Foire de printemps à Romenay

Bénédiction de la Foire de printemps* à Romenay, le 5 avril 2014

Je suis ému et heureux à la fois d’être avec vous à cette Foire traditionnelle de Printemps.

Notre évêque, l’évêque d’Autun (pas de Mâcon !), faisait la visite pastorale de notre paroisse, il y a 15 jours. Nous avons voulu qu’il rencontre quelques-uns d’entre vous, agriculteurs, éleveurs de cette grande commune et de ses environs.

Nous avons ressenti avec lui combien vous êtes dédiés à votre métier, à l‘élevage et à la culture et à vos familles. Nous avons perçu votre fierté d’hommes et de femmes de la terre et admiré le soin que vous prodiguez tant à cette terre qu’au bétail que vous élevez.

Elever, c’est faire grandir et progresser. Progresser dans le soin et dans la qualité, dans le respect de cette création que Dieu nous a confiée pour que nous sachions l’administrer d’une façon honnête et responsable, c’est-à-dire respectueuse, en premier lieu de la vie et du bien-être des vivants, végétaux et animaux. Le respect de la vie et du bien-être des vivants limite notre orgueil et notre volonté de pouvoir sur les êtres.



Vous êtes ici les pionniers de la sélection des races et des semences. Nous ne l’avons pas senti comme une forme d’orgueil ou de pouvoir absolu. Vous avez l’humilité et l’attention du chercheur et du conservateur. Celui qui à la fois découvre et innove, tant dans la technique que dans les résultats qu’il obtient avec les améliorations qui correspondent. Mais aussi celui qui protège et qui conserve comme un précieux dépôt, comme un patrimoine, la qualité de sa production pour la transmettre aux générations futures.

Vous traversez aussi un certain nombre de difficultés et de défis dus à la conjoncture actuelle et aux transformations profondes de votre profession et du monde paysan depuis les années 50, avec le contexte économique et mondial et notre participation à l’Europe.

Il y a peu, un homme comme le président Mandela en Afrique du Sud nous donnait une leçon d’humilité et de courage dans la façon dont il a affronté les défis d’un pays affronté à un grand nombre de difficultés, notamment la ségrégation raciale mais aussi les inégalités économiques entre les grands propriétaires et les peuples natifs.

Dans ses années de lutte et de prison, il a trouvé la force de sélectionner en lui et dans les siens ce qu’ils avaient de meilleur en commun : le courage de vivre et la force du pardon. Il nous a transmis une recette pour y parvenir et en recueillir les fruits, qui est de se mettre dans la mentalité de l’autre. Apprendre la langue de l’adversaire pour être à même de converser avec lui. Ainsi vous-mêmes apprenez des grands producteurs que vous êtes devenus la capacité de rester au service du bien commun de votre territoire.

Voici le poème qu’il aimait réciter et qui lui a donné la force de se mettre au service des siens :

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Je citerais aussi pour terminer les paroles d’un psaume, la prière d’un peuple qui a trouvé dans son rapport avec la terre et le travail la force, lui aussi, de vivre et de servir, le psaume 8 :

R/Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !

Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits,
tu es un rempart dans nos combats.

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils de l’homme, que tu en prennes souci ?
Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ;

 Tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds :
 les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,
 les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.

R/ O Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre !

Que le Seigneur vous bénisse, vous-mêmes, votre travail et tous les animaux que vous avez amenés sur cette foire. Qu’il bénisse la foire de printemps de Romenay (la foire concours du bétail gras de Pâques), tous ses habitants et tous les producteurs qui sont venus aujourd’hui, leur famille, notre pays, nos municipalités et tous ceux qui vivent les épreuves et l’angoisse du lendemain.

Une belle fête nous réunit, n’oublions pas ceux qui en sont exclus.
Merci pour votre invitation et belle journée à tous ! Que le Seigneur vous donne joie et tranquillité, le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

 Denys Perret

                                                                                                                                            
* Appelée aujourd’hui « Foire Concours de Bétail Gras de Pâques » et qui en était à sa 65è édition.

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