Homélie du 29 octobre 2017

Devant le mur occidental du temple de Jérusalem, on peut voir, les jours de fête, des juifs en prière avec sur le front une petite boîte noire attachée avec un lacet… dans celle-ci, une phrase du deutéronome : « écoute Israël : le Seigneur ton Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Ces commandements, tu en feras un signe attaché à ta main, une marque placée entre tes yeux ».

Les commandements, en effet, les juifs pharisiens de l’époque de Jésus les mettent en pratique. Il n’en manque pas : 613 préceptes répartis en 365 interdictions (une par jour !) et 248 commandements (autant que de composantes dans le corps humain !).

Jésus -c’est l’Evangile d’aujourd’hui- reprend à son compte le commandement qui engage le tréfonds de la personne, c’est-à-dire son cœur ; ses énergies (son âme), et ses pensées (son esprit).

Mais Jésus ajoute et lie inséparablement un deuxième commandement au premier : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » … deux commandements liés désormais, radicalement dépendants l’un de l’autre : « celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas alors qu’il n’aime pas son frère qu’il voit est un menteur ».

Bien plus, Jésus prend de l’altitude : « tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, dans la Loi et les Prophètes, dépend de ces deux commandements ». Alors, la Loi n’est plus un absolu du seul fait qu’elle est la Loi, et il faut chercher derrière les textes prophétiques leur source vive. Jésus n’abolit pas les Ecritures, mais il en montre la lumière intérieure : l’Amour.

La question du Docteur de la Loi s’est volatilisée. Jésus a pris une attitude de zénith : impossible, désormais, de juxtaposer, de comparer ou d’opposer l’amour de Dieu et du prochain, il n’y a qu’un seul amour.

Un jour, il évoquera le Roi qui déclare : « j’ai eu faim et tu m’as donné à manger » … pas de distance entre Dieu et l’affamé. Il n’y a pas : Dieu et les autres. Dieu ne fait pas nombre. Notre logique ne le concerne pas. Il habite « le plus petit », et appelle l’unique amour.
La mission de tout chrétien repose sur ces deux commandements réunis en un seul. Mon frère est universel. Il est visage de Dieu. Il s’appelle tout autant Jordi l’Espagnol ou Mémeth le turc, Myriam la juive ou Zohra l’africaine, et l’engagement vis-à-vis de mon frère universel est tout autant de l’aimer que de défendre son droit à la vie, à la justice, à la liberté ou à la paix. Il n’y a pas d’amour sans cette attention concrète à la vie, et à toute la vie de mon frère.

Trois conséquences pratiques pour nous :

- Savoir retrouver le sens des autres : chacun est unique. Il est visage de Dieu, icône de Dieu. C’est en lui que Dieu respire. Cela ne peut que modifier notre regard, notre attention ou notre jugement.

- Se nourrir de la certitude que Dieu travaille les cœurs. Son Esprit nous précède. Il est étonnamment libre pour transformer les cœurs, y compris chez les païens !

- Annoncer l’Evangile, témoigner de notre foi, rendre compte de l’espérance qui est en nous, en étant persuadé que mon humble témoignage est indispensable et nécessaire.

Quelques jours après la semaine de prière pour la Mission de l’Eglise, faisons nôtre cette belle prière, ce beau texte rédigé par Sainte Thérèse de Lisieux :

« Seigneur, je voudrais être missionnaire. Malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes, comme les prophètes, les docteurs, j’ai la vocation d’être apôtre … je voudrais parcourir la terre, prêcher ton Nom, mais, O Bien-Aimé, une seule mission ne me suffit pas, je voudrais en même temps annoncer l’Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées … je voudrais être missionnaire, non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la consommation des siècles, amen ».

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