L'évêque d'Autun, à tous les jeunes de Saône et Loire

C’est toujours important pour moi de vous rencontrer, vous les jeunes. Dans ma vie d’évêque, cela m’arrive de temps en temps ; vous avez beaucoup d’attentes et beaucoup de questions, et c’est cela qui fait que les rencontres avec vous sont passionnantes. Quand je vous rencontre, j’ai le sentiment que vous vous attendez à être regardés au meilleur de vous-mêmes.

J’aurais aimé pouvoir vous écouter tous et vous parler, en ce moment où les chrétiens du monde entier prient et se réjouissent à cause de ce qui est arrivé à Jésus : ce qui lui est arrivé fait changer le regard sur les autres, sur soi-même, et sur l’avenir du monde. Ce qui lui est arrivé, c’est aussi ce qui arrive pour nous, car il a donné sa vie librement pour tous les humains de tous les temps, et il continue de prier pour nous et de nous arracher à la mauvaise vie et aux mensonges.

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Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique

"En cette période de préparation à des élections importantes pour notre pays, le désir est grand de réussir à nous entendre les uns et les autres. Mais y-a-t’il en France un socle sur lequel nous appuyer tous ensemble ? La parole humaine est chargée d’unir, disait un humble curé, proche de chez nous. Elle n’est pas faite pour stigmatiser et pour opposer. Elle jaillit de la confiance et de la recherche de ce qui est vrai et bon. Nous savons, en effet, que la confiance dans la parole donnée permet de déployer la vie en société, à commencer par la vie familiale. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux (Cf. le document du conseil permanent des évêques de France sur le sens du politique).

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Thomas, notre jumeau... (merci, frère Benoît !)

23 avril 2017, 2e dimanche de Paques, Année A,  (Jn 20,19-31)



Nous connaissons bien ce passage de l’apparition de Jésus ressuscité aux onze puis à Thomas avec un décalage d’une semaine… Le personnage de Thomas « l’incrédule » a fait couler beaucoup d’encre, sauf que bon nombre de commentateurs oublient que l’Évangile est d’abord écrit pour ses lecteurs, c’est-à-dire chacun d’entre nous. En fait, à travers la figure de Thomas, notre jumeau, l’évangéliste Jean se livre à une véritable catéchèse. Catéchèse portant sur l’assemblée dominicale, sur l’enseignement des apôtres et sur la foi. Le petit sommaire sur la première communauté de Jérusalem dans les actes nous donne la clef de lecture de notre passage d’Évangile : « Les frères étaient fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs ; beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les Apôtres. » (Ac 2,42-43)

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Dimanche de Pâques (Jean 20, 1-9)

Toute chose en Toi s’achemine vers sa beauté

« Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin…» Le début de cet Evangile est clair comme un grand coup de vent venu du large ! Mais cette clarté se voile soudain d’une phrase mystérieuse : « C’était encore les ténèbres… » Pourtant, en cette période de Pâques, la lumière inonde déjà le ciel, à l’aube… 

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Homélie de jeudi saint (Jackie Plesse)

Chers amis, bien chers frères et sœurs, une question pourrait nous trotter dans la tête après avoir entendu ces textes ce soir, alors que nous célébrons l’institution de l’eucharistie ! Cette question touche à la mission du Christ et par là à notre propre mission, à nous qui portons ce beau nom de chrétiens catholiques, amis du Christ et frères universels.

Cette question pourrait être celle-ci : quels sont les signes essentiels que le Christ a voulu poser pendant ce repas ? En effet, chaque geste que pose le Christ peut être considéré comme une Parole de Dieu et peut nous indiquer par là un chemin à suivre ! Lui qui nous a dit être  le chemin. D’où l’attention que nous devons avoir envers ces signes. Nous pourrions essayer de scruter trois de ces signes posés par Jésus dans cet évènement  du lavement des pieds en Saint Jean.

