec les gens de la campagne.
A l’époque de Jésus, il y avait beaucoup de misères et beaucoup d’inégalités sociales, des grands propriétaires terriens et de petits, des journaliers et des domestiques.

La parabole met en scène un grand propriétaire et des journaliers en quête d’une embauche.
Pour le journalier, l’embauche est capitale: c’est son gagne-pain et celui de sa famille.
On mesure ici la satisfaction des ouvriers de la première heure. Ils savent que le travail est rude, le soleil implacable, mais le salaire est assuré.
On mesure aussi l’angoisse et la désillusion des laissés pour compte…
Ce qui surprend les auditeurs de Jésus, c’est d‘abord l’attitude du grand propriétaire.
Quand il sort vers neuf heures du matin, peut-être constate-t-il qu’il manque de bras à cause d’un travail plus abondant. A midi, sa quête d’ouvriers supplémentaires surprend davantage. Au milieu de l’après-midi, c’est plus qu’inattendu. Une heure avant la fin de l’ouvrage, c’est ridicule.
Ceci nous donne à penser que ce grand propriétaire n’est pas comme les autres.
Jésus nous avertit dès le début de la parabole. Il s’agit du royaume de Dieu.
Jésus n’hésite pas à comparer notre Père du Ciel à ce grand propriétaire qui embauche à toute heure. Dieu, décidément ne nous ressemble pas!

Ce récit va plus loin
Il nous rapporte, en effet, un incident qui se produit au moment de la paye.
Quand les derniers arrivés reçoivent un denier, les autres se disent que la paye sera proportionnelle au temps passé dans la vigne. C’est humain. A nos yeux, parfaitement normal.
Ce propriétaire est un original. Mais doit-il pour autant se montrer injuste?
Un des journaliers de la première heure laisse éclater sa colère. Il l’exprime vertement. Une discussion s’engage.
Le propriétaire fait remarquer à son interlocuteur qu’il a conclu avec lui pour un denier la journée. Il n’a donc pas commis d’injustice. Il fait valoir aussi que la somme remise aux derniers arrivés relève de sa bonté. Il a le droit d’être bon. Son interlocuteur devrait y réfléchir.

Cette logique nous surprend. Elle n’est pas la nôtre. C’est la logique de Dieu. Quand on y pense, on se rend compte qu’elle nous est favorable. Dieu laisse sa chance à chacun d’entre nous. Il n’est jamais trop tard pour être l’ami de Dieu.
En outre, la récompense est la même. La récompense en effet, c’est Dieu notre Père qui n’a pas d’autre joie que de rassembler tous ses enfants.

A nous de nous approprier cette parabole.
Nous vivons dans une société où le chômage est un drame. Pour une personne, pour ses proches, se sentir inutile et laissé pour compte, c’est humiliant. Sans compter que les conséquences financières s’avèrent souvent désastreuses.
Pourtant cette parabole ne prétend pas répondre aux questions que nous nous posons en matière d’économie et de justice sociale. 
Elle nous oblige à regarder du côté de Dieu. Dieu est un Père plein d’amour. Il se préoccupe en permanence de ses enfants, surtout les plus pauvres. Il n’a rien d’autre à donner que son amour de Père.
Certains l’accueillent d’emblée sans se douter qu’ils sont les plus heureux.

D’autres, pour des raisons diverses, tardent à l’accueillir. Mais Dieu ne se lasse pas. Il fait signe. Il appelle.
Voilà pourquoi l’ouvrier de la onzième heure reçoit même salaire.
La récompense suprême, c’est Dieu lui-même.
A lui, nous rendons grâce.

Au lieu de nous appeler à la paresse et à l’indifférence, cette parabole nous invite à découvrir le visage de Dieu. Seul Jésus, parce qu’il est le Fils, peut nous en parler en connaissance de cause. D’ailleurs, à travers son enseignement, par son ouverture de coeur, son souci des petits, des malades et des pécheurs, Jésus ne cesse de nous dire combien Dieu nous aime.
Jésus nous dit aussi de ne pas nous juger les uns les autres. Nous sommes parfois tentés de le faire, surtout quand nous voyons autour de nous, y compris chez les baptisés, des attitudes contraires à l’Evangile.
Nous vivons dans un monde dur, marqué par la violence. Nous avons du mal à accueillir l’autre quand il est différent, quand il nous fait de l’ombre où qu’il agit selon des critères que nous ne partageons pas.
Rien ne nous oblige à jouer les naïfs.
Rien non plus à nous transformer en accusateurs.
Souvenons-nous que Dieu est patient.

Un jour, nous l’espérons, nous formerons une grande famille autour de notre Père commun.
Gardons cette conviction comme une lumière dans la nuit, une source dans le désert.
Citoyens du royaume à venir, compagnons des saints, nous avons mieux à faire que de nous cantonner dans l’aigreur et la médiocrité".

Père Georges Auduc






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