Église de Cuisery

"J'aurai bientôt 500 ans!"

Il y avait à Cuisery, c'était au 14e siècle, un seigneur puissant et bon, qui avait acquis par ses mérites le titre considérable de Maréchal de Bourgogne, il eut, selon la mode du temps, l'idée de se faire construire une chapelle privée près de sa résidence qu'on appelait "la grande maison de Cuisery" et qui se trouvait juste à l'emplacement de l'actuel Château de la Villeneuve. Il la baptisa la "Chapelle de Fer". Elle éclipsa rapidement la vieille église Saint-Pierre. Ce fut Jean de Lugny, au début du 16e siècle qui érigea cette chapelle en église paroissiale sous le vocable de Marie. En 1509, son clocher fut terminé, il avait 10 m de plus qu'il n'en mesure aujourd'hui!

Un jeune peintre de grand talent voulut remercier la généreuse donatrice qui permit de l'achever, en peignant un somptueux triptyque aujourd'hui déposé sur l'autel du choeur. On y voit, sur le panneau central, la "Dormition de la Vierge". Elle est assistée de saints qui expriment tous leur douleur à leur façon: Saint-Jean accablé, Saint Pierre bénissant et Saint Jacques... Ils sont tous vêtus comme au premier quart du 16e siècle! Sur le panneau de gauche, c'est la "Visitation". La Vierge pose la main droite sur l'épaule de sa cousine Sainte Elizabeth qui s'incline. Les suivantes, au décolleté carré, sont aussi à la mode du temps. Sur le panneau de droite, c'est Pierrette Ponsard qui, dans l'attitude de la prière et de l'humilité, nous est représentée entourée de ses saints Patrons: Saint Pierre chargé de la clé symbolique, Saint Antoine, en habit de moine et Saint Laurent, premier Diacre de l'Église avec son gril, ainsi que Sainte Appoline, sainte patronne des dentistes, brandissant une tenaille! Remarquez maintenant les belles portes géminées en chêne massif si cruellement mutilées au cours des guerres de religion. Les chanoines qui gardaient l'église payèrent de leur vie cette fureur. Au beau milieu de la Révolution, un certain charpentier fut même envoyé pour détruire tout ce qui pouvait représenter le culte et la féodalité. Il s'en donna à coeur joie à grands coups de masse et de marteau. Les vitraux eux-mêmes volèrent en éclat. Par bonheur la porte ajourée ouvrant du narthex sur le baptistère fut épargnée. Elle rappelle étrangement les cloisons de bois sculpté qu’on trouve à l'église de Brou. Quant aux stalles, moins riches que celles de Brou, on y retrouve la salamandre qui figurait sur les armes de son suzerain, François 1er. Dernier affront à l'église: en 1804, à l'occasion d'une réparation, le clocher fut diminué de 10 mètres et on le couvrit d'ardoises. Vers 1820, un fils du pays, du nom de Pitrat, qui vivait alors à Cuisery, devint Cardinal de l'Église. On le voit représenté sur les vitraux de la dernière chapelle à droite quand il était encore enfant de choeur.

Remarquons aussi les chapelles de faux gothique flamboyant qui rompent la sobriété sévère de l'architecture initiale. L'église possède d'autres souvenirs, mais les plus caractéristiques sont la collection de tableaux donnée par un certain Monsieur Royer, notaire à Cuisery au siècle dernier. On peut admirer "le Denier de César attribué au peintre Carrache, "l'Adoration des Mages", attribué à Diepenbeeck, "Jésus guérissant un aveugle", "la Vierge apparaissant à un religieux" (copie de Van Dick), le tout admirablement restauré. Dans sa fière modestie, voici donc notre église paroissiale, contemplant comme elle le fait depuis cinq siècles, par-dessus le dôme des frondaisons, la douce et tranquille plaine de La Bresse, où miroitent les méandres de la Seille, où s'érigent les hauts peupliers d'Italie et qui s'en va clapoter au pied de la ligne bleue du Jura. Venez donc la voir en fidèles ou en amateurs d'art, vous y serez les bienvenus."

À partir d'un texte de Jean-Jacques GIRARD

 






L'orgue de l'église de CUISERY



Quelques informations historiques et techniques

L’orgue qui orne l’abside de l’église Notre-Dame de Cuisery, depuis le mois d’octobre 2012, a été construit dans les années 1980 pour le salon d’un particulier. Son dessin s’inspire librement de l’orgue italien (facteur anonyme, vers 1550) installé dans la « chapelle d’argent » de la « Hofkirche » (Eglise de la Cour) d’Innsbruck, en Autriche, cadeau d’un pape envoyé au Tyrol. Les anciens buffets italiens ou espagnols de la Renaissance sont caractérisés par une plate-face sans tourelles, divisée et rythmée par l’agencement particulier des tuyaux.

L’instrument compte huit jeux répartis sur deux claviers et un pédalier : un bourdon de 8 pieds*, une flûte de 4 pieds et un larigot de 1 1/3 pied au second clavier ; un autre bourdon de 8 pieds, une doublette de 2 pieds et un sifflet de 1 pied au premier clavier. Au pédalier la soubasse de 16 pieds est dédoublée et prolongée en 8 pieds. Les jeux des deux claviers peuvent s’additionner pour obtenir un grand effet sonore. Cet instrument compte autour de 500 tuyaux, soit en bois (visibles en façade notamment), soit en alliage étain et plomb.

Le facteur d’orgues Didier Chanon, de Saint-Didier-sur-Chalaronne (Ain), sollicité par la municipalité de Cuisery, a démonté l’instrument, transporté les tuyaux, remonté l’ensemble pièce à pièce dans le chœur de l’église, avant d’en ré-harmoniser les jeux en fonction de la nouvelle acoustique puis enfin de les accorder.

Ce travail a été réalisé avec une compétence, une minutie et une distinction esthétiques dignes de tous les éloges.

L'installation de l'instrument a nécessité l'avis de l'Architecte en Chef des Monuments Historiques pour son emplacement dans le chœur. L'autorité religieuse a également été consultée. La mise en en place de l'orgue a amené la municipalité à réaliser quelques travaux dans le chœur : en particulier, la fabrication d'une estrade en chêne qui permet un rattrapage de niveau avec la première marche du chœur. Cet aménagement a également permis au père D. Perret de placer l'autel devant les grilles de la table de communion, dégageant ainsi la vue sur le triptyque.


Note technique : les jeux de l’orgue ont conservé l’ancienne mesure des longueurs en pieds dont le nombre détermine la hauteur du son. Le 8 pieds (dont le premier tuyau ouvert mesure 2,55 m.) est le jeu fondamental, le 4 pieds est à l’octave aiguë, puis le 2 pieds et le 1 pied. Le 16 pieds est à l’octave grave du 8 pieds.









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