Homélie du 4ème de Pâques-

Plusieurs mots sont mis en valeur dans ce court passage de l’évangile selon St Jean : pasteur, brebis, vie, bergerie…
Ils ne nous atteignent pas tous avec la même évidence, mais il suffit d’un simple examen pour en percevoir le sens.

On sait bien ce qu’est un berger et, qu’en Palestine comme ailleurs, il a la tâche de mener les brebis et de les rassembler au bercail. Qu’il ait à les défendre contre les loups, c’est même ce que nous redécouvrons depuis peu dans certaines de nos contrées françaises. Que ce berger soit une annonce du Christ lui-même, cela est d’autant plus aisé à concevoir que c’est lui-même qui le dit.

Il est déjà plus surprenant d’apprendre qu’il donne sa vie pour ses brebis, ce que tous les bergers ne sont pas disposés à risquer. C’est donc que cette vie risquée ne se perd pas sous la dent des fauves mais rejaillit en vie nouvelle pour le troupeau. Premier mystère que prolonge un autre mystère : cet étrange emploi de verbe « connaître ». C’est une clé, mais nous le sentons bien, une clé pour aujourd’hui et pour toujours. Ce qui fait que ce berger ne peut être confondu ni avec les faux pasteurs, les mercenaires, ni avec les loups, c’est que les brebis le connaissent. De quelle étrange et profonde connaissance, ou plutôt, de quelle reconnaissance doit-il s’agir pour qu’il y ait cette extraordinaire adhésion des brebis ? Il ne s’agit pas de crainte, pour la crainte les loups l’emporteront toujours. Il ne s’agit pas d’intérêt, bien ou mal compris, pour susciter cet intérêt, les mercenaires seront toujours sans égal. Non, il s’agit de connaissance. Face au Christ-berger, quand nous le rencontrons vraiment, le plus profond de ce que nous sommes est comme bouleversé par la certitude d’avoir trouvé son origine et sa fin. L’histoire du monde, et peut-être la nôtre, est toute emplie de la présence et de l’influence des bergers mercenaires et des loups : guide suprême, führer, duce, caudillo, ou plus modestes petits chefs ! Ils attirent, conduisent et détruisent. Lorsque nous revenons sur notre passé et sur celui du monde, nous découvrons que, s’ils ont échoué, c’est pour ne pas avoir atteint, dans le cœur des personnes et des peuples, cette profondeur ou l’être tout entier est touché, et, d’un seul élan, connait comme il est connu. Seul, celui qui prend nos vies avec la sienne pour la ressusciter dans la lumière du Père est le vrai berger, le bon berger.

Il n’est pas étonnant que l’Eglise nous propose cet Evangile le jour où nous prions plus particulièrement pour les vocations. Des bergers, à l’image de Jésus, il en faut pour notre monde d’aujourd’hui, souvent perdu, berné, ne sachant plus qui suivre avec confiance. Des bergers qui soient de bons pasteurs, prêts à payer de leur personne pour que le monde ait la vie de Dieu, oui, nous en avons vraiment besoin.

En ce jour des vocations, la question nous est posée. Nous savons l’importance du prêtre, du pasteur dans notre vie ecclésiale, surtout dans une paroisse où il n’y a pas, pour l’instant, de prêtre résidant. Le ministère du prêtre est au service de l’animation, de l’articulation du corps tout entier. Il est indispensable à la croissance de l’Eglise. Prions pour nos prêtres d’aujourd’hui et de demain, ils sont immergés dans un monde difficile, qui a perdu bien des repères et court dans tous les sens. La présence d’un prêtre, ordonné pour être donné, signe de la présence du Ressuscité qui vient à nous dans les sacrements, nous invitant à être à notre tour signes de sa présence au cœur du monde, est plus que jamais nécessaire.

Puisse l’Esprit susciter chez nous et ailleurs des vocations nombreuses au service de la croissance du Royaume. Amen.

Père Auduc, à Ratenelle

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