Cet Evangile nous montre tout d’abord que Jésus  après avoir déposé ses vêtements,  se met à laver  les pieds de ses disciples rassemblés. Ces pieds,  qui ont suivi Jésus, sont poussiéreux, ils ont foulé les routes, les sentiers, ils ont trébuché sur les cailloux, ils ont dû être pris et blessés dans les ronces, ces pieds ont été meurtris par des marches qui n’en finissaient pas : ce premier signe peut nous rappeler l’invitation que le pape François nous adressait fin 2013 dans sa lettre  intitulée « la joie de l’Evangile », quand il dit ceci aux catholiques : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ.  Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, dit toujours le pape François, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie ».

Premier signe : Jésus se plait à laver ces pieds sortis sur les routes pour porter la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu !

Oui ces pieds qui sont allés sur les chemins de Galilée et d’ailleurs, ces pieds Jésus veut donc les  soulager et les encourager ce soir, en les lavant, en les rafraichissant, en leur donner un baiser. Même Pierre n’y échappera pas, lui qui se croyait indigne de ce geste symbolique ! Jésus nous encourage nous  aussi à sortir, à aller au devant de nos frères et sœurs, à aller à la rencontre !

Le deuxième signe qui peut attirer notre attention, tient dans la position du Christ : Jésus se met à genoux devant ses disciples, devant l’humanité qu’il vient racheter, sauver de son égarement. Et Pierre réalisera, comme le dit si bien le Père Maurice Zundel,  qu’en face de l’Humilité divine, nous pouvons enfin comprendre le sens de notre grandeur et la réaliser dans un don sans retour. Il s’agit, dit le Père Zundel,  d’accueillir Quelqu’un qui est la Suprême grandeur en Lui donnant l’espace où il pourra répandre Sa Vie ».

Jésus, dans ce moment extrême qui le rapproche de sa Passion, en se mettant à genou devant ses disciples et se faisant  esclave, nous montre ainsi la grandeur et la dignité infinie de l’homme, une dignité qui se réalise vraiment que lorsque nous laissons à Dieu toute la place qui lui revient, tout l’espace  qui lui revient dans nos vies ! En coopérant à l’amour.

Le troisième signe auquel nous pouvons être attentifs dans cette célébration, ce troisième signe se révèle dans le fait que Jésus se dépouille : en déposant ses vêtements, Jésus ne se met pas seulement à l’aise  pour pouvoir accomplir cette besogne d’esclave !  Ces esclaves que l’on achetait sur les marchés. Non, nous comprenons  qu’en déposant son vêtement, il laisse de côté pour quelque temps sa condition divine, cette dignité qui l’égale à Dieu, et cela, pour revêtir la condition des plus méprisés, les déclassés de l’époque, ceux que l’on ne considère pas, que l’on ne regarde même pas et que, hélas, nous continuons à croiser au long de nos journées.

 Alors pourquoi cet évènement du dépouillement à quelques heures de son arrestation et de sa condamnation ? Ne serait ce pas pour nous montrer  tout d’abord quel chemin emprunter pour révéler la Bonne Nouvelle du Royaume et entrer dans le salut ? Le chemin du service.

Oui, ce soir, nous nous rappelons que nous sommes invités, ensemble, chacun à sa place et selon ses propres capacités, invités à ce service fraternel et  universel, envers chacun des hommes et des femmes que la Providence met sur notre route. Ici, dans cette paroisse où nous pouvons, ensemble, fleurir et porter du fruit !

Une mission de service que nous allons peu à peu découvrir, au fil des semaines et des mois,  dans cette nouvelle manière d’aborder la vie paroissiale, unis à l’évêque qui nous fait confiance et unis aux chrétiens de ce diocèse dans lequel nous essayons de vivre au mieux  notre baptême.

Pour cela, il nous faudra nous aussi déposer certains de nos vêtements : ceux de nos timidités, parfois de nos idées toutes faites sur ce qu’est notre appel, déposer le vêtement de nos craintes de ne pas pouvoir effectuer ce que l’on nous propose, et aussi le vêtement  de nos individualismes qui peuvent  nous freiner dans le déploiement de nos charismes. 

Ce Sauveur nous fait signe dans cette nouvelle étape de notre vie paroissiale et de nos engagements : Dieu nous appelle à avancer,  à l’image de son Christ, tels des croyants  habités par la conviction  que le Seigneur a en réserve de belles surprises pour nous : des grâces prêtes à se déverser sur l’humanité depuis que son cœur s’est laissé ouvrir sur la Croix ! Il est certain que le Seigneur nous fait immensément confiance : ce baptême reçu nous greffe,  ensemble, de façon communautaire, sur le tronc de l’Arbre de Vie qu’est le Christ ! Et ce soir, ce n’est pas seulement auprès des disciples réunis à Jérusalem qu’il vient, mais c’est véritablement auprès de nous, paroissiens de St Jean Baptiste en Bresse.

 Des croyants qui ne se contentent pas de pratiquer un culte de façon machinale, mais bien plutôt des croyants qui au moment où le prêtre  élève l’hostie et le calice  en disant « par lui, avec lui et en lui », répondent avec force et conviction : amen ! Oui nous le croyons : c’est véritablement par lui, avec lui et en lui que nous voulons poursuivre notre route,  en communauté de Foi, et ainsi laisser Dieu être glorifié en nous, en vivant d’un amour qui croit tout, qui endure tout et qui espère tout, comme l’apôtre Paul  l’écrit aux Corinthiens.

Cette mission nouvelle, nous ne pourrons la vivre qu’en allant à la rencontre du Christ, en écoutant Sa Parole, en s’en nourrissant, en vivant des sacrements, particulièrement l’Eucharistie et la réconciliation, et,  en priant les uns pour les autres, en nous faisant ensemble serviteurs, à l’image du Christ qui nous envoie, qui nous missionne dans Son Esprit.

En somme, des hommes et des femmes qui osent croire que Jésus a besoin d’eux et qui s’aperçoivent combien cela fait du bien à l’âme de voir que l’amour de Dieu s’est diffusé à travers leur vie quotidienne. Après avoir rendu  compte de notre mission, nous en remercierons alors le Seigneur en chantant avec le psalmiste: « comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du Salut, celle du service, du don de soi, la coupe de la joie, en invoquant le Nom du Seigneur ».

Voilà en quelques mots tous simples ce que le Seigneur peut nous communiquer ce soir. Parce que Jésus est venu et vient encore à notre rencontre, nous ne pouvons que lui répondre en allant nous-mêmes à sa rencontre, en allant confiant, à la rencontre de la mission que l’Eglise locale nous a confié. En allant à la rencontre de nos frères et sœurs, croyants et non-croyants, Bressans ou venus d’ailleurs, riches ou pauvres, mais tous aimés d’un amour tellement infini que le Christ, image du Père, s’est mis à genou devant eux, leur signifiant leur immense dignité, acceptant  le dénuement et la Croix pour nous montrer de quel amour le Père nous aime.

Rendons grâce frères et sœurs et acceptons cet habit de service qui sera déjà  signe que le Royaume est au milieu de nous. Acceptons de laisser le Christ Eucharistique nous aider également à mettre au monde une nouvelle forme de vie paroissiale !

Pour conclure, je vous offre cette prière que le pape François a priée avec les diacres réunis à Rome en 2015 au cours de l’année du jubilé de la Miséricorde : une prière intitulée « en revêtant l’étole », cette étole que chaque diacre, figure bien pauvre du Christ–Serviteur, porte comme une besace et qui part du cœur pour aller à la main droite, unissant la charité au service, rappelant à tout baptisé sa vocation au service :

« Seigneur Jésus, en posant cette étole sur mon épaule, je me souviens du tablier que tu portais pour laver les pieds de tes disciples. Je voudrais que cette étole soit du même tissu que celui de tous les tabliers du monde, teintés de la sueur de tous les serviteurs du monde, lourde de la peine de tous les laborieux du monde. Colorés de la joie de toutes les charités du monde. Par l’intercession du diacre St Laurent, accorde-nous la grâce de mourir à nous-mêmes. Par l’intercession du diacre St Ephrem le Syrien, accorde-nous de te louer pour Toi-même. J’incline la tête devant Toi pour n’être point hautain face au peuple. Je fais silence devant Toi pour n’être point bavard avec ton peuple. Amen ».  



Horaires des messes

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